11 mars 2019

L'alimentation de rupture - Partie 2

=> Article proposé par Ivan, rédacteur de Survivre au Chaos.

Note de Pierre : c'est un article extrêmement complet et très intéressant.

Même si les recommandations qu'il préconise pourraient sembler difficiles à mettre en pratique dans leur intégralité, il a le mérite de clarifier des points capitaux et de balayer de nombreuses idées reçues dans le domaine de l'alimentation de survie.

C'est dommage que je ne n'ai pas connu Yvan au début de mes préparatifs, cela m'aurait permis d'éviter de grosses bêtises ! Je lui laisse la parole...



En préambule et en réponse à certains commentaires sur le précédent article, je tiens à présenter l’origine de ma réflexion et des solutions que je propose ;

A savoir l’expérience de ma grand-mère maternelle, immigrée polonaise ayant habité le nord de la France de 1936 à sa mort en 1993. Elle a eu à charge quatre enfants durant toute la période de la seconde Guerre Mondiale, et ce sans la présence de son mari prisonnier en Allemagne.

Les axes de réflexion que j’apporte sont donc issus d’une expérience bien particulière, à savoir vivre en territoire occupé avec des tickets de rationnement, et en zone rurale...

Les réserves n’étaient pas la seule source d’alimentation ; il y avait les tickets de rationnement de l’état mais aussi le braconnage, le glanage, et enfin le marché noir (souvent plus proche du troc que d’un réel système organisé de contrebande).

Aussi certains de ces conseils ne seront pas forcément applicables à des habitats de centres urbains, ou des situations d’évacuation. Les idées développées ici sont idéales pour une personne restant sur son domicile en zone rurale ou semi-rurale, ou disposant d'une cave. Cependant, la grosse majorité restent applicables pour celle qui habiterait en ville.


Les objectif nutritionnels


Suite au précédent article qui expliquait en détails les recommandations nutritionnelles de l’OMS et d’autres organismes, nous allons simplifier les choses en quelques objectifs pouvant être compris et appliqués simplement :

- Au minimum deux repas


Un déjeuner et un souper avec entre chaque un maximum de 8h de jeûne, cette durée est un bon compromis entre utilisation des réserves énergétiques de l’organisme et renouvellement de celles-ci.

→ la question du jeûne intermittent est complexe et fait intervenir trop de facteurs différents pour être traitée ici. Les deux facteurs les plus importants étant la nature des apports énergétiques et la génétique de l’individu. Nourrir une fois par jour et pendant une semaine un polynésien avec 100g de saccharose ne donnera pas les mêmes résultats que nourrir un islandais avec 100g de chair de saumon.

Petit déjeuner, goûter et collation, peuvent être consommés en fonction de l’accessibilité aux ressources, du besoin énergétique (par exemple augmentation des besoins en hiver), mais aussi du "besoin" hédoniste (plaisir de manger qui demeure un excellent soutient moral).

- Un repas complet


Qui devrait contenir au minimum les aliments suivants :

- 100g de féculent cuit (environ 5 cuillères à soupe),
Pour un apport en énergie suffisant pour ne pas entraîner de catabolisme musculaire.

- 100g de légumes crus, ou a défaut 200g de légumes peu cuits,
Pour conserver l’apport en vitamine C.

- Une source de protéines, avec au minimum 10g de protéines de bonne qualité,
Pour limiter les risques de perte musculaire, la source peut être de la viande, du poisson, des œufs, des produits laitiers, ou encore des végétaux.

- Une source de produits laitiers pour sécuriser l’apport en protéines, en vitamines D, et calcium.

- Une portion de lipides d’environ 10g, soit une cuillère à soupe d’huile ou une cuillère a soupe bombée de beurre,
Pour diminuer les risques de carence en vitamines notamment D - cet apport peut se faire par d’autres aliments tels que le poisson ou les oléagineux.

→ Le reste des apports, ce sera du confort et du plaisir.


Les stocks pour un an


Les féculents


L’objectif est d’avoir à disposition 200g de féculent cuit par jour au minimum. Il faut souligner que les féculents vont doubler à tripler de poids à la cuisson (selon le féculent et le mode de cuisson). Seule la pomme de terre ne prend quasiment pas de poids à la cuisson, les légumes secs (et notamment le pois chiche) vont multiplier leur poids par 3,5 s'ils sont laissés à tremper longuement.

Ma grand-mère stockait 100kg de pommes de terre par an et par personne (et ce même après la guerre), ce qui permet d’avoir 100g de féculent pour 1000 repas environ. Je souligne les origines polonaises de ma grand-mère, d'où l'omniprésence de la pomme de terre dans sa cuisine, ainsi que des portions "copieuses".

L’objectif minimum reste d’avoir pour une année environ 100g de féculent pour 730 repas, soit environ 73 kilos de féculent cuit (rappelons que les féculents prennent du poids à la cuisson).

Il sera donc facile d’avoir un stock confortable de féculents pour une année entière, l’idée étant que ce dernier puisse non seulement permettre de se nourrir mais aussi à l’occasion de cultiver de nouvelles plantes au printemps.


Voici ma proposition de stock de féculents par an et par personne :

- 50 kg de pomme de terre
C’est une quantité qui reste facile à stocker, elle représente 500 portions de féculent. Choisir des pommes de terre sans traitement anti germinatif afin de pouvoir les replanter.
Le bonus étant que si elles sont cuites avec la peau, les pommes de terre conservent de la vitamine C, ce qui évitera les carences associées (comme l’anémie) ainsi que le fameux scorbut.

- 3 x 10 kg de légumes secs
Ce qui va représenter entre 450 et 900 portions de 100g de féculent, en fonction du type de légumes secs et de la cuisson. Ceci permet d’avoir un stock très large pour une année entière

Préférer les légumineuses sous forme sèche ; elles sont plus simples à stocker, car beaucoup moins volumineuses qu'en conserves, le seul problème étant qu’elles nécessitent un minimum de transformation pour être mangeables.

→ on peut les laisser tremper 24 à 48h pour les ramollir et donc les cuire beaucoup plus vite. On peut aussi les réduire en farine pour en faire des galettes ou épaissir un bouillon.

→ sous forme sèche, les légumineuses peuvent aussi être semées et cultivées.

Elles ont le très gros intérêt d’apporter des protéines ainsi qu’un peu de fer et de minéraux, la meilleur répartition semble être pois chiches (pour l’apport en protéines), lentilles (pour les protéines, le fer, et les minéraux), et haricots (rouges, blancs, ou de Soisson pour leur apport énergétique plus important). Avec un sac de chaque on aura une très bonne mixité d’apports.

- 5 kg de pâtes/riz/semoule/tapioca
Ce qui après cuisson représente environ 100 portions de 100g (en moyenne, ces féculents doublant de volume à la cuisson).

Ces aliments sont avant tout pour le plaisir. En effet, ils sont pauvres en nutriments (sauf dans le cas des pâtes intégrales et du riz complet). De plus, on ne peut pas les cultiver directement. Leur répartition dans votre stock dépendra donc de vos préférences personnelles.

Leur intérêt demeure leur prix car ils sont faciles à se procurer y compris en gros conditionnement.


→ avec ce stock qui peut tenir dans un petit espace (voir une grande cantinière métallique de campagne), on a suffisamment de féculents pour couvrir ses besoins physiologiques, mais aussi pour couvrir les besoins supplémentaires ou se faire plaisir.


Les légumes


C’est le stock le plus critique en terme de conservation, les légumes étant sensible aux longues périodes de stockage et pouvant facilement perdre leurs teneurs en vitamines (notamment en vitamine C).

Ma grand-mère tenait deux stock de légumes :

- Des racines (carotte, panais, navet, topinambour…) stockées dans du sable à la cave. Elle pouvait les conserver ainsi jusqu'à 5 mois. Au bout de cette période, les racines s’abîment se ramollissent de façon importante. Elle en faisait énormément de soupe pour cacher l’état de flétrissement.

- Des conserves appertisées (c'est-à-dire passées dans l’eau bouillante) et lacto-fermentées (c'est-à-dire laissées au soin de bactéries qui acidifient et stérilisent le milieu). Les légumes étaient issus du jardin et aussi du glanage ; elle faisait des conserves en quantité industrielle dans une lessiveuse en zinc. De mémoire, un tiers de la cave était réservé au stockage des conserves.

Il faut ajouter à ce stock les légumes et fruits frais qui étaient produits toute l’année par le jardin et la forêt environnante.

Pour notre stock, il faut donc retirer les légumes frais fournis par le jardin et se contenter de ce qui pourra être maintenu en réserve. Les légumes prendront nécessairement plus de place, qu’ils soient frais ou en conserve.

On peut se constituer un stock réaliste (permettant au minimum l’apport de 100g de légume par repas pour deux repas par jour sur une année) avec les objectifs suivants :

- 20 kg de courges

L’important étant de varier les espèces (potimarron, courges, calebasse, pâtisson, citrouille, potiron…) et même les cultivars (c'est-à-dire plusieurs variétés d’une même plante).

A l’exception de la courgette, du concombre, de la pastèque et du cornichon, les cucurbitacées vont se conserver entre 4 et 6 mois dans une atmosphère adaptée (fraîche, peu lumineuse et pas trop humide, comme un cellier par exemple).

Préférer les petits spécimens, cela évitera le gaspillage, car tant qu’une courge n’est pas entamée sa chair se conserve.

Certaines espèces (butternut, potimarron…) se consomment avec leur peau cuite, voire en l'utilisant comme récipient (on coupe la courge, on récupère les pépins, et on la passe au four simplement).

Les graines sont comestibles et faciles à cultiver, elles ont un taux de germination de l’ordre de 80 % (surtout si on enlève la pellicule protectrice avant de les semer en terre). Elles peuvent se consommer fraîches, séchées ou encore grillées (une fois décortiquées à la façon des graines de tournesol). Les courges les plus grosses ne sont pas nécessairement plus prolifiques en graines. Conserver 1/3 de ses graines pour les replanter est suffisant pour avoir une production qui couvre ses besoins annuels (à condition de ne pas avoir de parasites ou de sécheresse qui abîmeraient les plantations)

En moyenne, on estime que l’épluchage (dans les meilleurs conditions) va entraîner la perte de 10 % de la masse des courges, soit pour notre stock environ 2 kilos (dans le meilleur des cas). Il reste donc 18 kg de chair consommable, ce qui représente environ 180 portions de légumes (à raison de 100g de légumes par repas).


- 20 kg de légumes racines 

Ils se conservent moins longtemps que les courges à l’air libre, le mieux étant de les stocker dans du sable dans une cave. Cependant, certains d’entre eux font de très belles plantes vertes et se conservent presque toute l’année dans un pot de fleur (on les cueillera quand on en aura besoin).

Le gros avantage par rapport au courges est qu’il est possible de consommer la peau de la quasi-totalité d’entre eux , un simple brossage vigoureux suffit.

Autre point intéressant, on peux les consommer cru, notamment la carotte, la betterave et le panais qui une fois finement râpé ou haché sont tout a fait mangeables (avec un brin d’assaisonnement).

Tous ne sont pas égaux quand il s’agit de faire repartir une racine. La carotte, le panais et la betterave (s'il reste des bases de tiges et/ou de feuilles) peuvent redonner une plante qui donnera des graines.

Certains s’amusent à faire des carotte « Frankenstein » en prélevant la partie de la racine à la base des feuilles, et en la laissant tremper dans de l’eau jusqu'à l'apparition de nouvelles feuilles. Cette méthode peut permettre d’obtenir un plant qui donnera quelques graines, mais difficilement une nouvelle racine.

Le champion dans cette catégorie demeure le topinambour qui, une fois mis en terre, donnera un plant vivace avec de nouvelle racine. Il est même possible de diviser un morceau de racine pour obtenir plusieurs plans. Bien que certains trouvent cet aliment peu savoureux, il n’en demeure pas moins une source de glucides et de vitamines facile à reproduire, et donc indispensable dans nos réserves.

En considérant que l’on consommera ces aliments avec leur peau et que les pertes sont minimes, on aura donc environ 200 portions de légumes (toujours à raison de 100g par repas).

Pour la répartition, il est préférable de favoriser carottes et panais (car facile à trouver et de plus longue conservation), ensuite les topinambours et navets (qui se conservent certes longtemps mais sont souvent à des prix prohibitifs), enfin la betterave rouge (car se conservant nettement moins longtemps). On obtient les ratios suivants :

8 kg de carottes
5 kg de panais
4 kilos de navets
2 kilos de topinambours
1 kilos de betteraves


- 40 kg de conserves de légumes

Le poids est ici exprimé net, il faut donc y ajouter le poids des conserves elles-mêmes. Celles en métal sont plus légères, celles en verre (à visser ou type "Le Parfait" sont plus lourdes mais présentent l’intérêt d’être réutilisables. Leur poids n’est donc pas un « poids mort » mais un investissement à long terme.

Le gros intérêt de ces aliments est leur longue conservation, et la possibilité de les consommer de façon immédiate, sans parage (découpe, épluchage…) ni cuisson.

Pour le choix du contenu des conserves, il est libre et dépendra bien entendu de vos goûts personnels. Il y a cependant certaines recommandations à appliquer pour éviter de passer la prochaine guerre mondiale à ne manger que des cœurs de palmier sauce aigre douce.

→ un maximum de produits non cuisinés : ils se conservent plus longtemps, pourront être utilisés de multiples façons, et contiennent plus de vitamines et minéraux (notamment si on consomme le jus de la conserve). La ratatouille et les courgette à la provençale ne sont pas pour autant interdites mais ne devraient pas représenter plus de 10 à 15 % du stock.

→ de la qualité, car ce seront sûrement vos rations pour les jours les plus difficiles (sans eau, sans électricité ni source de chaleur), alors choisissez judicieusement...

→ des conserves lacto-fermentées : 15 à 20 % car elles restent riches en vitamines, minéraux et en probiotiques qui sont toujours un plus en période d’incertitude au niveau de l’hygiène.

Toujours faire très attention aux conserves maison ! Une conserve facile a ouvrir et avec une odeur acide (du moins si elle à été appertisée, car les lacto-fermentées ont naturellement une odeur acide) risque de contenir la toxine botulique mortelle.

Ces 40 kg (en poids net) de légumes en conserve constituent 400 portions de légumes, ce qui complétera de façon suffisante votre stock annuel.


- 10 kg (voire plus) d'oignons, ail, échalotes

Difficile de considérer ces aliments comme des légumes, ils seront plutôt des condiments bien utiles pour améliorer votre quotidien !

Il se conservent toute l’année et se replantent facilement. N’oubliez pas que les oignons et échalotes on plus épaisseur et que même si les couches superficielles sont abîmées, le cœur peux encore être mangé ou cultivé.

Enfin l’ensemble de ces aliments se conservent simplement dans un milieu sec voire en guirlande au mur et présentent aussi l’intérêt d’avoir un pouvoir vermifuge.


Les protéines


Ma grand-mère (oui, toujours elle...) n’avait pas de problème pour les protéines. La basse-cour lui fournissait des œuf et de la viande (poules et lapins). Le braconnage était aussi une source non négligeable ; collets et pièges rapportaient lapins, lièvres, faisans, perdrix, pigeons, mais aussi des mets plus surprenants comme des moineaux ou des merles.

Elles avait aussi constitué un stock (juste avant le début des hostilité), avec du lait concentré en conserve (sucré et nature), du lait en poudre, des boites de sardines et de maquereaux, des conserves de viande en gelée et en graisse (notamment du porc au saindoux), du "singe" en boite (cf corned-beef), un saloir de porc (une grosse jarre à fond plat remplie de sel et d’un demi porc), des saucissons polonais (très fin salés et au goût de cheminée d’après les récits que m’en ont fait ma mère et mes oncles) et enfin des conserves de sardine et maquereaux, le tout stocké au frais dans la cave.

D’après ce que m’a raconté ma mère, la famille tuait un cochon par an, ce qui assurait de la viande quasiment toute l’année. A souligner qu'à l’époque on ne consommait pas de viande tous les jours à chaque repas.

Petite note d’humour, les boites de "singe" ne seront pas finies à la fin de la guerre ; on en retrouvera même après le décès de ma grand-mère en vidant la maison, cependant je ne saurais vous dire si elles s’étaient bonifiées avec le temps...

Pour nos propres stocks, il est peu probable que nous allions saigner un cochon et le mettre en conserve. Nous allons donc nous orienter vers des produit déjà séchés et appertisés.

La quantité de protéines à apporter par repas est d’environ 10g, il ne faut pas oublier qu'une partie de ces protéines peut être apportée par les légumes secs, par exemple.

Les viandes et poissons séchés sont extrêmement riches en protéines. Par exemple 100g de jambon sec apporte plus de 20g de protéines ! 100g de morue apportera à peu près la même quantité (bien que cette dernière nécessite un peu de préparation).

A retenir aussi que les volailles et poissons sont plus riches en protéines que les viandes de mammifères. La viande de cochon avait surtout un intérêt économique ; un animal que l’on nourrissait facilement pouvait donner une année de viande.

Pour notre stock de protéines nous retrouverons donc :


- De la viande séchée

C’est une source de protéines extrêmement intéressante et dense ! 100g de jambon sec apporte environ 20g de protéines.

Il est préférable de favoriser les viandes maigres, car avec le temps et sans système de réfrigération ou de contrôle de l’atmosphère (conservation sous vide) les graisse vont rancir et rendre l’aliment peu appétissant voire franchement nocif.

Il existe de nombreuses spécialités de viande séchée, du saucisson de supermarché au jambon sec italien à 80 euros le kilo, en passant par le pemmican ou le jerky du continent américain.

Il faut cependant voir ces aliments avant tout comme un luxe dans le sens ou leur conservation dans les meilleures conditions (cave, garde-manger) n’excède que rarement 5 mois, ce qui oblige à les consommer rapidement ou du moins à en faire les premier produits consommés dans sa réserve.

On  ne cherchera donc pas à avoir un stock trop conséquent et on favorisera la qualité : un jambon sec avec ou sans os, cru ou cuit (cela dépendra surtout de vos préférences), en choisissant une pièce qui n’excède pas les 4 kilos (un jambon de 5 kilos est une pièce plutôt familiale qu’individuelle).

A raison de 100g par portion, on aura environ 20g de protéines, ce qui est un excellent apport. Une pièce de 3 kilos représentera 60 portions de 10g de protéines par repas, qui seront comestibles pendant 6 mois.

On ajoutera a cette réserve 3 à 5 kilos de saucisse sèche, en évitant les saucissons qui ont un ratio gras/viande plus important et donc une conservation ainsi que des apport nutritionnels moins intéressants. Pour cette partie, faite vous plaisir ! c’est avant tout une réserve "de luxe". Le nombre de portions de protéines dépendra énormément de la qualité et du type de produit choisi. En étant optimiste, on peut l’évaluer à 80 portions de 10g de protéines qui seront comestible entre 3 et 6 mois, suivant le type de produit choisi.

→ pour trouver de la viande séchée peu chère, il existe aussi le rayon nourriture pour chat et chien qui propose des produit uniquement à base de viande séchée.


- De la morue

Facile à trouver et à conserver, connue depuis très longtemps pour sa conservation de longue durée (notamment chez les marins), facile a préparer, c’est un aliment de choix pour la conservation de longue durée.

Elle présente cependant deux désavantages : son odeur qui va facilement envahir votre garde-manger, et la nécessité de la dessaler dans un grand volume d’eau.

Au-delà de ça, c’est un aliment bien connu et qui offre un grand nombre de recettes (notamment dans la gastronomie portugaise). Une pièce salée de 1,3 kg (poids moyen) donnera environ 26 portions de 10 g de protéines (la teneur en protéine de la morue est d’environ 20g pour 100g mais peut varier selon les sources).

Une morue salée se conservera environ 6 mois dans un grenier, un sellier ou un garde-manger. Deux pièces (soit entre 2 et 3 kilo de morue) représenteront environ 50 portions de 10g de protéines pour la moitié de l’année.


- Des conserves de viande

Ici s’opposent deux écoles ; d’un coté le "corned-beef" et de l’autre, les conserves de viande à la graisse. Nous n’évoquerons pas les conserves de "plats de viande" de type raviolis ou cassoulet, de par leur faible qualité et intérêt nutritionnels.

→ A noter que ces derniers peuvent être un plaisir ou un petit plus acquis lors d’une promotion, mais pas une source principale de protéines.

Le corned Beef est le plus régulièrement conditionné en boite de 200g ce qui représente environ 36g de protéines par boite. En étant large, on compte 3 portions de 10g de protéines par boite. Certes la densité est plus faible que dans les produits séchés mais la conservation est beaucoup plus longue ; il est conseillé de les stocker au maximum un an, mais on peux sans souci les conserver plus longtemps si la boite n’est pas abîmée.

Un stock de 40 boites de 200g donnant 120 portions de 10g est un bon stock qui durera largement une année.

Pour la viande en conserve, on trouve une grande diversité, entre les conserves ne contenant que de la viande et celles faites à moitié de graisse et moitié bas morceaux. De même, il existe une grande différence en termes de conservation entre les conserves industrielles et celles maison.

De façon générale, les conserves en métal se conserve plus longtemps que les bocaux "Le Parfait", et plus il y a de gras dans une conserve de viande, plus elle se gardera longtemps.

L’idéal étant d’avoir au moins une centaine de portions de viande, en comptant que comme pour le corned-beef on a environ 3 portions pour 200g de conserve, ce qui représente environ 80 kg de viande.

→ la quantité semble importante mais rapportée au poids moyen d’un cochon la quantité de viande semble logique. Il faut aussi penser au fait que l’on ne prend pas en compte la production de protéines notamment par le biais des œufs, ce qui impose de stocker beaucoup.


- Des conserves de poisson

Peu coûteuses et à longe durée de conservation, elles seront non seulement riches en protéines mais aussi en lipides de bonne qualité et en calcium (dans les sardines en boite, les arêtes se solubilisent et deviennent digestes).

Sardines, maquereaux, hareng ou thon, on aura pour 100g de chair entre 18 et 20g de protéines, soit quasiment 2 portions pour 100g. En général, les conditionnements contiennent 200g de chair (une fois égouttée) on aura donc l’équivalent de 4 portions par conserve !

Les conserves à l’huile sont plus intéressantes, car de conservation plus longue, et permettant d’utiliser leur huile comme condiment voire combustible (certaines boites de sardines étaient transformable en lampe à huile), ou lubrifiant mécanique (dans le pire des cas).

Le thon ne devrait pas constituer le stock principal. De par sa place en fin de chaîne alimentaire, il a tendance a accumuler des déchets et perturbateurs endocriniens. En consommer une fois par mois serait largement suffisant.

Sardines, maquereaux, et harengs sont de très bonne sources de protéines, vitamines D, lipides, et calcium (dans le cas des sardines). Ils constitueront donc le stock principal.

En bonus, on ajoutera du foie de morue en conserve, qui de part sa richesse en vitamines permettra de lutter contre toutes les carences, ainsi que des moules en conserve (nature ou cuisinées). Ce sont les aliments offrant le meilleur apport en fer, donc parfaits pour lutter contre l’anémie ou encore en période de convalescence suite à un trauma.

En estimant que les boites de conserve font 200g en moyenne, et que pour chaque 100g on aura deux portions, on pourra faire le stock suivant :

- 20 boites de thon à l’huile (une partie peut être au naturel, mais elles se conserveront moins longtemps, 5 à 6 mois au lieu de 1 an), ce qui représentera 80 portions de 10g de protéines.

- 60 boites de sardines/maquereaux/harengs/anchois à l’huile (même remarque, une partie peut être au naturel, mais se conservera moins longtemps, de même les conserves cuisinées avec une sauce notamment se conservent moins longtemps - préférer simplement à l’huile) réparties selon vos préférences, ce qui représentera 240 portions de 10g de protéines.

- 10 boites de moules (chaque boite contient environ 100g de chair de moule) nature ou cuisinées. Elles constitueront surtout un très bon apport en fer. Elles ne représenterons que 10 portions de 10g de protéines mais encore une fois, leur intérêt n’est pas là.

- 10 boites de foie de morue.. En en consommant une par mois (début au mois de novembre/décembre), on sera assuré de ne pas avoir de carences en vitamines pendant l’année, leur apport en protéines étant négligeable.


→ Avec ce stock conséquent, on aura environ 740 portions de 10g de protéines, ce qui sera largement suffisent pour couvrir les besoins annuels, d’autant plus qu'on ne prend pas en compte les protéines qui seront apportées par les végétaux et les produits laitiers. On aura donc pas de raisons de craindre une dénutrition ou une perte de masse musculaire.


Les produits laitiers

Des produits laitiers longue conservation.

Si la grande majorité du stock de protéines doit être sous forme de produits carnés (chairs d’animaux), c’est en raison de leur densité en protéines et de leur durée de conservation comparées aux produits laitiers.

En effet hormis les fromages avec un long affinage, les produits laitiers nécessitent souvent une réfrigération ou une congélation pour les consommer sur une longue période.

Dans le cas de ma grand-mère, le problème ne se posait pas car il y avait des "pisseuses de lait" dans le voisinage. Le faible stock qu’elle avait constitué servait surtout à compenser les mois de l’année ou la production laitière était plus faible, et donc le prix du lait frais trop élevé pour elle.

Dans notre stock, les produits laitiers seront avant tout des aliments "bonus" apportant des protéines, du calcium, et permettant aussi d’améliorer les recettes pouvant êtres préparés. On retrouvera donc :

- Du lait en poudre que l'on reconditionnera dans des sachets zippés en évacuant l'air, ou mieux, en poches sous vide. Un stock compris entre 1 et 3 kg est largement suffisent et correspondra à environ 20 L de lait une fois reconstitué.

On pourra y adjoindre du fromage. Là se pose la question du mode de conservation car en effet, il y a deux possibilités :

- Le vieillissement - on laisse volontairement les bactéries, levures, et autres micro-organismes agir sur le fromage, en faisant en sorte de n’avoir que des micro-organismes non pathogènes qui se développent.

- La conservation - c'est-à-dire l’élimination des facteurs qui permettent le développement des micro-organismes (oxygène, humidité…).

La première solution est l'une des plus traditionnelles ; on l’utilise par exemple pour les crottins de chèvre que l’on consommera frais les premières semaines, puis de plus en plus secs jusqu'à se retrouver avec un produit extrêmement dur. C’est aussi le cas de fromage plus savoureux, comme le cantal, dont le vieillissement (ou affinage) lui apporte tout son goût.

Cependant cette méthode a ses limites. Premièrement, elle nécessite un lieu de stockage avec des paramètres d’humidité et d’hygiène relativement bien contrôlés. Ensuite, elle ne peux s’appliquer facilement qu'à certains types de fromages (notamment ceux riches en sodium et pauvres en eau).

La seconde méthode peut se faire de différentes façons. En effet, on peux congeler, réfrigérer, mettre sous vide, voire appertiser (mettre en conserve) certains fromages. Cependant l’une des méthodes les plus simples demeure la cire, principe que l’on retrouve sur les fromages hollandais ou sur le fameux Babybel. L’intérêt de la cire est simple, on va bloquer totalement les échanges entre le fromage et le milieux extérieur ; il est donc en quelque sorte mis sous vide.

Cette méthode est relativement simple a mettre en œuvre (on fait fondre la cire et on y plonge le fromage avant de le laisser figer. De plus, on peut "cirer" de petites portions de fromage que l’on pourra consommer plus facilement.

Cette technique fonctionne avec tous les fromage à pâte pressée et cuite : Abondance, Beaufort, Comté, Emmental, Gruyère, Parmesan…

Le plus réaliste est d’opter pour un mélange de ces deux types de conservation :
- De petits fromages que l’on pourra laisser vieillir - car une fois entamé un fromage ne pourra plus être conservé au même endroit (une fois la croûte entamée on a un plus fort risque d’infestation par des agents pathogènes). On le déplacera du stock vers la cuisine, par exemple, en choisissant une zone fraîche et sèche et en le protégeant dans un filet ou derrière un grillage de type garde-manger.
- Un ou deux gros morceaux de fromage à pâte pressée cuite, que l’on reconditionnera en petits morceaux.

Les fromages serviront avant tout à compléter les besoins en produits laitiers et notamment en calcium. Les fromages à pâtes pressées et cuites sont très riches en calcium et pourront donc être rationnés. De ce fait, il est difficile de donner un stock précis. On se contentera d’avoir 1/3 de fromage à laisser vieillir (des crottins de chèvre sont une bonne idée, facile a trouver a conserver et à fractionner - un stock de 15 à 20 semble être un bon objectif) et 2/3 de fromage à conserver dans de la cire (acheter une grosse quantité et la fractionner soi-même semble plus économique - un stock de 15 kilos est raisonnable).


Les corps gras

C’est l’un des stock qui est le plus simple à constituer. En effet, les corps gras se conservent facilement (bien que si exposés trop longtemps à l’air libre ils peuvent rancir). Un tel stock sera à la fois un stock d’aliment, d’agent de conservation (huile, beurre, et graisse animale permettent de conserver d’autres aliments), et aussi de réserves de matières premières (fabrication de savon, graissage des mécanismes, entretiens des cuirs, combustibles…).

Ma grand-mère faisait son savon elle-même avec des pastilles de soude et de l’huile d’olive. Je sais qu’elle avait aussi du beurre et du saindoux en conserve qu’elle utilisait pour la cuisson. Pour les fritures, elle utilisait uniquement la sacro-sainte Végétaline (qui, après avoir été utilisée plusieurs fois servait pour les coutures des chaussures) ; l’huile d’olive et de tournesol servaient aussi pour agrémenter les légumes et faire des conserves.


Corps gras principalement utiles pour l’alimentation

Ce doit être votre stock principal, celui à haute valeur nutritionnelle. On y retrouve les huiles riches en acides gras insaturés (oméga 3 et 6 notamment) qui permettront de limiter les carences et de ne pas finir avec les artères complètements bouchées.

On y retrouve les huiles de première pression à froid, avec une préférence pour l’huile de noix, de noisette, de soja, de colza (attention de première pression à froid) et de chanvre. Ces huiles sont de très bonne source d’oméga 3, qui sont beaucoup moins présents dans l’alimentation que les oméga 6 et de surcroît beaucoup plus fragiles (facilement altérés par des température de cuisson même basse).

Il faut conserver ces huiles dans des contenant en verre tinté ou opaque. Elles ont tendance à rancir une fois exposées à l’oxygène ; il est donc préférable d’avoir plusieurs petits contenants hermétiques qu’un seul. Un stock de 10 litres (en panachant son choix en fonction de ses préférences) permettra d’avoir largement plus de 10g d’huile riche en oméga 3 par jour.

→ L’idée est de consommer cette portion crue en l’ajoutant dans une préparation déjà cuite ou consommée froide afin de préserver l’apport en oméga 3.

→ Une autre très bonne source d’oméga 3 sont les fruit oléagineux, notamment les noix et les noisettes. Elles sont faciles à glaner dans les bois ou à se procurer chez de petits producteurs. Il est préférable de ne pas les décortiquer et de les conserver dans un endroit frais et sec. Sous cette forme, elles se conserveront toute une année. Un stock de 5 kilos (de noix et de noisettes avec les coquilles) sera une bonne source supplémentaire d’omega 3 (à noter que les graines de courges ont les mêmes intérêts nutritionnels et doivent donc êtres récupérées lors de la consommation des courges et autres citrouilles).

L’huile d’olive a été portée au rang d’indispensable, cependant elle peux être remplacé par d’autres huiles moins nobles. Son effet sur la santé est moindre car c’est une huile riche en oméga 6 et pauvre en oméga 3 (sur le plan de la santé, elle a surtout permis la diminution de la consommation de graisse saturée comme la Végétaline, le beurre et le saindoux, en remplaçant ces dernier dans les poêles et casseroles). Elle a principalement un intérêt gastronomique, étant la clef de voûte d'une bonne partie de la gastronomie mondiale (et donc des habitudes alimentaires). Comme les huiles citées précédemment il est préférable de la choisir première pression à froid et de la conserver dans un récipient en verre opaque. Un stock de 2 à 3 litres est largement suffisant et n’est pas indispensable (à noter que l’huile de pépin de raisin à peu ou prou le même intérêt en terme d’apports nutritionnels).

Le beurre clarifié ou - ghee - est facile à faire soi-même et  peut se conserver plus d’un an une fois mis en bocal hermétique. Il s’utilisera comme du beurre frais ; on pourra le consommer tel que ou pour cuire d’autres aliments. Il conserve sa vitamine D ainsi qu'un peu de vitamine E et A, mais il sera surtout un apport calorique supplémentaire (toujours utile en cas de rupture de normalité) ainsi qu’un petit plaisir gastronomique au goût de noisette toujours bon pour le moral.

Un stock de 5 kilos (poids ne comprenant pas la masse des bocaux) est suffisent pour une année, il faut avant tout le considérer comme un luxe et un plaisir que comme un réel besoin.

→ si vous ne voulez pas fabriquer votre beurre clarifié, pensez à la patte d’arachide (qui est un beurre de cacahuète nature) la marque Dakatine est un des ingrédient de base de la cuisine sur le continent africain. C’est un produit de longue conservation qui apporte beaucoup de lipides et aussi pas mal de protéines. Vous pouvez remplacer partiellement ou totalement votre stock de beurre clarifié par de la pâte d’arachide.


Corps gras utiles pour l’alimentation et le reste

On retrouve ici les huiles n’étant pas de première extraction à froid et/ou étant pauvre en acides gras insaturés ou en vitamines, c'est-à-dire les huiles de fort rendement comme l’huile de tournesol, d’arachide, de maïs, de colza raffinée. Ce sont principalement des huile raffinées à faible teneur en omega 3 ; elles sont stables et peu influencées par la lumière ou la température. On peut donc les conserver en simple bouteille ou bidons plastique transparents.

Elles sont peu onéreuses et peuvent être consommées, bien que leur valeur nutritionnelles et leurs qualités gustatives soient faibles. Elles sont cependant utilisables pour les cuissons de type fritures et peuvent êtres filtrées et réutilisées plusieurs fois (selon la température, la durée d’exposition à la température, et le nombre d’utilisations - ces détails se trouvent sur les emballage ou auprès des fabricants).

Elles pourront aussi servir comme agent lubrifiant (mais à éviter en cas de températures inférieures à 0° C car il y à possibilité que l’huile se fige) ; Elles remplaceront l’huile des lampes à huile (même si elles n’auront pas une odeur des plus agréables) et pourront servir de substitut partiel ou total dans les moteurs diesel.

Considérez-les plus comme des agents techniques à tout faire que comme de réels aliments. Choisissez un format économique (type bidon plastique de 5 litres), et gardez le comme solution de secours.

La Végétaline aura le même statut, son intérêt étant avant tout sa très longue conservation. Elle pourra servir comme bain de fritures ; certains même l’utilisent en remplacement du beurre dans la confection de pâtes ou de gâteaux (pratique qui n’est recommandable ni sur le plan nutritionnel ni sur le plan gustatif). Elle est une bonne base pour fabriquer des savons neutres (avec de la soude), qui pourront aussi êtres utilisés comme lessive y compris à de fortes températures. Elle peut aussi servir de graisse pour les rouages ou pour les coutures de chaussure en cuir, et de façon générale pour tout ce qui nécessiterait l’utilisation d’une graisse épaisse. Un pain de Végétaline est largement suffisant pour un an (voire pour toute une vie). Encore une fois, il s'agit plus d'une réserve "au cas où" que d'une réelle nécessité.


Les autres stocks

Sont regroupés ici les autres produits qui seront indispensables pour vous assurer un bon stock alimentaire. Nous entrons ici plus dans le "luxe" que dans l’indispensable, mais ces stock demeurent utiles.


Les 5 indispensables

Farine, sel, sucre, vinaigre, alcool.

Ces 5 ingrédients sont indispensables car ils permettent à la fois de cuisiner, conserver, améliorer, ou simplement rendre consommables bon nombre d’aliments.

- La farine permet certes de faire du pain, des crêpes, mais aussi des poissons meuniers (utile pour les poissons fades) ou encore de la colle de farine. On pourra transformer les bouillons en soupe et les jus de cuisson en sauce. Etant donné l’utilisation que l’on va en faire, il est préférable de choisir une farine extrêmement blutée (c'est-à-dire pauvre en son donc en fibres). Une farine T55 ou T45 est un bon choix.

- Le sel est le plus ancien conservateur et agent de sapidité. Il rend mangeable les plats fades ou même franchement mauvais. Il permet de conserver la viande, le poisson, et de favoriser la déshydratation de tous les aliments. En saturant l’eau avec du sel on obtient la fameuse saumure indispensable à la conservation de nombreux aliments (poisson, olives, cornichons…). Ce même mélange d’eau et de sel peut être utilisé pour nettoyer les plaies peu profondes et de façon générale pour nettoyer l’extérieur du corps des agents pathogènes.

- Le sucre aura quasiment les même utilités que le sel. Il permet la conservation des fruit la fabrication de sirops de confiture, l’amélioration de la saveur des plats, et peut aussi être utilisé pour le traitement de certaines plaies (le pansement au sucre est utilisé par roulement de 24 h pour drainer les plaies suppurantes, il permet aussi de former une barrière antiseptique pour les plaies profondes). Le caramel au-delà de son intérêt gastronomique peut aussi servir de colle. Enfin, c’est le substrat énergétique préféré par les levures ; il permettra donc d’accélérer et d’améliorer les fermentations (panification, fermentation alcoolique…).

- Le vinaigre blanc à 8 % ou 10 % sera lui aussi utile pour la conservation des aliments, mais aussi pour les rendre comestibles (la marinade de vinaigre permet d’attendrir la viande et de détruire les agents pathogènes, à l’exception des vers) et bien sûr de les agrémenter avec une vinaigrette ou autre (exemple du bortch une soupe de betterave pomme de terre et vinaigre). C’est un bon désinfectant pour les surfaces et les objets. Il n’est pas recommandé pour nettoyer les plaies mais peut servir à désinfecter les mains par exemple. On peut aussi le boire rallongé d’eau, c’est ce que buvaient notamment les légionnaires romains en Afrique. Cette boisson semblait avoir un effet désaltérant (on retrouve cette utilisation désaltérante du vinaigre dans l’épisode biblique de l’éponge trempée dans le vinaigre et tendue au Christ - acte qui a parfois été compris comme une forme de torture alors que l’effet recherché était totalement inverse).

- L’alcool a lui aussi de nombreuses applications. On parle ici d’alcool blanc avec peu ou pas de saveur et avec un titrage alcoolique compris entre 40° et 50°, c'est-à-dire de l’alcool pour fruit ou du rhum agricole (ce sont les produits les moins chers dans cette catégorie). On peut utiliser cet alcool pour désinfecter les surfaces ou les plaies, comme conservateur notamment pour les fruit (de la même façon que le vinaigre en marinade), mais aussi pour la confection de teintures de plantes. Pour les plus aventureux, il peut servir de combustible mais pas de carburant (il faut au minimum 70 % d’éthanol pour réussir à faire tourner un petit moteur essence). Il est aussi possible d’utiliser l’éthanol présent pour fabriquer du biodiesel en le mélangeant avec une base (comme de la soude) et une huile végétale (recettes et explications sur Internet). Enfin, il aura une forte valeur en termes de troc, ce qui est toujours en bonne chose en cas de rupture de la normalité.

Pour les quantités à stocker, c’est simple. 5 kilos de farine, 5 kilos de sucre, 5 kilos de sel, 5 litres de vinaigre, et 5 litres d’alcool. Ce sont des stock minimum, libre à vous d’en avoir plus, mais pour une année on aura déjà de quoi largement améliorer son quotidien et préserver sa santé.


Les épices

Pas vitales mais absolument indispensables pour agrémenter, rehausser, et surtout rendre mangeable tout ce que vous pourrez préparer. Pour ce stock, il ne peut y avoir de recommandations absolues ; chacun fera en fonction de ses habitude. Si ma grand-mère ne jurait que par le paprika, le poivre noir,  et le laurier, je préfère personnellement la cannelle, le gingembre, et le curcuma.

Faites un stock des épices que vous appréciez car il est possible que vous ne puissiez plus en trouver avant un long moment. Dans l’absolu, préférez les épices entières plutôt que moulues, elles se conservent mieux (poivre en grains, baies rouges, cannelle en bâton, anis en étoile, muscade en noix, gingembre et curcuma sous forme de racines, ou piment en guirlande) et ne prennent souvent que peu de place (gardez-les dans un récipient fermé ou un bocal pour en conserver la saveur). Il n’est pas intéressant de stocker des herbes séchées surtout si elle peuvent pousser à l'endroit où vous vivez. Vous pouvez même cultiver le persil ou la ciboulette comme plante d’intérieur (consommés crus, ils seront de plus une bonne source de vitamine C).


Conclusion

Ce stock est conséquent et s’adapte mieux a une maison avec sous sol ou dépendance qu’a un petit appartement. Cependant, il a pour but de permettre de tenir pendant 1 an sans apport extérieur (culture, élevage, troc, contrebande, vol…). Il s’adapte donc particulièrement bien aux lieux excentrés ou reculés (qui offre de toute façon la possibilité soit de cultiver, ou élever de petites quantités de nourriture, soit de glaner et de braconner), mais peut paraître trop important en ville ou en métropole où les habitations offrent souvent moins de surface de stockage (mais où se fournir en nourriture est souvent plus complexe, les zone de production étant plus éloignées).

Comme dit en préambule, ce stock s’inspire du cas particulier de ma grand-mère en essayant de le mettre à jour avec les produits que l’on trouve actuellement. Sont but premier est d’offrir une base d’alimentation permettant d’empêcher les carences alimentaires les plus courantes. Cette idée de stock peut être bien sûr modelée en fonction d’autres paramètres (durée plus longue, alimentation végétarienne, milieu de vie avec des condition météo plus compliquées…). C’est une petite pierre à l’ouvrage et j’espère que faute de servir au lecteur elle permettra de lancer des réflexions et des discutions fructueuses sur ce sujet...

31 commentaires:

  1. Bonjour à toutes et tous, bonjour Pierre et un grand merci à vous Yvan. Cet article est magistral ! précis, détaillé et concret. Comme vous le dite cela concerne plus, les gens ayant la chance d'être en maison individuelle avec jardin ou petit terrain ( le cochon familial ne peu pas vivre bien longtemps dans une cave et l'obscurité). Comme vous Ivan, je suis d'origine Polonaise et je retrouve dans certains de vos propos ce que ma mère m'a souvent raconter, notamment les lessiveuses de bocaux, le cochon tué une fois par an..etc. A savoir que des rues, des quartiers entiers dans les corons du Nord ( pour moi, Escaudain et Denain) étaient composer exclusivement de familles Polonaises, ce qui sous-entend que tout le monde se connaissait. Donc pratiquement jamais de vols,et systématiquement de façon naturelle des échanges et de l'entraide. D'où l'importance en période "d'avant chaos" de lier de solides relations avec les voisins proches. Merci à vous ! "dziekuje bardzo" ( je ne trouve pas la cédille pour mettre sous les e !) Amitiés Didier.

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    1. Bonjour Didier, je ne peux que me joindre à vous dans cette image du groupe de voisin résilient, ma grand mère habitait bien au sud des corons, cependant la majorité de ses voisin étaient tous ouvrier agricole, de fait le groupe vivait au même rythme, les voisine surveillaient les enfant les unes des autres. Comme vous le dites si bien c'est un des point important avant rupture de normalité que d'avoir un groupe de voisin qui permettent la résilience.MErci pour votre commentaire et je penserai a vous la prochaine fois que je ferai des pierogis
      Amicalement Ivan

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  2. Me permettez-vous de mettre mon ‘’grain de sel’’ ?
    Je suis alsacien et ma mère a fait exactement la même chose que ta grand-mère ! Et j’ai vécu cela moi-même juste après la guerre puisque je suis né le dernier des enfants en 1949. Nous étions 10 enfants donc mes frères et sœurs ont subit cette guerre terrible surtout en Alsace. Ce que ma mère a ajouté chaque année c’est notre fameuse …’’Choucroute’’. En effet nous avions 1 tonneau en bois et chaque automne je participais couper les choux que l’on tassait puissamment dans ce tonneaux et ma mère y ajoutait un mélange de sel et d’autres ingrédients au fur et a mesure des couches, puis on le fermait avec 3 grosses planches en bois en y mettant 3 gros galets du Rhin dessus . Et cette choucroute nous durait plus de 6 mois. La choucroute ‘’maison’’ on peut également la manger crue ! C’est excellent pour la santé.
    La 2ème astuce au début de l’automne c’était le ‘’Fumoir’’ une simple structure en bois de 1m sur 1m et de 2m de haut hermétiquement fermée ou on y suspendait 1 demi cochon coupé en morceaux et toutes sortes de saucisses de porc faite maison ; (d’où tes fameuses saucisses au goût de cheminée de ta grand-mère) car on y faisait fumer de la sciure de bois pendant plus d’une semaine ;(d’où le lard fumé qu’on trouve en boucherie encore de nos jours) Et nous avions donc de la viande et de la cochonnaille pas trop chère suspendue et conservée dans notre cave ensuite, car nous étions extrêmement pauvre après-guerre.
    Et je me suis juré que dans ma prochaine BAD, j’y ferai au moins 1 tonneau de choucroute et je construirai un fumoir tout pareil en plus de tout le reste que tu as mentionné. Merci pour tous ces précieux conseils.

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    1. Bonjour Berny
      Merci pour ce grain de sel, Je n'ai pas évoqué la choucroute (ni le choux d’ailleurs qui pourtant peux se conservé simplement suspendu) alors que comme vous le dite elle est excellente pour la santé. La manger cru est d’ailleurs une excellente idée car sous cette forme elle contient de la vitamine C (la choucroute a d’ailleurs permis le développement de la marine marchande hollandaise en permettant de palier aux cas de scorbut), C'est donc un stock idéale merci de nous y faire penser !
      Concernant la viande fumé je n'ai aucune connaissance dessus (hormis en termes de normes d'hygiènes) il serai intéressant de connaitre la recette de votre familles. Merci pour ces idées qui permettront je n'en doute pas de me permettre de nouvels réflexions.
      Amicalement Ivan

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  3. Merci pour cet article très intéressant qui me rappelle aussi des souvenirs de jeunesse. Si je peux me permettre, en y ajoutant l'excellent Larousse Ménager de l'époque, hyper utile pour la confection, conservation, stockage, et bien plus, que nos grands parents avaient dans les campagnes (achetable à 5 ou 10 euros d'occase max), et peut-être le Larousse médical et le Larousse agricole, on a déjà, je crois, une très bonne base à moindre frais, et qui a fait ses preuves, pour espérer retrouver l'autonomie d'antan. Mes parents et grands parents les consultaient encore dans les années 70. J'ai acheté ces 3 pavés pour 20 euros le tout en vide-grenier de village, paradis pour nous autres. Comme je ne suis pas un expert je laisse le soin à d'autres de valider ou invalider ma proposition, mais avec des arguments s'il vous plait. Certes, certains articles sont datés, mais il y a des fondamentaux qui ne changent pas je crois. Et une version papier même datée, mais validée par bien des générations, c'est mieux qu'une clef USB avec des renseignements dernier cri, (hum, expression maladroite?) ou au moins un complément indispensable. Vu le poids et le volume conséquent de ces énormes livres, ils sont intransportables en bob, et il me semble nécessaire d'en avoir un exemplaire au domicile et un en Bad. Voire d'offrir un exemplaire du Larousse Ménager aux amis (vu le prix...) ce qui, sous le couvert d'un cadeau rétro pour la "lutte" contre la malbouffe qui empoisonne, ou d'un retour bobo fascinant aux sources, pourrait les amener peut-être insidieusement à tenter de confectionner même en appartement leurs propres conserves à l'ancienne, leurs saucissons sans produits toxiques, puis si une réflexion se fait au hasard d'une page, pourrait les emmener sur la pente savonneuse et fascinante de l'envie de résilience et plus, qui sait? Car parler d'amblée de ce blog ou offrir un livre de Pedro SanGiorgio ou autres bloque les gens encore naifs qui suivent les infos à la télé ou sur les réseaux sociaux. Plus ces livres clefs de nos campagnes resteront en circulation au lieu de finir à la déchetterie, mieux c'est pour tout le monde? Ou peut-on se dire: Si je suis le seul à les avoir en cette fin des temps qui n'en finit pas, j'aurai du pouvoir? Oui je sais, ce commentaire n'est peut-être pas dans la bonne rubrique. Désolé.
    De Lorraine

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    1. Bonjour, je ne peux qu'abonder dans votre sens, a savoir que la possession de certains ouvrage ancien et rustiquent peuvent en effet être une force pour la résilience. Cependant je métrait quelques bémols, sur le plan médicale et de l'hygiène, notamment à partir des année 1970/80 avec l'apparition des normes HACH(ce sont des normes d'hygiène pour la production alimentaire) qui sont bien trop strictes pour une structure individuel.Concernant l'agriculture on peux aussi se pauser la question des méthodes de production , en cas de rupture de normalité il deviendrais quasiment impossible de se fournir facilemetn en agent chimiques (fetilisant, herbicide, insecticides...) ors à partir des années 50 l'agriculture française c'est uniquemetn orienté vers ce modèle de production (voir de productivisme, dans ce domaine bien particulier il est peut-être plus intéressant de se tourner vers les mode de production "alternatif" comme la permaculture ou l’agroécologie (attention cependant ces milieux regorgent de "prophète" autoproclamés) ou de se tourner vers des ouvrage plus ancien trouvé en seconde mains ou ici (https://drive.google.com/drive/folders/1RhZRE9cg5Ks6vNSee_ZstrkwdWAsy9Cd) ces livres n'ont pas été mis en ligne par moi, mais par le gèrent d'une chaine youtube spécialisé dans la permaculture
      En vous remerciant pour vos idée de lecture
      Amicalement
      Ivan

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    2. Merci beaucoup Ivan pour ces précisions bien utiles auxquelles je n'avais pas pensé. Y'a pas à dire, un groupe est plus fort et a plus d'idées qu'un individu. Et merci pour le lien. Mon Nouveau Larousse ménager date de 1955, mon Nouveau Larousse médical date de 1952, ce qui est peut-être un peu daté (ou pas si l'on envisage une pénurie de médicaments modernes) et mon Nouveau Larousse agricole date de 1952, ce qui est peut-être un peu récent. Je pense chercher ces livres dans une version antérieure pour voir. A 5 ou 10 euros du bout, pour bien plus de 1100 pages d'informations, ça va. J'ai déjà quelques livres sur la permaculture, donc pas de problème de ce côté. Evidemment j'ai plein de trucs modernes dans tous les domaines possibles sur clef USB. Euh, (30 gigas sans vidéos… j'ai exagéré je crois). Mais 10 bons livres valent bien mieux probablement. Et des formations réelles, si on en a le temps sont encore bien supérieures, je sais.
      Au plaisir de lire tes prochaines idées, quels que soient les sujets.
      Amicalement
      De Lorraine

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  4. Merci pour cet article.
    Je suis jeune et sort à peine des études, avec ma compagne nous travaillons deja sur notre futur système de production jardinier (basse cour, rotation culturale du potager, plantes médicinales ...) . Ce qui me manquait c'était un bon fil directeur pour le stockage d'aliment. En partant des besoins métaboliques, c'est tres clair.
    Pour ma part je stockerai des dizaines de kilos de sucre et de sel (surtout le sel) . En cas de rupture de normalité, à moins d'habiter pres de la mer, le sel manquera tres vite. Il pourra servir de monnaie d'échange.

    Bonne continuation
    PC

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    1. Bonjour PC
      Le sucre et le sel sont en effet des denrée a forte valeur ajouté, de par leur multiples utilités. La production de sucre est "possible" avec de la betterave sucrière (bien que très fastidieux et peu rentable pour un petit groupe), les sources plus simple en cas de rupture de normalités reste (a mon avis) le miel (l'apiculture peux se faire dans un petit jardin) les fruits riches en sucre (certains cultivars de raisin ou de cerise) et la sève d'arbre (notamment boulot bouleau, le saule et bien-sure l'érable. Pour le sel c'est plus compliqué d'autant qu'il est indispensable dans de nombreux modes de conservation, j'ai entendu parler de personne qui allais faire des provision d'eau de mer en bouteille pour ensuite en récupérer le sel ou l’utiliser directement comme saumure pendant les périodes de restriction mais je n'ai pas d'information supplémentaire sur cette façon de faire
      Merci pour les idées que vous développez
      amicalement
      Ivan

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  5. Bonjour à toutes et tous, bonjour berny. Permettez moi une remarque sur votre message, sous forme de question. Je travail depuis quelque temps sur la construction d'un petit fumoir familial, il sera transportable et démontable. Mais dans le contexte qui nous préoccupe tous " avant-chaos/ chaos", j'ai un doute: comment avoir en permanence la sciure en quantité suffisante ? quand la filière bois sera HS , le fumage dégagera obligatoirement de succulentes odeurs à des kilomètres à la ronde !!!! ( vous connaissez probablement les fumoirs "tuyés" du Haut-Doubs et la superbe saucisse de Morteau), les "canailles affamées" ne seront pas longues à rappliquer!!!! Y a t'il une solution à cela ? Amitiés, Didier.

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    1. Bonsoir très bon article en vérité.Attention Didier il existe 2 types de fumage à froid ou à chaud;le fumage à froid sent la fumée....et c'est tout.En cas de crise grave,la filière"bois"va redémarrer rassure-toi;
      Je rajouterais mon grain de sel pour les indispensables:Le bicarbonate de sodium;surtout si vous souhaitez faire une grande consommation de légumes secs.C'est presque un produit miracle de.."grand-mère",tant il y a d'applications possibles.
      Bien à vous
      YK

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    2. Bonjour à vous, J'abonde dans le même sens. Le bicarbonate est à stocker en très grande quantité. Ses usages sont multiples. Il existe des livres vraiment intéressant sur le sujet. Il se conserve à l'infini pratiquement et malheureusement, j'ai regardé le procédé de fabrication et il vaut franchement mieux en avoir en stock que de tenter de la fabriquer après. Isabelle

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  6. Bonjour à vous, Pierre.
    J'aurais besoin de vos sages conseils.
    Voyez-vous, la question de la survie et du "comment s'en sortir", et du "comment sauver ma famille en cas de pépins" me turlupine depuis un certain temps.
    Malheureusement, je suis lycéen, j'ai 16 ans, je suis interne dans mon lycée et je n'ai pour tout moyen financier qu'un peu d'argent de poche.
    Je vis dans un grande maison à la campagne, mais malheureusement, mes parents, ainsi que mes trois frères et soeurs ne sont pas du tout préparés à des éventualités graves, sans compter qu'ils ne disposent que d'un budget très limité, mon beau-père étant ouvrier, en plus d'un certain désintêret (ou inconscience) des questions survivalistes.
    Que puis-je faire alors ? Même si je ne peux faire que peu de choses, je ne veux pas avoir la mauvaise impression de n'avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir.
    Merci d'avance.

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    1. Vaste question... Peut-être de commencer par lire les articles du blog ?

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    2. Tu peux toujours acquérir des compétences, à 16 ans ça se fait très bien, et comme le dit Pierre tu trouveras ici beaucoup de pistes.

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    3. Je vois, je vais donc continuer à vous lire, et à me renseigner.
      Merci de votre réponse.

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    4. @Lumber Jack

      Merci de ta réponse

      Je pense que commencer à cultiver des légumes peut-être une bonne idée, et pourquoi pas cultiver le tabac de mon beau-père ?
      (je pense que juste demander d'arroser les plants la semaines sera pas trop compliqué pour ma famille, donc, pourquoi pas ?)
      Mais pour le sport, j'aurais bien besoin de conseils, j'ai fais du handball quelques années, et je déteste cela (comme tout les sports collectifs par ailleurs)
      Que me conseilles-tu de pratiquer ?

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    5. Je déteste les sports collectifs moi aussi.
      Je n'ai réussi à aimer que les sports de combat!
      Parmi les plus efficaces, il y a le krav maga (très à la mode) ou le systema (russe et beaucoup moins connu) plus quelques autres (arnis etc...).

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    6. D'accord, je vois.
      Il faut que je me renseigne, mais pourquoi pas ?
      Ma plus grosse crainte est de me retrouver dans un club de sport de combat avec des jeune de "quartiers sensibles", comme c'est souvent le cas dans la boxe.
      Mes craintes sont-elles la réalité ?

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    7. @ Anthelme

      Le tabac fait des jolies fleurs. Graines chez Kokopelli.

      Fais des pompes, des tractions, des flexions(bcp), du squat, cours, marche, nage, fends du bois, grimpes les escaliers en courant … fais avec ce que tu as sous la main:
      Ton sac de cours est lourd? chouette, des squats.
      Tu fais ton lit? accroupis-toi pour le faire. Quoi, tu le fais pas! Tu rates une occase de plus. "Comme on fait son lit on se couche"
      … etc

      Si tu veux pratiquer en salle je pense que la boxe ou le full contact devrait aidé pour leurs effets physiques et mentaux bénéfiques: en prendre et en donner ça fait aussi beaucoup de bien.


      Ah! et puis autre chose encore: trouves-toi du boulot, n'importe lequel même sans gagner de pognon ou peu ( sans parler d'un pognon de dingue!), pour apprendre quelque chose de pratique et d'utile.

      Si je ne t'ai pas découragé t'es presque arrivé.

      Lumberjack

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    8. Soyons clair, Anthelme, que tu sois ou non avec des jeunes de "quartiers sensibles" ne changera probablement pas grand chose. Que tu choisisses l'un des sports que j'ai suggérés ou l'un de ceux mentionnés par Lumberjack, tu prendras des coups et c'est une bonne chose car c'est important d'apprendre à encaisser. Mais en dehors des combats j'ai toujours connu une bonne ambiance de camaraderie.
      Et tu seras servi côté pompes, flexions, abdos etc...

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    9. Loin de me décourager, tu m'as donné des pistes.
      Pour le travail, en étant interne, j'ai du mal à envisager quoi faire.
      Mais, pour la question de l'entrainement physique, je pense que vous avez raison.
      Pour les sports de combat, étant dans une petite ville, ça peut être compliqué, mais commencer la natation, je pense que ça pourrait être un début, et comme je dis, j'ai un peu peur de me retrouver au milieu de "chances pour la France", et, étant de nature peu confiante, je ne sais pas si je m'y sentirais à l'aise.
      Pour les plants, je regarderais, merci.

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    10. @ Anthelme,

      Et bien voilà, fais donc face à ta première peur.
      Tu ne t'y sentiras pas à l'aise? Autant apprendre ça maintenant.

      Pour le boulot, propose aux gens de tondre, de retourner leur carré de potager …, ça va être la saison.
      Dis leur que c'est pour t'entretenir et ne pas rester scotché devant la télé, l'ordi, la tablette, le téléphone … au choix.
      Dis qu'en acceptant, c'est eux qui te rendent service, c'est un échange. Tu peux avoir de bonnes surprises.

      Qu'ils donnent ce qu'il veulent ou rien n'a pas d'importance. Ce qui a de l'importance c'est comment TU vas Te grandir maintenant.
      La suite c'est plus tard.

      LJ

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    11. Bonjour Anthelme
      Si tu pratiques la boxe, tu ne seras pas du tout obligatoirement avec des jeunes de quartiers sensibles. J'habite près d'une ville de50.000 habitants, et j'ai commencé la boxe américaine à l'âge de presque 40 ans. C'était à la maison de la culture (on pouvait aussi trouver du karaté, etc). Il y avait très peu de jeunes "sensibles". Un soir par semaine, il y avait un cours dans un salle plus proche d'un "quartier". J'y suis aussi allée, et aucun problème. Je suis allée jusqu'à la ceinture noire, et j'ai pu enseigner aux jeunes et aux adolescents (oui, là, il y avait des jeunes un peu "vindicatif", voulant cogner même à l'entrainement. Cela m'a valu quelques coups, mais rien de grave. (et le prof était là).
      Je rajoute, que dans de plus en plus de petites villes, (genre 8000 habitants pour ma part), tu trouves des structures de sport de combat, de tir sportif, etc, dans une bonne ambiance.

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  7. @ Anthelme

    Fais du sport, affûtes-toi.

    Commences à cultiver des légumes. Graines bio de carottes et de poireaux et plantes quelques pieds de pomme de terre et autres qui intéresseront ton entourage: " vous voulez de bonnes tomates bio cet été?"

    Observes comment ça se passe même si, ou bien que, tu sois absent la semaine.
    Tu apprendras, ce qui marche bien ou moins bien.
    Tu découvriras quels outils sont nécessaires.

    Fais toi confiance.

    Lumber Jack

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  8. Bonsoir,deux petites remarques :Ivan Tu n'abordes pas le sujet de la congélation c'est un choix?
    Tu ne parles pas des oeufs non-plus,qui pourtant peuvent se conserver dans de la chaux.
    Bien à vous
    YK

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    1. Bonjour YK

      Concernant le congélateur c'est par choix, et pour coller aux habitudes de ma grand mère qui n'a quasiment pas utilisé de congélateur, cependant c'est un bon moyen de stockage (si on a la possibilité de l'alimenter en énergie)notamment pour la viande de gibier, la congélation détruisant les œufs des parasites.
      Pour les oeufs je n'en n'ai pas parlé car je n'en n'ai jamais stocké, cependant je sais qu'il existe de nombreuses méthodes, qui ont toute en commun de rentre la coquille imperméable et d’empêcher de faite les échange avec l’oxygène de l'aire.Il y a différente méthode, on peux les enfouir dans de la chaux comme tu l'indique ou dans de la cendre (mais dans ces deux cas on aura une modification de la saveur de l'oeuf) on peux aussi utiliser du sel, les couvrir de paraffine et les emballer dans du papier journal ou encore les plonger d'ans un conteneur remplis d'huile a saveur neutre, il existe aussi des recettes d'oeuf dure en conserve. Dans la cuisine industriel on utilise aussi des ovo-produits en bouteille ou en poudre qui peuvent se conserver 6 mois à 1 ans a température ambiante.
      Cependant la production directe (avec des poules ou des cailles) restent une alternative viable même sur un balcon.
      Je te remercie d’avoir développé ces détailles et espère avoir répondu a tes questions
      Amicalement
      Ivan

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    2. Merci d'avoir répondu Ivan;concernant la congélation,je trouve que c'est un bon moyen de conserver à peu près tout.Je favorise actuellement les légumes de types haricots blancs,petits pois,par contre les haricots verts du jardin c'est la cata,idem pour les asperges;le résultat est acceptable pour les champignons type cèpes.
      Les haricots verts achetés surgelés sont meilleurs que les miens,comme les girolles d'ailleurs.
      J'habite en zone rurale très reculée.J'achète mon pain une fois par semaine et je le congèle sous forme de demi-baguettes,12minutes à 120 degré et j'ai du bon pain tous les jours.Le congélo peut rester 48heures sans courant si on ne l'ouvre pas c'est jamais arrivé même quand nous n'avons plus eu de courant pendant trois semaines.Le groupe est là pour ça .Si l'on n'a pas affaire à une rupture brutale ne normalité,mais à un lent glissement incluant des coupures de courant et une hyper inflation ça va le faire.Cela dit c'est un complément.
      Quand on dit à peu près tout cela englobe les fromages,poissons,plats cuisinés maison ex tomates farcies,châtaignes,volaille découpées parfois précuites,filets de poisson maison,soupes de poisson maison,bouillons divers,coquilles st jacques entières.
      Aujourd'hui je ne mange plus de viande.....mais j'en ai eu congelée.
      Je suis pas certain d'apprendre grand chose aux autres...mais je serais à temps de taper dans mes conserves quand il sera vide.
      Si je peux me permettre tu ne parles pas de fruits secs de type noix ou figues,ni olives(c'est vrai que c'est plutôt méditerranéen);Tu ne parles pas de chocolat non plus ni de biscuits.il me semble que ces aliments ont une bonne durée de conservation et de bonnes qualité pour la nutrition;il est vrai que quand on ne consomme pas de viande la perspective de se trouver en tête à tête avec une boite de singe;
      Le vin est également un très bon produit qui se conserve très bien,sauf problèmes d'évaporation au niveau du goulot.
      En fait je suis globalement d'accord avec toi mais je pense que les "rations"peuvent être recalculée en tenant compte du fait de boire un verre de vin,utiliser des noix ou noisettes comme coupe faim et manger des fruits secs figues dates abricots secs pruneaux afin de rendre l'ensemble moins austère.
      Qu'en penses-tu?
      Le chocolat et les boites de sardines(comme les allumettes)étaient les principales choses qu'un membre de ma famille ramenait d'Espagne pendant la guerre afin de servir de monnaie d'échange,quand il faisait "passer"quelqu'un de l'autre côté de la frontière,on peut donc augmenter les quantités stockées de ces produits.
      Merci encore Ivan.
      Bien à vous
      PS pour la congélation on peut la faire remonter à la préhistoire;vous pouvez trouver des indications sur ces savoir faire dans les romans de Jean M AUEL :Les enfants de la terre.
      YK

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    3. Bonsoir YK et merci pour le développement de ta pensé, tu a en effet l'aire de parfaitement maitriser l'utilisation du congélateur, concernant les champignons ils se sèches très bien et sont sous cette forme trés pratiques pour agrémenter les fond de sauce et les bouillons
      Pour la conservation au congélateur choisie surtout des contenant qui ne contamine pas les aliments, utilise des bouteilles en verre pour la soupe essaye le pirex pour les autres aliments pour les plastique je sais que le plus stable reste le HEPD
      Concernant les oléagineux (on parle bien des graines qui font de l'huile) elle était glanées dans les bois il y avais les noix les noisette et aussi les fênes (les fruits du hêtre). Pour les fruits séchés comme les raisin et les figue ou les abricot c'était avant tout des ingrédient pour les dessert de Noël ou certaines brioches (enfin je te donne les information transmit oralement)
      le vin est en effet un très bon aliment de longue conservation qui peux servir à "aseptiser l'eau" comme agent technique en cuisine comme boisson et si il est mauvais on peux en faire du bon vinaigre, ont peux aussi y faire macérer des fruit ou des plantes, pour en adoucir le gout ou lui donner des "vertus" (vermifuges, apéritif, astringent...)
      ce sont des supplément a ajouter a la ration, en ne dépassant pas 200mL de vin à 12° par jour et 30g d'oléagineux on a un bon équilibre entre apports nutritionnel et plaisir
      Pour le chocolat je sais que mes oncle en quémandais au soldat du camp américain mais je n'ai pas souvenance que ma grand mère en ai stocké, cependant vous avez raison le chocolat (à condition qu'il ne contienne pas de lait) se conserve facilement un an dans des condition fraiche et sans humidité le chocolat peux même vieillir et son gout s’affiner (on peux cependant le congeler ou encore le mettre sous vide) , le cacao en poudre (type van houten) peux lui se conserver plusieurs années si il n'est pas exposé à l'humidité
      Merci pour vos conseil de lecture je m'y intéresserai avec plaisir, il est vrais que la congélation était utilisé de longue date par le stockage de la glace dans des cave ou de troues profond ou encore dans le permafrosts. Je sais que dans certaine région d’Allemagne on récolte la glace en hivert en arrosant de grand protique en bis situé au dessus de cheminé donnant sur des cave profonde et que la glace se garde ainsi toute l'année en amenant la cave a une température légèrement en dessous de zéro , de même au 18 et 19ème siècle on récoltait et stockais la glace en cave pour l'année, ces technique pourai s'utiliser en récoltant la glace de l’hiver et en la plaçant dans un congélateur qui même si il ne fonctionne pas est encore une glacière très efficace.
      Au plaisir d'échanger encore nos idées
      Cordialement
      Ivan

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    4. Bonjour Ivan et merci encore pour ton retour;l'histoire a en effet le pouvoir de nous replonger dans des modes de vie quotidienne auxquels nous ne sommes plus habitués!
      Il reste toujours un détail que notre imagination a écarté et qui peut nous mettre en péril.
      Le mode de vie d'un survivaliste dans la verte n'est pas très éloigné de celui de Néandertal,mais nous n'avons ni sa stature physique,ni son entrainement,ni son instinct.
      Quelle technologie sommes nous capables de reproduire?
      En répondant à cette question nous seront en capacité de choisir le mode de production et le mode de conservation de notre nourriture.
      Nos parents,grand-parents avaient connus la guerre et les privations,mais pas un effondrement.
      J'ai déjà parlé de cette tempête sorte de répétition générale qui m'a permis de me rendre compte de bon nombre de carences de ma préparation et de l'effet que ça fait de ne pas pouvoir sortir de chez soi.
      La différence avec une rando ou du camping:le stress;et tous les trucs qui ne marchent plus en rajoutent.Il ne faut pas sous-estimer le traumatisme causé lors de l'évènement initial;On ne sait pas ce qui se passe et on n'a pas choisi d'être dans cette situation.
      J'ai couru toute les journées :l'eau,le bois,le feu,le groupe,etc
      La nourriture doit donc être adaptée à cette période:un verre de vin ,de porto,voire une infusion le soir au coin du feu c'est très important.
      Un café ou un thé le matin quand tu n'as plus de chauffage,c'est primordial.
      La préparation des repas est une galère(pas de frigo,pas d'eau courante..).La grillade dans la cheminée est une option simple,comme d'ailleurs tout ce que tu pourras faire cuire dans ta cheminée (si tu en as une).
      Les conserves cuisinées "toutes faites ",les soupes déshydratées sont également des solutions de facilitées et moralement ça fait du bien.
      Le singe a l'avantage de pouvoir servir de base à un grand nombre de plats:tomates farcies,boeuf miroton,hachis parmentier,chili con carné,spaghetti bolognaise etc...C'est simple basique,mais il faut les ingrédients.
      Certaines marques de sardines ont une recette au beurre de baratte à manger chaud;tu n'as plus qu'à trouver des pommes de terres à faire sous la cendre,ou bouillies.
      En ce qui me concerne ce sera plutôt fromage fondu sur pomme de terre ou associer légumineuses et céréales.
      Mais le stock doit aussi s'adapter au fait qu'il se peut que certains aliments auxquels nous sommes habitués disparaissent à terme;trouver des ersatz ou modifier sa consommation(à mon avis certains comptent trop sur la chasse).
      Dans ces ingrédients,ils y a les épices aux vertus thérapeutique oubliées(clous de girofles,curcuma,poivre,genièvre etc).
      En dernier lieu il faut sur-stocker pour pouvoir avoir une monnaie d'échange et donc il me semble dangereux de préparer sa réserve en calculant au "cordeau". Certaines personnes âgées de mon voisinage avaient de vrais épicerie,droguerie dans leurs caves basées sur "ce qui avait manqué en 40-45).
      En résumé le stock doit intégrer le mode de vie,et tenir compte des difficultés de préparation et anticiper sur les pénuries de demain.
      Voila mon retour d'expérience;merci encore.
      Bien à vous
      YK

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  9. Bonjour à tous, merci Ivan pour ce récapitulatif précis et carré, qui me conforte dans ce que je fais déjà.
    Pierre,je viens de relire votre texte de 2013 "Les raisons de redouter le pire", bientôt 6 années plus tard... nous allons devoir vous rebaptiser Madame Irma! Blague à part, votre texte déjà limpide deviens "pure lumière" à la lueur du présent...
    Force et Lumière à tous, l'autre Ivan.

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