22 mai 2017

Les bases du sniping pour les temps de chaos (2)

Seconde partie de l'article sur le tir à longue distance publié la semaine dernière.

Après le choix du calibre, puis celui de l'arme, nous continuons cette semaine avec d'autres équipements tout aussi importants, ainsi que certains savoir-faire que le tireur d'élite survivaliste ayant choisi cette voie devra être capable de maîtriser dans un contexte de chaos.

Cela en complément des règles de tactique propres au sniping détaillées dans le Dossier n°13 récemment paru.






Choisir une lunette


La norme pour le tir à longue distance est une lunette "mil-dot", c'est à dire dotée d'un réticule militaire, à grossissement fixe ou variable, avec des boutons de réglage au 1/4 de MOA. Elle doit évidemment être conçue pour pouvoir encaisser sans broncher le recul du calibre de l'arme sur laquelle elle est montée. Les réticules lumineux, vision nocturne, caractéristiques, points d'étalonnage et autres raffinements devraient dépendre des besoins de chacun en matière de défense. Personnellement, je préfère les modèles épurés offrant un réticule simple comme celui ci-dessous :

Le réticule Mildot classique. Les points au centre sont appelés milliradians.

Notez que les réticules mil-dot sont en général différents d’un type de lunette à l’autre et d’une marque à l’autre ; il vous sera donc nécessaire de lire attentivement la notice accompagnant votre lunette pour connaître les paramètres à appliquer (notamment, par exemple, l'espacement des milliradians, qui, sur certaines lunettes, n'est étalonné qu'à un certain grossissement).

Ceux qui veulent apprendre à tirer à longue distance peuvent être facilement dépassés par la grande variété des d'équipements disponibles sur le marché. Ainsi, on peut dépenser jusqu'à 2 ou 3000 euros juste pour la lunette, plus que pour l'arme elle-même. Si vous en avez les moyens, alors tapez dans le haut de gamme de Leupold, Vortex, Nightforce, ou Schmidt & Bender, Sinon, et j'imagine que c'est le cas pour la majorité d'entre vous, sachez qu'il existe d'excellentes alternatives à des prix moins élevés.

Des entreprises comme Burris, Millett et SWFA offrent toutes des lunettes de grade "sniper" conçues pour encaisser des reculs puissants à moins de 1000 euros. Les optiques utilisés par ces marques sont d'excellente qualité, et à peine moins performants en termes de luminosité que les lunettes plusieurs fois plus chères. L'important, c'est que la vôtre tienne le zéro, et qu'elle ne se casse pas facilement.


Choisir sa munition et sa presse de rechargement


Le rechargement suppose un ensemble de compétences vastes et parfois redoutables qui demandent beaucoup de temps et de patience pour être maîtrisées. Le processus est assez fastidieux, et le bon côté n'apparaît vraiment que lorsqu'on amène ses propres cartouches sur le terrain et qu'elles témoignent de la précision tant recherchée. Il y a quelques années, j'aurais dit que le rechargement était un excellent moyen d'économiser de l'argent sur les munitions, mais à la lumière des augmentations constantes sur la poudre et autres composants, trouver le matériel exact dont vous avez besoin aujourd'hui peut s'avérer coûteux, voire dans certains cas impossible.

Il existe à l'heure actuelle de nombreuses munitions d'usine qui feront très bien ce qu'elles sont censées faire. Je vous suggérerais donc de vous aventurer dans le monde du rechargement que si vous avez une source sûre et constante de composants (poudre, amorces, étuis et ogives), et si vous prévoyez de perfectionner votre expertise au-delà des 1000 mètres. Pour de telles distances, vous avez besoin de balles extra lourdes qui peuvent maintenir leur énergie et leur trajectoire, et il n'est pas toujours facile de trouver des munitions industrielles qui en soient dotées. De plus, si vous tirez un gros calibre - .338 et plus - il peut y avoir des économies certaines à faire dans le rechargement.

Il vous faudra sans doute beaucoup d'essais et d'erreurs pour trouver la meilleure combinaison de composants qui convienne à votre arme et permette d'en tirer le meilleur parti. Si vous décidez de vous lancer, on trouve des équipements simples qui rempliront leur fonction à un coût relativement modéré. Les premières presses ou kits classiques Lee, par exemple, se vendent aux alentours des 200 euros, auxquels il faudra rajouter les jeux d'outils pour le calibre déterminé et autres accessoires (balance, doseur, etc.). L'ensemble complet vous coûtera dans les 500 euros, sans compter le temps passé par la suite.

Le but de cet article n'est pas de traiter du rechargement de manière approfondie. L'important est de faire ses propres recherches en fonction du calibre et de l'arme choisis, ainsi que ses propres tests au pas de tir ; choisir la combinaison d'amorce, poudre et ogive qui donne la meilleure précision/vitesse, et stocker autant que possible chacun de ces composants, tant qu'ils sont disponibles.

A moins que vous réalisiez dans l'intervalle que les survivalistes qui ont misé sur un vieux Mosin Nagant à 1000 euros tout compris  - lunette + montage + 1000 munitions - n'ont peut-être pas tort...

Souvenez-vous que si vous changez un quelconque composant des balles que vous rechargez, la trajectoire changera forcément, et avec elle le point d'impact. De même que les réglages de votre lunette. Autant dire que vous devrez en rester à ceux que vous aurez sélectionnés pour chacune de vos munitions si vous voulez exceller dans vos tirs...

Presse Lee Classic Turret Loading en .223 Remington


Apprendre à tirer


L'un des plus gros défis pour ceux qui veulent apprendre les techniques de sniping est de trouver un club capable de leur offrir des pas de tir à longue distance. La plupart, qu'ils soient privés ou publics, ne dépassent pas les 300 à 500 mètres, ce qui n'est pas suffisant. Une fois que vous aurez eu la chance d'en dégoter un qui vous permette de tirer à 700 mètres et plus, il vous restera à apprendre ces fondamentaux essentiels :

- Calculer la distance jusqu'à la cible : la plus importante des compétences requises est probablement la capacité à calculer la distance jusqu'à la cible de manière à peu près juste (ou du moins pas trop fausse...). C'est la zone dans laquelle la plupart des gens abandonnent habituellement, alors qu'en réalité c'est très simple et ne nécessite pas de télémètre laser coûteux.

En utilisant le réticule mildot de votre lunette et l'équation ci-dessous, vous serez capable d’avoir une estimation de la distance qui vous sépare de votre cible en visuel :

          Taille connue de la cible (en m) x 1000
          ----------------------------------------------- = Distance en mètres jusqu'à l'objectif
          Nombre de mils occupé par la cible

Un être humain mesure entre 1m60 et 1m80. une fois que vous savez cela, le reste vient tout seul.




Exemple, une cible qui mesure 1m70 m et qui occupe 2 milliradians en hauteur dans le réticule se trouve, en principe, à 850 mètres de distance.

Une méthode encore plus rapide pour estimer la distance est d'utiliser un "Mildot Master" qui est un calculateur analogique coulissant en plastique. Si vous connaissez la taille moyenne de votre cible en centimètres ou en mètres, tout ce que vous aurez à faire est de mesurer le nombre de mills que la cible couvre dans votre lunette, puis de faire coulisser le calculateur jusqu'à ce que les deux mesures se rencontrent. Faites vos propres recherches sur le Net pour plus de détails.

Le calculateur Mildot Master

Une fois que vous connaîtrez la distance jusqu'à la cible, vous pourrez alors ajuster votre lunette pour compenser la flèche de la balle. Il est important de bien connaître sa table de tir (abaques) pour la munition que l'on utilise, car comme vous le savez, les balles ne volent pas en ligne droite ! Elles décrivent un arc, à la manière d'un ballon de football. La chute de votre balle à une distance donnée déterminera l'ajustement à réaliser sur la lunette afin de la compenser.

Pour calculer cette flèche, vous devrez d'abord savoir à quelle vitesse se déplace votre balle en particulier, après qu'elle soit sortie de votre canon en particulier. Pour ce faire, vous devrez vous munir d'un chronographe ou des tables de rechargement qui la précise en fonction de la nature/ quantité de poudre et du poids de l'ogive, en admettant que vous ayez adopté un rechargement "standard". Notez que les résultat varient d'une arme à une autre, et que seul le chronographe est réellement fiable.

Un chronographe est un instrument très simple à utiliser, et vous donnera la vitesse de la balle en mètre par seconde. Une fois la vitesse déterminée, il vous suffira d'aller sur un site internet spécialisé, de rentrer les caractéristiques de votre munition, et vous pourrez alors imprimer une table de tir sur mesure. Cette table vous dira de manière exacte de combien de clics vous devrez ajuster votre lunette en fonction de la distance jusqu'à l'objectif. Il faudra que vous conserviez cette table sur vous ou sur votre arme en permanence.

- Ajuster en fonction du vent et de la température : Le réglage pour le vent et la température est un processus intuitif. Certains tireurs d'élite utilisent des stations météo miniatures, dont nous avons déjà parlé. Les appareils les plus fiables coûtent entre 300 et 500 euros. Tout ajustement dû au vent et à la température sera habituellement faible, de quelques MOA seulement, à gauche ou à droite, en haut ou en bas. La température peut avoir un effet notable sur la vitesse d'une balle, ce qui va modifier le point d'impact. Une température élevée signifie un taux de combustion plus rapide de la poudre, et augmentera la vitesse de la balle. Le temps froid entraîne l'effet inverse. Assurez-vous de tester vos munitions à différentes températures et vitesses du vent, puis notez la façon dont tout cela affecte votre zéro.

- Presser la détente : vous avez bien réglé votre arme et perfectionné l'estimation de la distance ; vous savez tout ce qu'il faut savoir sur la balle que vous tirez, vous avez mémorisé votre table de tir, et vous êtes maintenant prêt à presser la détente. Lorsque vous placez votre réticule sur une cible, vous devriez être sûr à 99,99 % que la balle frappera l'endroit visé. Mais il y a encore une question d'erreur humaine à traiter...

C'est là que l'on mesure la grandeur ou l'art du sniper qualifié. Pour être franc, n'importe qui ne peut pas faire un tir de plus de 1000 mètres. En fait, beaucoup de gens n'ont pas la patience ni la mentalité nécessaire pour atteindre un tel but. Le tireur moyen a tendance à abandonner tout seul avant même de tirer une cartouche. Personne ne peut vous apprendre à focaliser votre esprit ; c'est un attribut que vous devrez acquérir par votre propre travail. Cela dit, une fois que vous serez capable de vous concentrer, presser la détente devient une simple question d'alignement correct du corps.



Lorsque vous tirez de la position couchée, la crosse de l'arme doit être fermement calée contre votre épaule ; votre main faible vient se placer sous la crosse pour lui fournir un équilibre stable (la crosse, pas le garde-main), et votre corps devrait être complètement détendu. Vos muscles ne fournissent PAS le support pour l'arme, c'est votre squelette qui est le support. Le seul muscle qui devrait bouger est celui de votre doigt.

Avant de presser la détente, vous devez mesurer le tempo de votre respiration. Il y a un moment dans chaque souffle où le corps est le plus immobile ; ce court laps de temps varie suivant chaque individu, et c'est à ce moment-là que vous devrez tirer. Tirez la détente vers l'arrière en utilisant la pointe de votre doigt. Maintenez la tension après le départ du coup, puis relâchez. Essayez de ne pas cligner des yeux pendant le tir. En fait, défiez-vous de garder les yeux ouverts avant et pendant le recul. Cela conditionnera votre corps à résister au désir de "flancher".

- Ajuster le tir : Une fois la balle partie, vous pourrez souvent voir son sillage en spirale dans la lunette tandis qu'elle fend l'air. Si vous êtes en binôme (ou en couple), votre ami(e) peut vous aider comme "spotter". Votre premier tir, appelé "tir à froid" est le plus important. Dans une situation de combat, le tir à froid est généralement le seul qu'un tireur d'élite effectue avant de s'extraire de son poste. Parfois, l'ajustement pour un deuxième tir sur la cible est possible, mais vous n'aurez alors que quelques secondes pour le faire. À des distances éloignées, l'impact de la balle survient bien avant que le bruit de la détonation n'atteigne les oreilles de la cible, ce qui vous donne un moment pour l'acquérir à nouveau et tirer avant qu'elle ne se rendre compte de ce qui se passe.

Surveillez les impacts dans l'environnement immédiat, y compris la poussière qui se soulève et les éventuels éclats de pierre ou autres. Réglez votre réticule en conséquence.

- Furtivité et dissimulation : Une fois que vous avez maîtrisé la précision, il est temps de se concentrer sur la dissimulation. Cela nécessite une compréhension des couleurs, des ombres, des formes et du micro-terrain. L'utilisation du micro-terrain permet à un sniper de se déplacer à travers les zones que la plupart des gens considéreraient comme "ouvertes". Les herbes, les buissons, les formations rocheuses et les petits talus procurent suffisamment de caches pour se rendre invisible. Le costume Ghillie est la forme la plus commune de camouflage pour les tireurs d'élite professionnels. Personnellement, je leur préfère des matériaux plus légers qui peuvent être enfilés rapidement par-dessus les vêtements que l'on porte déjà. Une tenue Ghillie est épaisse et lourde ; elle diminue la vitesse et la maniabilité.

Les matériaux thermiques réfléchissants peuvent aussi être importants pour masquer la signature corporelle. Nous en avons longuement parlé dans un article du blog, et vous savez à présent qu'ils ne sont pas tout à fait indétectables. Les barrières naturelles restent le meilleur moyen de cacher le mouvement. Un tireur d'élite doit avoir une patience considérable. Une traque de sniper peut prendre des heures, voire des jours. Le mouvement doit être suffisamment lent et méthodique au point de ne jamais rien révéler d'anormal aux yeux d'un observateur ou d'une caméra de surveillance.



Les méthodes de sniper sont inestimables pour le survivaliste, et ce pour de nombreuses raisons. Elles créent une ligne de démarcation particulièrement intimidante pour l'ennemi. Elles donnent au survivaliste la possibilité de rester invisible s'il le souhaite, et celle d'engager et de détruire des adversaires disposant d'une meilleure technologie et d'effectifs plus nombreux. Elles forment une personne moyenne à penser de manière asymétrique ; à gagner la partie en utilisant moins de ressources et en prenant moins de risques. Elles font de cette personne une véritable menace. Avec rien de plus en main qu'une carabine et quelques balles de précision, un seul tireur d'élite peut changer l'équilibre d'un conflit et briser l'élan des ennemis les plus puissants.

Au plus d'hommes libres auront de telles compétences, au mieux ce sera vu les temps qui s'annoncent...

23 commentaires:

  1. Effectivement, toutefois, tirer à de telles distances demande un véritable talent (que je n'ai pas). Cela demande également un investissement conséquent pour le cas où de telles distances doivent être battues. La dissimulation est encore un autre domaine (et là, c'est mon rayon et même mon mémoire de DEA, référence sur demande ). pour le rechargement, c'est encore autre chose, bref, un type qui cumule les 3 talents vaut de l'or et autant dire que ça ne court pas les rues.
    Je suis tout à fait d'accord pour penser de manière asymétrique, ne serait-ce que dans la vie civile.
    Par contre, un sniper n'a jamais pu changer le cours d'une bataille et n'ont que peu d'impact au niveau tactique. Les snipers finlandais sont le contre-exemple car confrontés à une armée rouge mal préparée, mal motivée et mal équipée. Les snipers japonais et allemands n'ont rien changé au cours des batailles (par contre une bonne mg42 bloquait littéralement une route). je crois qu'il faut avertir le lecteur qu'on ne devient pas sniper du jour au lendemain et qu'un talent minimum soit être requis. Après, le travail est obligatoire mais ça a été dit plein de fois.
    Aussi, un sniper n'est pas un bonhomme seul qui arrête les méchants . C'est une équipe, un spotter, une équipe d'extraction et une logistique, car il faut trouver un stock conséquent de munitions régulièrement.
    Ma question est: Est-il pertinent d'avoir quelqu'un qui vaut de l'or si on doit l'acheter? En cas de chaos, chacun voudra la place la plus confortable possible et un TE n'ira pas forcément chez des miséreux qui défendent un carré de choux.
    Je dis ça car nos amis émiratis ont plein de chouettes propriétés chez nous et qu'un bon TE pourrait mieux se sentir chez eux que chez nous, avec les conséquences que cela implique.
    Je suis un pessimiste optimiste: je sais que je vais en chier encore pour 5 ans.
    cc

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  2. Bonjour à tous, en cette époque prometteuse de rebondissements, cet article est tres intéressant, mais comme il est expliqué, bien peu pourront en faire partie de par les qualités, les moyens et les opportunités de se tester; sans compter le temps et les droits qui nous restent.
    autrefois, dans une autre vie et d'autres tristes tropiques, je fis l'experience du pouvoir de dissuasion d'un fusil MAS 49 et sa lunette APXL 806 (voir la 317 eme section de Schoendoerfer pour le situer).
    j'etais accompagné d'un "spotter" radio et trois GV (2 MAS 36 et MAT 49) pour contrer 4 MARLIN 444 qui apparaissaient dans le paysage derriere mon unité. à deux cents metres, l'instinct de conservation prit le dessus et les renvoya derriere leurs lignes. nous restames ainsi maitres du terrain.
    je conserve depuis une attirance pour le semi automatique dans la bande des 300 metres. ce qui reste ma distance maximale, au delà, je suis en zone d'incompétence.
    maintenant, l'homme qui vaut de l'or prendra le refuge qui conviendra à sa conviction et ses interets avec les risques inhérents si ça tourne mal.
    le TE peut arreter les méchants si leur résolution est aléatoire et leur compétence douteuse mais leur courage limité.
    si nous sommes en temps de chaos, ce seront avant tout des pillards dont le corps sera l'outil de travail, raison majeure pour ne pas l'abimer trops gravement.
    le tir à longue distance dans cette optique nécessitera une parfaite connaissance de l'objectif et ce ne sera pas dans le desert ou des montagnes caillouteuses. il restera le fait de tres peu de personnels équipés et formés.
    dans la zone des 300 metres , il y en aura beaucoups plus de disponible.
    de l'importance du renseignement pour savoir si l'esquimau barbichu enturbanné est formé pour le tir longue distance.
    si on ne gagne pas une guerre avec des tireurs de precision, l'impact psychologique est énorme chez le visé quands il sait qu'il l'est en permanence.l'enthousiasme d'aller se frotter aux 72 vierges dans un monde forcément meilleur baisse d'un cran .
    a defaut de MG 42 que je considere comme ce qui fut de mieux; une AA52 peut faire le job, voire deux AA52 , cadence de tir plus faible.
    maintenant que les vacances approchent, les mesures fiscales et reglementaires se fourbissent dans le nuage de fumée propice de juillet et aout.
    bonne préparation à tous HERMAN STOSS

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  3. C’est quoi un sniper ?
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    Ce n’est pas forcément celui qui tire le plus loin ni celui qui s’infiltre sur des kilomètres en arrière des lignes ennemies.
    C’est celui qui déstabilise, détruit, valorise.
    Pour l’armée française : « Tout en infligeant des pertes et en perturbant la manœuvre de l’adversaire, l’engagement d’unités des tireurs d’élite contribue à affaiblir son moral et son dynamisme. Elles constituent une source permanente de renseignement de contact sur l’ennemi. » (source Manuel d’emploi des tireurs d’élite ed 2016).

    Il s’agit donc d’un observateur – tireur.
    Il s’agit donc d’un « TIR PRECIS » cad « 1 cartouche » sur un objectif prioritaire.
    Un objectif prioritaire, c’est quoi ?

    Petit scénario.
    Votre communauté est attaqué par une bande de CPF ayant des véhicules dont 2 ont été trafiqués pour recevoir une arme automatique montée sur affut avec un blindage sommaire. Ils ont positionnés ces véhicules à environs 300 mt mais votre ligne de défense avec ses nombreux calibres 12 est bien trop loin pour les atteindre et les carabines de chasse en visée métallique non seulement encadrent les véhicules sans faire but mais attirent aussi les feux des deux véhicules.
    A environs 200 mt, l’ennemi s’agit mais vous ne voyez pas trop ce qui se passe car ils sont à la même hauteur que vous.
    En revanche, un pax de votre communauté appelé Alpha est équipé d’un 308, par exemple une Tikka CTR avec une lunette Bushnell en µ, premier plan focale et réticule G2DMR (3-12x44). Possédant aussi une simple paire de jumelles en 10x25 acheté 40 E sur amazon il y a bien longtemps, il demande a Bravo de l’aider et lui prête pour cela la paire de jumelle.
    Après avoir trouvé une position légèrement en hauteur, ils observent tous les deux le terrain. Bravo repère à 200 mt que l’ennemi qui s’agit semble être un chef et qu’il est suivit comme une ombre par un combattant portant ce qui ressemble à une radio.
    Alpha, qui était entrain de calculer la distance exacte des deux véhicules (350 mt) grâce à son réticule en premier plan focale, décide, au lieu de tirer les véhicules en premier, qu’il va d’abord s’occuper du chef et du radio. Ils sont peux visible mais en passant en grossissement 10, il les visualise clairement derrière quelques branches qui les dissimulent mais ne les protègent pas.
    De sa position, l’observation de la nature lui indique un léger vent de 2 à 3 m/s venant des 3/4 arrière gauche.
    Le chef s’écroule en premier suivit quelques secondes plus tard par le porteur de radio. Une troisième cartouche met le poste radio définitivement hors service. Alpha a tiré directement en contre visée (-2 traits / 1 trait à gauche) en se basant sur sa table de tir papier, les cibles étant bien exposées en offrant une surface de 40x40 cm.
    Reportant alors son attention vers les véhicules, il ajuste ses clics en direction pour être sur de faire but, la contre-visée étant possible mais vu le contexte, il doit impérativement faire but avant que les véhicules ne bougent.
    Il tenterait bien de tirer d’abord sur les conducteurs des véhicules mais il sait que c’est tir beaucoup plus aléatoire car dépendant du type de pare-brise, de l’angle de tir. Il renonce et préfère s’occuper des tireurs.
    Cet ancien tireur sportif qui utilisait un logiciel balistique (Strelok pro) à une époque ou la fée électrique régnait encore avait pris le temps de faire un carnet de tir « papier ». Dépliant sa pochette placée sur son avant-bras, Il lit qu’il va afficher pour sa munition GGG 175 gr dont il lui reste une centaine de cartouches les corrections Haut + 19 / Gauche 3.
    Le bipied de l’arme bien ancré dans le sol, ayant placé une chaussette remplis de couscous tenue par sa main gauche sous la crosse pour stabiliser au maximum son arme, il prend sa visée, inspire, expire…

    F Von Pikkendorff

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  4. C’est quoi un sniper ?
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    Alpha n’a pas tiré très loin, en revanche il a valorisé la défense de la communauté en effectuant un tir précis que les autres armes n’étaient pas en mesure de remplir en déstabilisant l’adversaire (mort du chef) et en détruisant du matériel (poste radio) et des servants d’armes lourdes.
    Le sniping, c’est juste cela. Que se soit à 200 mt (le RAID s’est équipé de TIKKA CTR, allé savoir pourquoi…) ou à 1000 mt.

    Apprendre a tirer une cible de 10 cm à 300 mt est à la portée de beaucoup de monde. Pas besoin d’une arme dernier cris, un M-Nagant avec sa lunette PU fait largement le travail jsq 500 – 600 mt en fonction bien entendu de la taille de la cible cad une cible de 40x40 cm pour ce type d’arme. Pour une arme moderne, tenir le 20x20 à 600 mt est faisable a condition de s’entrainer.
    Apprendre à faire une table de hausse dès le temps de paix en se basant sur un logiciel type Strelok, apprendre à estimer la vitesse du vent (j’estime d’abord, je sors l’anémomètre après) sont aussi à la portée d’un tireur moyen. Il faut juste vouloir sortir de sa zone de confort et se remettre en cause même en étant dans un stand de tir de la FFT.
    Pour ceux que cela intéresse, je vous conseil la lecture de l’ouvrage de Ph Perotti : de 1 à 1000. C’est une excellente base pour commencer et c’est plus réaliste que les films avec T Berenguer ou Mark Wahlberg…

    F Von Pikkendorff

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  5. Visons petit..... On manquera de peu.
    Préférant le tir instinctif ( à l Arc), plutôt que d utiliser des organes de visée, qui eux doivent être réglés avec minutie...
    Est ce qu un TLD devrat suivre son instinct pour faire mouche?.oui, tout ces calculs son certe exacte, mais comme pour tenir en équilibre sur un deux roue,la mémoire musculaire entre en jeu.
    L entraînement serat la clé,c est en forgeant que l on deviens forgerons....
    Profitons-en, avant que les lumières ne se face regretter dans l obscurité ambiante.
    Gardons les yeux ouverts,..
    Et..... Au faite...boire du jus de carote.... C est bon pour nos organes.

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  6. dans la zone (urbaine) des 100m, une 22 avec modérateur et optique (red dot ou lunette 3x9 à dot lumineux) peut faire discrètement un petit boulot efficace. ;)
    Chibani

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  7. Je ne peux pas dire ce que je pense vraiment, mais la .308 est un minimum. Après, si la motivation de l'assaillant est aléatoire, ils reviendront encore et encore, en tant qu'espèce protégée ET invasive, et là c'est plus un TE qu'il faut mais une gatling. Et oui, car un spécialiste, ça dort, alors il suffit de revenir toutes les 2h, saturer la zone de stress, une spécialité cpf, et attendre que la zone tombe.
    Ne sous-estimons pas l'ennemi qui a dans ses rangs des gens très doués pour le tir, une malignité perverse innée et le nombre. Donc tout miser sur un TE est un pari risqué, indépendamment du fait que ça reste un indéniable atout.
    Aussi, un TE n'est pas obligé de faire mouche à chaque fois: chaque impact proche et régulier est un facteur de stress étonnant, surtout sur une paroi métallique. là on sait que c'est pas du 9 para qui tape, c'est plus gros et ça vient de plus loin et sortir la tête est un risque.
    Pour moi, il y a une moyenne à tenir entre le TE et la mad minute avec priorité à l'allonge plutôt qu'à la précision. c'est pas l'idéal mais c'est réaliste.
    cc

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    1. Pas mal ont fait l armée donc oui l ennemi est tres tres bien préparé

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  8. bonjour à tous, la premiere fois que ça ricoche à proximité, je vous jure que ça fait un drole d'effet et on fait nettement moins le téméraire, c'est valable tant pour l'assiegeant que l'assiegé, sans parler des drogues qui diminuent les signaux envoyés par l'instinct de survie.
    il n'y a pas de possibilité de s'entrainer au tir longue distance dans mon coin, je le déplore mais c'est comme ça, alors si un jour les barbichus viennent faire leur marché dans ma riante campagne (agneau, poulets, captives, munitions), il faudra leur couper la route, ce sujet a deja ete abordé . mais meme une volée de balle calibre 12, je vous jure que ça abime la carosserie, si des 22LR peuvent mettre leur grain de sel, ce n'en sera que mieux. en attendant les 308 et les souvenirs de grand papa du temps de sa folle jeunesse entre 1940 et 1944.
    bien qu'un nombre assez considerable d'AK 47 attendent le bon moment cachés là ou il faut, les Douchka sur pick up ne sont pas vraiement generalisées.
    l'ennemi est essentiellement urbain et baigne dans cette ambiance sans connaitre l'extérieur, meme si il est intrinsequement pervers.
    le TE sera rare et précieux, donc à ménager et il faudra donner une formation expresse à la jeune generation qui apprendra vite (sauf pensée kollabo). il y a aussi les mini drones, c'est fou ce que ces bestioles envoient comme infos de la haut.
    raison de plus pour tabler sur la polyvalence des armements en fonction des distances et assurer le ravitaillement en mun.
    bonne preparation à tous HERMAN STOSS.

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    1. je suis tout à fait d'accord que du tir de harcèlement peut donner de la valeur à la 22lr: pas chère, disponible, pas faite pour tuer. Suffit de tirer toutes les 10 minutes sur un endroit bien stressant (vitres, tuiles, cuves métalliques, véhicules...Les assiégés seront poussés à la bavure à terme alors qu'ils éviteront les ouvertures, les mouvements inopportuns, la tête bien droite et bien sortie des épaules.
      Si on est joueur, et je le suis, on peut faire plein de trucs marrants avec une 22, mais après, y a des médisants qui vont dire que je suis tordu sans me connaître alors qu'ils ont parfaitement raison...Mais je suis adapté à l'ennemi, pas eux.
      cc

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  9. Bonjour sans vouloir relancer le débat sur la puissance d'arret faible d'une 22 fût elle subsonique ce site m'a quand même un peu surpris et j'aimerais avoir l'avis de ceux qui iront lire et verront la vidéo (en anglais mais les images parlent d'elles même) sur des tirs a presque 260 mètres!!!

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    1. Salut Janus,
      de quelle vidéo parles-tu?

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    2. bonjour Francois et désolé j'avais oublié le lien :http://marksman.over-blog.fr/article-le-22-long-rifle-a-plus-de-50-metres-113843244.html ,la vidéo est dans le corps de l'article

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    3. Merci Janus,
      la vidéo montre en effet des résultats impressionnants. Et les explications dans l'article remettent en question beaucoup de certitudes sur l'utilité de la .22 comme arme de défense à moyenne distance.

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  10. pour qui se pose encore des questions sur la dangerosité des calibres, leur portée, et bien d'autres choses, voici un lien interessant:
    http://www.littlegun.be/articles/portee%20des%20munitions.htm
    donc, oui, à 1600 m un 22lr peut tuer, mais faut vraiment pas avoir de bol...

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  11. Merci à Pierre et à tous pour les infos, j'ai toujours été persuadée que le "sniping" était une très bonne méthode de défense, la stratégie face à la violence, la finesse même au sein du chaos - Babette

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  12. pour ceux qui auront choisi de rester chez eux ou , dans un lieu déterminé il peut être intéressant de marquer sur le terrain ,par ces temps encore calmes ,les distances de tirs possibles aux alentours par des signes a priori anodins ,c'est un gain de temps dans l'action (et une supériorité marginale par rapport aux prédateurs)pour enquiller les clics voulus sur la leupold ou S and B en plus ça calme quand on est sous pression de savoir qu'on aura pas a chercher ce foutu télémètre.En procèdant en cercles concentriques on arrive vite avec peu de travail a baliser le périmètre à défendre.Ou que l'on stationne ce petit exercice est un plus ,les anciens archers Anglais faisaient dèjà ça pour connaitre a partir de quel moment de la progression ennemie le tir devenait efficace

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    1. Bonsoir Janus,

      L'IGN vous fait la carte au 1/15 000 ( 1cm = 150 m ) de votre choix centré sur votre petit paradis.
      Quoi de plus facile après que de mesurer ses distances préférées ...
      Si de plus, heureux propriétaire d'une lunette graduée, vous pouvez comparez les distances papier aux graduations, le nirvana de la compréhension des distances de tir vous devient accessible ...
      C'est pas beau la vie.
      Un peu d'entrainement ne fera pas de mal non plus.

      Georges

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    2. Merci Georges, mais l'échelle n'est pas terrible,150 mètres résumés en 1 cm c'est pas assez précis ,les arbres ,rochers,petites dénivellations ,murets etc etc etc etc n'y sont pas ,a ce moment mieux vaut google map,bon ce n'est pas inutile mais rien de visuel,je préfère le coup de peinture visible des postes de tir , car chacun du groupe sait ce que cela veux dire sans autre forme d'approche,plus c'est simple mieux ça fonctionne.Bien cordialement

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    3. De rien Janus, mais les murets, les dénivellations, les arbres etc, etc, etc, etc qui sont en face de tes yeux sont aussi sur la carte et même ceux qui te sont cachés derrière la forêt ou la colline ( et pas besoin pour ça de gargouille map où tu peux toujours te brosser pour avoir une représentation fiable du relief, image plate 1D ).

      L'intérêt de cette carte ( IGN - carte à la carte pour la pub ) est de pouvoir avoir TA maison au milieu de la carte et presque 7 km autour du nord au sud et de l'est à l'ouest. Presque 200 km² ...

      Ne regardes pas le doigt qui montre Janus.
      Et si tu as comme un problème de vue ou autre, tu peux aussi l'avoir au 1/2000. 1cm = 20m! C'est mieux là?

      Moi je dis ça par ce que je suppose que toi tu sais déjà à quelle distance se trouve le château d'eau, le clocher de l'église, la dépression devant le pigeonnier dont la pointe dépasse le sommet de la colline en face et que tu as déjà mis un coup de peinture dessus.

      Bon, je me remets ma carte sous le bras et je m'en vais explorer un peu plus loin des fois que je trouve un chouette emplacement en hauteur que les courbes de niveau de ma cartounette m'ont indiquées.

      Tout le monde ne sera bunkérisé dans le béton.

      D'ailleurs, il te souvient peut-être de ce qu'il se disait des qualités de ceux qui étaient dans le béton?

      Georges

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    4. merci Georges,. c'est déjà mieux,il faut espèrer que tout tes compagnons seront capables de lire une carte sous le feu , ou qu'ils auront fait avant des petites reconnnaissances sur le terrain.Effectivement de mon environnement campagnard je connais le moindre buisson(sans parodier "l'affaire Corse")mais pas toujours les distances a 1cm près(au deux millièmes) cela dit, ici pas de tir longue distance possible dans la majorité des cas , a moins d'amménager le terrain (démaquisage complet,une journée pour 100m2)mon propos ne valait que pour les plaines ou sur le continent et tient toujours , car en cas de chaos je ne crois pas que l'on t'enverras les cartes demandées du lieu ou tu seras réfugié,c'est quand même une très bonne idée .A quel prix ces braves gens travaillent ils S.V.P ? .Chaque bouclier a ses faiblesses ,le béton comme les autres,ce n'est pas une raison pour s'en priver,le bernard l'hermitte quitte sa coquille quand elle devient trop petite ou pas fiable,il est sûr qu'il ne faut pas se scléroser ,toute idée est bonne à prendre et ton idée de carte à la carte en fait partie ,il faudrait l'ajouter au dossier de Pierre concernant l'usage des cartes d'autant que c'est par temps calme que l'on peut se prémunir.Bien cordialement

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  13. Bonjour,le jours on les institutions feront défaut, effectivement il vaudra mieux avoir de bonnes stratégies, des moyens de communications de déplacement et des alliés sérieux. Car il est certain qu'en face il y aura beaucoup de monde et qu'il fait bien se garder de sous estimer ce qui sera notre ennemi. Il y aura la quantité et une certaine qualité on le vois dans les conflits actuels, les combattants de l'EI, au hasard, sont bien formés et efficaces (d'autant qu'ils sont très endoctrinés).
    Gabriel
    http://reseau-hertzien.forumactif.com/

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  14. Message pour tous
    https://francais.rt.com/international/38918-daesh-appelle-guerre-totale-contre-occident-durant-le-ramadan

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