21 novembre 2016

Survivre en Guyane

=> Article proposé par Richard, rédacteur de Survivre au Chaos.

J'ai le plaisir de vous proposer cette semaine un article d'un de nos lecteurs qui a bien voulu nous conter ses aventures survivalistes dans la jungle de Guyane, après avoir eu le courage de quitter notre monde " civilisé ".

Son témoignage est d'autant plus intéressant qu'il reflète une réalité vécue. C'est donc à une véritable expérience de terrain que nous convie son auteur, en espérant qu'elle vous soit utile dans vos préparatifs et dans l'idée que vous pourriez vous faire de la survie...




Bonjour à tous !
Je m'en vais vous compter l'histoire de ma vie qui a suivi une tentative d'assassinat.

Durant mon séjour forcé à l'hôpital j'ai eu le temps de prendre la décision de partir loin, très loin de ce Monde dit " civilisé " que j'avais regardé trois semaines auparavant ne pas s'arrêter lorsque, allongé sur le trottoir et perdant mon sang, je demandais de l'aide aux automobilistes de passage...

Je bradais ma voiture en quelques jours, vidais mon compte bancaire, et abandonnais tout ce qui avait été ma vie, celle d'avant, pour un voyage que je pensais alors définitif : La forêt amazonienne et ses peuples que les civilisés classaient sauvages. Parce que je n'avais qu'une envie, celle de fuir mes semblables.

J'achetais un billet d'avion pour la première étape, Cayenne, afin de mieux voir où me diriger ensuite. Puis je filais m'équiper de tout ce que je pensais avoir besoin pour survivre dans cette forêt réputée pleine de serpents, de jaguars et de moustiques.

Arrivé à Cayenne, j'étais prêt pour la suite de ma fuite, lourd de mes 3 sacs polochons militaires contenant les étagères de divers magasins de surplus militaires, de la gourde aux aliments lyophilisés en passant par des Rangers, des vêtements à faire la guerre, des bombes de répulsifs et autre couteau type Rambo à manche creux contenant un nécessaire médical (!).

Sur les conseils de l'armurier du coin qui avais repéré le pigeon, j'achetais une carabine Winchester 30-30, un fusil Baïkal mono-canon, un lot conséquent de cartouches et, alourdi de quelques kilos supplémentaires je reprenais le lendemain un vol intérieur pour Maripasoula, un village en limite de la zone amérindienne que le chauffeur de taxi, amusé, m'avait recommandé quand je lui avais demandé quel était le coin le plus éloigné des Blancs...

Une fois sur place, alors que j'observais les mouvements des pirogues sur le fleuve Maroni avec mon barda à mes pieds, un européen m'ayant repéré vint me demander ce que je venais faire ici.
- Je cherche à me rendre en amont, lui répondis-je.
Il jeta un œil sur mes bagages et, suspicieux, me proposa de me prendre dans sa pirogue pour nous rendre à son campement sans perdre de temps car la nuit n'allait pas tarder à tomber.

Et c'est en remontant le fleuve dans une pirogue creusée dans un tronc d'arbre que je pénétrais sans le savoir à ce moment-là dans un monde où j'allais devoir apprendre à survivre en vivant " de, par et avec " la forêt.

Après une première nuit passée à chercher le sommeil dans le hamac en toile de parachute acheté au surplus, et un petit déjeuner à base de soupe de poisson pimentée, dont je remerciais mon hôte, j'expliquais sous son regard inquisiteur que je voulais m'installer plus loin et que j'avais tout ce qu'il fallait pour assurer ma subsistance.

Il m'objecta que je n'avais pas de pirogue, que je ne connaissais rien à la vie en forêt, mais qu'il était d'accord pour me conduire plus en amont, se déclarant enchanté de tout mon barda qu'il allait récupérer sous quelques jours...
- Eh oui, me dit-il, on ne survit que quelques jours quand on a pas de sabre (nom local de la machette)
- J'ai mon poignard et mes armes !
- Et tu vas monter ton camp avec ton fusil ?


Le sabre de Guyane : L'outil indispensable qui sert à tout. A entretenir comme la prunelle de vos yeux. Conseil : enlevez le fil coupant sur la première partie de la lame, on ne se sert que de l'extrémité de la lame pour frapper.

Croquis qui explique pourquoi enlever le fil coupant : En le saisissant ainsi on a un couteau à lame facile à ré-aiguiser pour les petits travaux. Toujours posséder une lime, de préférence à section triangulaire, les arrêtes remplaçant une scie à métaux.

Ce couteau à l'acier fantastique, de marque Pradel, m'a servi durant des années à dépecer. Je l'ai toujours...


Ce matin-là, le premier d'une vie de plusieurs années sur le fleuve, je reçu ma première leçon. La deuxième consista à vider mes trois sacs et à m'enlever tout ce matériel hétéroclite de survie totalement inutile qui m'avait coûté une petite fortune et qui allait m'encombrer.

C'est ainsi que j'appris à ne garder que le strict nécessaire, celui qui sert à chasser, pêcher, cuire, conserver, monter son camp et dormir.


Trois mois plus tard


Je quittais mon hôte après avoir gagné ma subsistance journalière en échange du travail de l'abattis (jardin potager et fruitier gagné sur la forêt), la chasse aux steaks de jour comme de nuit (surtout de nuit à la lampe frontale), la pêche par la pose de pièges "maison", l'entretien des carbets, la conservation par le sel et, surtout, la surveillance du boucan durant de longues heures pour la conservation par fumage.


La photo n'est pas nette mais on peut voir ici la disposition des bûches, le boucan installé au-dessus, pas trop près des flammes qui sont à surveiller, ensuite maintenir une chaleur douce pour éviter les mouches.



Ayant acquis deux sabres, une lampe à huile et une petite pirogue plus un moteur d'occasion à un vieux "papa" qui, faute de lunettes, ne pouvait plus chasser et s'en remettait à ses enfants, je filais vers une crique située à seulement une heure de navigation en amont d'un village d'amérindiens.

Et c'est avec ces gens formidables, qu'une fois installé sur un ancien placer d'orpaillage et que j'allais visiter régulièrement, que j'appris leur langue, à conserver les fruits et la viande par séchage au soleil, à échanger, à partager, à chasser à leur façon, à tout mettre en commun et à aider puis l'être à mon tour.

Il ne me restait qu'un sac qui contenait de la corde, une bâche plastique, un hamac brésilien en tissu, ma lampe frontale bricolée pour la chasse de nuit et... ma brosse à dents ! J'avais aussi échangé contre quelques cartouches deux touques de 50L, bidons étanches bien utiles et indispensables pour stocker nourriture, cartouches et vêtements à l'abri de l'humidité (toujours jeter à l'intérieur une poignée de riz, il a la propriété d'absorber l'humidité en excédent). Et l'homme qui m'avait appris beaucoup de choses et sans lequel je serais mort très rapidement m'avait fait un cadeau inestimable sans lequel il m'aurait été impossible de manger : Une gamelle à fond rond (ici on dit wok), qui sera toujours calé à l'horizontale sur les trois bûches du feu grâce à ce fond en demi-sphère.


Le wok de Guyane : Plat qui servira pour toutes les cuissons. Plus une petite casserole pour le thé, par exemple,
et votre batterie de cuisine est complète !

Les touques : Indispensables pour stocker nourriture et affaires craignant l'humidité.


Le camp de base


Il est impératif qu'il soit en hauteur, au sommet d'une petite colline par exemple car c'est dans les creux (talweg) que se trouve l'humidité qui pourrit tout, sans compter que c'est généralement là que se tiennent les moustiques.

De plus, en forêt on peut faire de mauvaises rencontres (j'ai perdu deux connaissances, retrouvées l'une la tête en bouillie, l'autre petit trou dans le dos gros cratère devant.
Moi-même j'ai dû défendre une fois mon coin avec ma Winchester...
Quand on est installé en hauteur, on est tout de même mieux placé pour voir un intrus s'approcher, et si besoin fuir par la pente opposée, à l'abri des regards, si on était pas à côté de son fusil...


L'abri


Pour un abri, il est intéressant d'avoir une bâche en plastique (bleue d'un côté, verte de l'autre) sous laquelle vous pourrez installer votre tente (hamac en Amazonie) ainsi qu'organiser votre coin jour: "cuisine-salon-SàM". Pour votre siège et votre table je vous recommande l'utilisation de deux touques.

L'abri en progression : Un hamac, de la cordelette et une bâche environ 3x2m. Voilà un abri rapide à monter. Couper au sabre au ras de la terre toutes les petites tiges sous le hamac (sécurité en cas de rupture cordelette)

Ce n'est que plus tard qu'il est envisageable, et si le coin doit devenir permanent, càd sans danger de toutes sortes, d'améliorer son cadre de vie par la construction d'un abri plus grand, de creuser un fossé tout autour pour empêcher l'eau de pluie de l'envahir, de commencer un coin potager.


Mon four...


L'eau


L'eau doit être à proximité du camp; courante et claire, si possible avec présence de petits poissons faciles à attraper avec un appât fait de fruit ou un grain de riz cuit. Ainsi on peut agrémenter un bouillon ou pêcher de plus gros poissons carnassiers (ceux-ci remontent très haut car ils savent où trouver leur pitance de petite friture).

Les gros poissons chassent la nuit, et comme tous les animaux terrestres carnivores, par nuit sans lune... pour ne pas être repérés de leurs proies. Donc il ne sert à rien de tenter une chasse par clair de lune, ou sous/après une pluie dense dont le bruit des gouttes sur le feuillage vous empêche d'écouter les bruits de la forêt. Par contre c'est au début du jour que l'on peut trouver du gros qui n'a rien chassé sous la lune.

La nuit, donc, les petits poissons, la "friture", viennent dormir près de la berge, là où il n'y a pas de profondeur d'eau qui permettrait à un carnassier de venir les happer.
C'est donc là où il reste encore une dizaine de centimètres d'eau que l'on va fixer l'appât et son hameçon au ras de la surface, imitant ainsi un poisson mort flottant. (croquis).

Le carnassier mord, et s'il mord bien, le piège se libère, le maintenant en partie hors d'eau.
Pour ne pas patauger dans la boue de la berge et rendre son accès confortable, il faut aller à la pêche aux galets, cailloux, ou toutes sortes de débris récupérés, et se confectionner un petit coin où poser ses affaires, rincer sa gamelle, et même pour y faire ses besoins, car vos excréments seront la nourriture des petits poissons qui s'établiront dans le coin !


Le Trazin : Nom guyanais de ce piège à poisson redoutable d'efficacité.
A= piège armé grâce à C qui est une branche plantée à l'envers et taillée comme montré.
Le poisson mord et débloque la "canne", se ferrant lui-même.


Le feu


Les principaux ingrédient sont, outre le briquet (oubliez les allumettes dont le bout rouge attire l'humidité) du bois sec et un allume-feu.

Pour l'allume-feu, si vous êtes riche en bougies, coupez en une en petits bouts, grattez pour sortir une amorce de mèche.

Autre allume-feu : le caoutchouc provenant de chambres à air de voiture ou de vélo. Découpé en petits bouts le caoutchouc s'enflamme très vite et se consume lentement.

Pour le bois, s'il est humide ou mouillé, pas de panique : il faut écorcer les brindilles et fendre ou enlever des coins aux bûches au moyen du sabre. Sous l'écorce et l'aubier le bois est sec !
Toujours disposer les bûches par trois en i grecque, placer les brindilles au centre, et glisser dessous celles-ci votre bout de caoutchouc ou de bougie allumé.

Les trois bûches doivent quasiment se toucher : elle brûleront ainsi par leur extrémité et il vous suffira de les écarter pour que votre feu s'éteigne de lui-même.

Vous êtes prêt à poser sur ce Y votre gamelle à fond rond, quelque soit le diamètre des bûches.
(photo un peu floue de mon feu avec, au-dessus, une clayette servant de boucan pour fumer de la viande et la mettre à l'abri des mouches qui n'aiment pas la chaleur.)

Tout comme en forêt guyanaise, en métropole le plus gros danger viendra des maraudeurs : ces personnes viendront prendre ce qu'elles n'ont pas pour leur propre survie. Vous serez à leur merci lors de vos propres recherches de nourriture comme dans votre camp où là aussi ils vous sauteront dessus pour vous tuer (voir mes deux relations plus haut).

Après avoir observé en forêt profonde un groupe de types qui semblaient manquer de tout (des clandestins), j'ai dormi durant de nombreuses nuits avec ma Winchester dans mon hamac, une balle chambrée, plus qu'à relever le chien.


Les armes


Rien ne vaut un fusil de chasse calibre 12 en cas de chaos : Ce sont les cartouches les plus faciles à trouver, et de plus un bon moyen d'échanges avec des gens encore civilisés.

Nul besoin de s'encombrer d'une multitude de cartouches diverses :
- Pour la défense et le gros gibier : chevrotine 9 gr
- Pour la chasse : plombs n°6, le plus polyvalent pour petits gibiers de toutes sortes.
Mon expérience, valable également ici, c'est qu'il est plus rare de croiser un gros gibier que des merles, grives, lapins, etc.

Ceux qui pourraient récupérer des poules, ne pas prendre de coq qui a deux défauts : servir à vous situer lors de son chant et féconder les œufs, que vous ne pourrez pas conserver par la suite.

En métropole je pense qu'une carabine 22 long-rifle, 22 magnum ou encore 17HMR  peut permettre de se nourrir de petits gibiers tout en ayant un son qui porte moins loin... Et porter sur son dos deux cents cartouches de ces calibres n'a rien à voir avec le poids de la même quantité en calibre 12. En progression, chaque kilo supplémentaire devient vite votre ennemi (fatigue, épaules échauffées, reins douloureux, genoux mis à l'épreuve autant pour grimper une colline que pour la redescendre).


La Chiappa :modèle Little Badger existe en 22 LR et 17HMR. Prix 180€ pour seulement 1,4kg. Vous l'obtenez avec une licence de ball-trap à 50€... Le 17HMR est du 22 magnum rechemisé. Grande précision jusqu'à 150m.

Départ pour la chasse...


Progression en campagne


Allumer un feu dans un lieu que l'on a pas prospecté et sécurisé revient à se suicider : la fumée se voit de loin et en sous-bois l'odeur même de la cuisson attirerait des maraudeurs qui seraient passés à cent mètres de vous sans vous voir.

Nous avions un repas type en progression, rapide et bourratif : Du couac (manioc) auquel je préférais la semoule de blé (à couscous).

Vous recouvrez la semoule d'un centimètre d'eau froide et en 5mn c'est prêt à manger et si vous en avez, une sardine à l'huile en fait un repas... amélioré !

Lors d'un déplacement en zone à risque (et elles seront nombreuses si les citadins fuient leur ville) et si on doit se montrer pour savoir si amis ou ennemis, il sera toujours préférable de cacher son bien et s'approcher avec une arme chargée, en faisant rouler ses yeux pour s'assurer que personne ne va vous attaquer par le côté (la faim fait tout faire). L'idéal est d'avoir une personne qui vous couvre. Il nous est arrivé d'agir ainsi, ce qui tuait dans l’œuf toute tentative d'agression de la part de gens dépourvus de tout qui étaient en survie totale depuis la forêt brésilienne. Quand ils voyaient que nous étions plusieurs, armés et non offensifs, ils nous quémandaient gentiment à manger, un peu de tabac, voire une ou deux cartouches pour leur fusil rouillé et tout se passait en douceur, bien qu'en nous éloignant nous nous retournions souvent pour nous assurer de ne pas être suivis.


Entente


Moins on est, mieux on résout divers soucis.

Surtout privilégiez les chiffres pairs ; Soyez 2, 4 ou 6 (jamais plus).

Si vous êtes en nombre impair, synonyme d'instabilité, le groupe le sera : Il y aura toujours, dans n'importe quel choix important à prendre, 2 contre 1, 3 contre 2, 1 contre 4... Pensez-y le moment venu.

Si vous êtes le meneur du groupe, marchez toujours devant, découvrez avant les autres, sentez avant eux, décidez sur l'instant avant qu'ils ne commencent à se poser des questions : En d'autres termes, soyez un temps en avance sur votre groupe (on dit d'un pilote de petit avion qu'il doit se placer mentalement devant son moteur et non derrière.)


Halte du soir


Pensez à surveiller l'heure : Il est impératif de trouver un lieu propice pour une halte au minimum deux heures avant la nuit. Il est toujours plus facile de monter son abri, préparer le feu, et se laver de la sueur de la marche, de jour plutôt qu'avec une lampe frontale. D'autant qu'il vous faudra économiser vos piles si vous n'avez pas de lampe à génératrice.

Bien entendu, si vous arrivez dans un lieu idéal en début d'après-midi, n'allez pas plus loin. Demain sera un autre jour et les colonnes vertébrales de vos compagnons seront enchantées si vous mettez en avant que demain sera plus dur qu'aujourd'hui.

Cela marche à tous les coups, c'est ce que nous faisions lorsque nous guidions des botanistes sur de longs trajets.

Anecdote : Une fois, après deux jours de progression en forêt profonde à la boussole (nous connaissions la région) avec deux chercheurs, alors que je prenais en charge la préparation de l'abri pour ces messieurs, mon collègue les emmenait au sommet de la colline où nous savions qu'ils trouveraient leurs Dendrobates (petites grenouilles venimeuses dangereuses). Au retour qu'elle ne fut pas leur surprise d'apprendre que le repas qui les attendait était un plat impensable ici : spaghettis bolognaise ! Un demi oignon, petite boite de concentré de tomate ramenée par une journaliste, les pâtes et... une boite de corned-beef en guise de viande hachée. Le tout pimenté.

Nous avons passé ce soir-là une agréable soirée avec ces deux chercheurs qui peinaient à nous suivre depuis deux jours.


Une halte pour souffler, boire et mouiller sa part de semoule de blé. On peut voir le fusil toujours à portée immédiate, même à deux comme ici (celui qui a pris cette photo a été retrouvé avec une partie du crâne emportée...). Notez les cartouches visibles sur la bretelle de la claie de portage, plus confortable qu'un sac à dos, à portée immédiate de la main en progression.


B.A.D


Je ne m'éterniserai pas sur le sujet, car je suis contre ce choix de vie pour des groupes importants qui attirera immanquablement les convoitises d'une bande errante affamée et surtout bien armée de razzias précédentes. Car une BAD sera synonyme de lieu rempli de victuailles, de cartouches et... de filles à violer.

Je suis pour la discrétion maximum : mieux vaut faire pitié (et cacher sa force) si on est exposé que faire envie...


24 commentaires:

  1. Bonjour,
    Quelques questions. Comment gère t-on l'humidité au quotidien? Vêtements et chaussures appropriés pour une vie passée sur les sentiers si je lis bien? gestion du moral par temps maussade?
    Journée type qui maintient une certaine envie de continuer?
    Ce mode de vie est-il toujours actuel?
    Pour la BAD, ici on a pas intérêt à rester sur les routes, par définition beaucoup plus balisées qu'une forêt.
    Merci pour ce témoignage qui montre que même au fin fond des forêts, il y a du monde.
    cc

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    1. Bonjour,
      L'humidité est au maxi en saison des pluies. Il faut porter des vêtements à séchage rapide, genre chemise synthétique et short léger ou pantalon américain du Viet Nam étudié pour les rizières. Chaussures ne pas prendre de cuir ou alors du cuir traité (rangers des GI). Le plus simple : des bottes en caoutchouc 'marque Aigle' et semi-montantes. Stocker les vêtements dans une touque qui a un joint torique, avec du riz pour absorber l'humidité que l'on enferme en refermant la touque ! donc à ouvrir au soleil. Si grosse quantité de nourriture sèche (pates, riz, farine, semoule, etc... toujours remplir une petite touque d'environ 5 litres : ainsi on ne perd pas tout en ouvrant tous les jours.
      En "survie" il faut apprendre la patience : celle à la chasse à l'affût, celle à garder le camp, totalement immobile, lorsqu'on a du monde qui passe dans le coin, à la pêche (!) à attendre que ce foutu feu veuille bien fournir une flamme suffisante (ATTENTION à toujours appliquer cela : le bois alimente le feu, trop de bois étouffe le feu)
      Il faut aussi patienter lorsqu'on surveille son boucan durant des heures, et bien sûr rester bien tranquille dans son abri tout le temps de la pluie.
      En survie on a toujours quelque chose à faire : entretien de son arme, de ses fringues, des lignes de pêche, de la conservation au sel lorsqu'on est au camp. En progression rien à faire qu'attendre et apprécier la forêt...
      Pour votre moral, il sera mis à mal au début, le temps de vous habituer à ne plus avoir d'eau chaude pour une douche, plus d'interrupteur pour que la lumière soit, plus de lit confortable.
      Richard

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    2. Merci pour ces réponses éclairantes qui sont en accord avec mon expérience. Je m'interrogeait seulement sur l'inactivité en période de pluie, pas des averses d'ici mais de bonnes draches qui durent des jours et l'humidité qui remonte quand la pluie s'arrête.
      Je crains seulement pour le moral qui peut s'affaisser d'un seul coup.
      cc

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    3. Merci pour ce retour d'expérience ,j'en retiens quelques conclusions,1)la fuite pour un monde "meilleur " n'est pas la solution , ou que l'on soit il y aura toujours un bipède tenté de vous faire la peau,autant vivre plus confortablement le temps qu'il vous reste,votre heure sera la votre ou que vous soyez.2)Chaque endroit a des conditions de vie particulières intransposables ailleurs,ce sera donc à vous de vous adapter 3) la discrétion est mère de sureté,mais même les moines sur les météores grecs ont été emmerdés,en résumé pas de solution miracle (on s'y attendait !!) et le poisson rouge sera plus performant dans son bocal qu'en plein pacifique.au fait peut on savoir de quand date cette expérience ?merci

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    4. Cher Janus 2a,
      Je crois définitivement qu'opposer la fuite au concept de BAD n'a pas de sens: c'est la taille de l'adversaire qui décide, ce qui annihile toute forme de comparaison. L'Histoire regorge de paradoxes qui ne donne aucune supériorité d'une solution sur l'autre.
      Je retiens que cette aventure était moins pire que rester ici ( A chacun son curseur SHTF).
      Il est possible de penser qu'une fuite au fin fond d'une forêt est jouable, mais qu'on est jamais seul en matière de bipèdes nuisibles. Ca laisse imaginer pour ceux qui souhaitent fuir à Fontainebleau (Avec sa très raisonnable saison des pluies).
      Un petit topo sur les maladies, de la chiasse à la fièvre carabinée, serait un complément intéressant ainsi que les remèdes qui marchent bien.
      je suis très intéressé car ce milieu ne me convient pas du tout et savoir qu'on peut s'accommoder d'un tel environnement m'interpelle;bref, j'apprends.
      cc

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    5. Bonjour Janus 2a (scaph ? moi ancien)
      Mon séjour date : de 90 à 99. J'y suis retourné en 2006 pour constater que les choses ont empiré en forêt comme en ville, là le crack fait des ravages et la ville est devenue plus dangereuse que la forêt !
      Richard

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    6. moi scaph entre autres , pointe rouge,balik papan et autres il y a longtemps,la Guyanne détient le record de criminalité tout départements compris,entre 20 et trente ans c'est jouable après ....bien d'accord avec toi CC une bad n'est qu'un arret plus ou moins long même si on l'espère définitif et si on le veut comme tel il faudra être suffisemment costaud et équipé pour le défendre,vu mon age ce sera Cameron ,Alamo et thermopyles réunis,(avis aux amateurs)pour un brigand qui veut survivre il faut que le bénéfice dépasse les pertes.Cordialement a tous

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  2. Excellent
    Très court mais j'ai encore appris plein de chose au travers de votre récit vécu.(le cout des chambre a air je retiens pas de place léger et efficace apparemment. Merci beaucoup pour ce partage.
    Paix sur les âme de vos amis disparus. Et nous serons nombreux comme eux.

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    1. le coup des chambres à air est connu depuis pas mal de temps des guérilleros qui en mettaient dans les Molotov pour continuer la combustion. Pour le reste, bien précis. Et surtout, l'auteur accentue la dangerosité humaine dans la jungle....c'est aussi ( si ce n'est plus ) dangereux que la nature elle même. Dans le sud de l'Amazonie, c'est à peu près pareil...avec tous les trafiquants qui "promènent" en permanence. Il se dit là-bas : le soucis, ce n'est pas de trouver de l'or, mais d'avoir le temps de le dépenser. Dada.

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  3. Merci pour ce témoignage.
    S'y trouvent aussi quelques conseils valables sous le climat de la métropole.

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  4. Nourrissez vous bien pour être en forme:
    http://survivreauchaos.blogspot.fr/2013/04/une-vraie-nourriture-de-chaos.html?m=0

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  5. une serviette en nid d'abeille arrive à sécher dans la journée et ne sent pas comme le reste l'humidité pourrie,un sac à viande en flanelle et duvet car les nuits sont froides et une couverture de survie au sol qui indique la présence de prédateur, cigarettes contre les tics aussi qui grimpent vite et une petite brosse à ongle contre la vase très tenace

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  6. Les plus anciens d'entre nous ici, se souviendront peut-être de ce jeune explorateur français, Raymond Maufrais disparu en 1950 dans la forêt amazonienne. Son projet était de relier, seul la Guyane française et le Brésil par les Monts Tumuc Humac. De nombreuses hypothèses furent émises sur sa disparition, notamment par son père parti à sa recherche, notamment celle d'avoir été tué par les indiens.
    Philippe

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  7. D’une expérience atypique dans un environnement très particulier, on peut retenir comme généralités :
    - Il est vivement conseillé de commencer par réfléchir à ce que l’on veut faire et ne pas partir sur un coup de tête.
    - Le terrain et la mto commandent.
    - Matériel, vêtements, habitat, modes d’alimentation, déplacements, etc. seront dictés par la mto et la géographie.
    - Il est préférable d’avoir le minimum d’effort à faire en toutes circonstances. Que ce soit pour puiser de l’eau ou ramasser du bois.
    - Le rythme journalier est dicté par les activités et la mto, non par ce que nous souhaiterions faire.
    - Le rôle du chef et le maintien de la cohésion du groupe avec une remarque intéressante sur le nombre au sein du groupe.
    - La sureté reste primordiale.

    En conclusion, cet article montre aussi qu’il est vain et stérile d’opposer les options de survie envisagées par les un et les autres.

    PS : en rapport avec le dossier nmr 11, grâce aux airsofteurs, deux matériels intéressants pour un survivaliste voulant se sortir d'un mauvais pas :
    http://www.naturabuy.fr/Fumigene-Enola-Gaye-Burst-Pack-12-item-2755642.html
    http://www.naturabuy.fr/Enola-Gaye-Grenade-Friction-Flash-Pack-3-item-3171126.html

    Le fumigène pour cacher un déplacement si, par exemple, l’on est pris sous le feu et que l’on ne peut plus sortir de son abri sans en prendre une systématiquement. Le fumigène va alors créer un écran qui n’empêchera pas serte l’eni de tirer mais ne lui permettra pas d’ajuster son tir. Quand on est dans la M…, c’est toujours mieux que rien.
    Le Flash pour créer un effet de surprise qui peut être mis à profit pour se déplacer ou rompre le contact en zone urbaine. Je n’ai pas dis imiter un assaut du RAID, que l’on soit bien d’accord.

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  8. Hola Richard , gracias pour ton temoignage , court ,efficace sans floritures et qui dit l essentiel. Je vis depuis 10 ans en Colombie, en zone rurale pres de Medellin , dans l altiplano de la cordillere des Andes. je ne connais pas la Guyane , mais ce climat equatorial , oui, ayant vecu dans ce milieu, ailleurs dans les iles du Pacifique , et seul aussi. Mon climat est beaucoup plus facile a vivre et les dangers naturels minimes. Les dangers humains sont les pires, de tres loin. Je vis dans une sorte de BAD ?, tres commun en Colombie , une sorte de community gates des USA. Rien d extreme , une assocaition de proprietes individuelles d 1 hectare, dans un domaine de 60 hectares ,et une securite professionnelle collective , des gardes 24/24 qui font ce job. Pas armee , mais qui peut l etre sur notre demande. Systeme de securite de cameras de vigilance , rondes etc..Effet dissuasif. Mise a l epreuve parfois, face aux delinquants actuellement , hier c etait gerrillas tres actives dans ce coin , et reponse des paramilitaires. Vivre seul , dans ces conditions , impossible , et surtout pas pour un etranger.La seule solution est le regroupement. C est ce que faisait les campesinos de mon coin , durant les affrontements nocturnes de la guerrilla. Le matin , ramassage des morts au bord des routes. Epoque revolue , pour l instant. Chaque situation , dans le monde , est differente , c est sur. Il y a des reflexes de prudence a avoir dans les situations difficiles , parler peu , et qu avec des amis surs. Plus faire pitie qu envie , oui. Les campesinos , au debut ou la situation etait encore tres instable , me trouvaient courageux , pas d autres etrangers dans le coin. Volonte et auto discipline , dans ce qu on fait, toujours. Apres , et pour moi , l important c est de baigner dans mon milieu naturel , l observer , apprendre les plantes , vivre quoi, simplement et bien. Oui , les villes sont bien pires , tout depend des quartiers , barrios, la securite est plus difficile , ne jamais sortir seul , il y a les attaques a la scopolamine par exemple . Des que les moyens financiers le permettent, les solutions de vie sont calques sur les parcellations , des unites closes et gardees. Moins de possiblites d autonomie pour les urbanisations qui sont en milieu urbain, puisque pas de terrains pour le faire , mais vivre tranquille, oui. Les BAD , ne sont pas uniformes , il y a beaucoup de varietes possibles, suivant les gouts et conditions particulieres. En tout cas , c est devenu la norme de vie en Colombie , du moins dans les zones developpees , autour des grandes villes. Il y a des dizaine de parcellations de ce type dans mon coin , des milliers d hectares. Pas axees sur le survivalisme, autre que securitaire , mais apres chacun fait ce qu il veut sur son terrain , pour son autonomie alimentaire , medicinale de plantes etc..
    Amitie a toi,Richard, et a tous , de ce blog tres interessant.

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  9. Témoignage intéressant,tout a fait dans le sujet.
    Merci.

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    1. Effectivement intéressant ,ils vivent là bas exactement comme si le chaos était arrivé ,nous ne sommes pas encore à ce stade de décomposition de notre société ,certes l'insécurité augmente sur le continent en tout cas pas en Corse,ma femme peut sortir le soir avec des amies sans aucun problème ,elle ne le ferais plus a Paris;la "bad" n'est pas encore la "norme" ici pour assurer une existence acceptable même si ça se profile à l'horizon.

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    2. Merci a toi Anonyme.
      Janus , tout va bien madame la marquise..sauf que lorsque la bise fut venue.. Une bad , ou communaute , regoupement de survie , ce sont des reponses pratiques a des evenements societaux ,elles ne se decretent pas du jour au lendemain , en cas de chaos , c est trop tard .. j ai vecu ce type de situations aussi ,de crises majeures qui te tombent dessus d un jour a l autre, la reponse , c est l attente que les choses se calment et reviennent a la normal. Mais si ce retour ne se fait pas ? la , c est survie individuelle, ou groupe du plus fort qui gagne , mad max dans l idee. Et c est bien pire. La bad est une idee collective , de statuts juridiques pour nous, et une construction sur des annees.. pour la securite. En clair , tu ne construis pas un mur de defense dans un chaos, ou les supermarches sont vides ou pilles , dans un pays, France par exemple , ou le premier principe d autonomie , une souverainete alimentaire n existe pas ou plus. rajoute a cela un hiver glacial , tres probable en Europe de l ouest, du a l effet de la niña .. des millions de refugies probablement infiltres pour engendrer un chaos de terreur , un peuple sans armes ... tu vois ce que je veux dire. Le monde change rapidement , rien n est acquis de nos jours. Rien ne se fait dans un etat de panique. Question de culture aussi , les latinos pensent et vivent collectif , famille ,groupe , c est culturel . La survie individualiste oui possible aussi .. comme Richard a su le faire quelques annees , et remarquablement , mais avec une volonte de fer. Enleve le confort et les reves de la tele , du jour au lendemain , c est fin de vie virtuelle et retour a la vraie vie .. franchement je ne voudrais pas vivre a ce moment la ,et en ce lieu la .
      Apres tout depend comment on voit le monde et surtout son monde, l optimisme soporifique des koh lanta ou autres reves de canape , ce n est pas etre pret. Faut-il etre pret ? la majorite lobotomisee repondrait , "pret a quoi ?"
      amities a toutes et tous .

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    3. bonjour Emilio, ,en effet un lieu de sureté bad ou autre ne se fait pas en claquant des doigts , ce que j'ai voulu dire c'est qu'a priori en Colombie, si c'est le cas c'est une nécessité actuelle ,préparée peut être de longue date ,ce qui n'enlève rien au fait que c'est plus catastrophique que ce que nous vivons en europe pour l'instant ,je dis bien pour l'instant,;le but de ce blog c'est précisément qu' avec la conjoncture largement débattue dans les sujets que nous offre Pierre , il est ultra nécessaire de se préparer a des difficultés certaines à venir ,sans faire du nombrilisme cela fait une douzaines d'années que je le fais et dans mon ile l'esprit de famille et d'entraide et d'auto suffisance est toujours d'actualité,tant mieux.Il est certain que ce n'est pas le cas du reste de l'europe ,a quelques exeptions près.Au moins pour ce soir je vais chez des amis manger du sanglier, sans être obligé de faire confiance a mister Smith and mister Wesson pour assurer la sécurité du trajet sans flanc-garde et drone largueur de grenades avec caméra infra rouge,je blague ,la vie est pour l'instant acceptable et on ne se fait aucune illusion pour l'avenir.Bien cordialement

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    4. Merci Janus , tu m as fait rire. Oui , un truc que j ai experimente en Nouvelle Caledonie , en brousse , la ou c etait tres chaud au niveau securite , c est qu on ne dure pas longtemps en etant parano . Etre assiege tape durement sur les nerfs . Les femmes , de par leur culture française , pas du tout le cas avec les colombiennes combattantes de type vietnamiennes , ces femmes craquent , petent les plombs . Sans doute pas une generalite non plus ,aucune mysoginie la dedans , tous les hommes n ont pas des nerfs d acier non plus. Si tu vis en Corse , tres beau pays , choisit de vivre en montagne , le plus haut possible .. dans les risques de chaos , il y a cette fameuse planete Nibiru , et les deluges. une bad parfaite au mauvais endroit , ne servira pas a grand chose. Et comme tu fais bien de le remarquer , esprit d entraide super important. Beaucoup plus facile d affronter les situations difficiles , question de moral. Apres il y a des gens de type Richard ( ou moi lol)les durs a cuire et pas trop facile a ramollir , mais pour beaucoup , le groupe est indispensable.
      cordialement Janus, et comme toi , je profite de la vie , pas incompatible du tout avec une preparation basique du moins.

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  10. Super retour d'expérience.
    Cela à la mérité de clarifier les idées sur les dangers dans la nature dont Bear Grylls ne parle pas....
    Merci pour cet incroyable témoignage

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  11. Je vis en guyane.Pour moi,la B.A.D est indispensable,mais sous une forme bien précise.Aussi,je ne donnerais aucunes infos à ce sujet.La carabine peut suffire .mais comme l'a montré l'affaire où 2 gendarmes/militaires sont morts sous les balles de fusils d'assault,il existe des gros calibres en Guyane.L'insécurité est quotidienne en Guyane.Et quand arrivera le chaos économique,il y aura plusieurs factions organisées selons leurs origines ethniques (HAÏTIENNES /SURINAMIENNES/GUYANIENNES -du Guyana- et Brésiliennes).Y aura une lutte pour le contrôle du littoral(la bande côtière où sont concentrés plus de 90 %de la population.Voilà la réalité.Donc,pour survivre ,un petit groupe ne suffira pas .car les adversaires en face seront conséquents.Bien sûr,en pleine jungle,c'est différent.un groupe de 50 personnes représente une force qu'aucun adversaire ne pourra négliger.

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  12. Bonsoir Richard,

    Merci à toi pour cet écrit! Tu nous a emmené avec toi! Merci pour le piège à poisson! Simple et génial, je vais l'expérimenter bientôt!
    Entièrement d'accord avec toi sur tous les points!

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  13. Ce matin j'ai pesé les cartouches des calibres en ma possession et voici le poids qu'elles représentent :
    Pour 200 cartouches de chaque calibre :
    - 17 HMR = 740g
    - 9x19 = 2,6kg
    - 308W = 4,840kg
    - 12 en 9gr = 9,4kg
    Bien entendu cela ne fait qu'une part du chargement de survie sur le dos.
    Comme je l'ai écrit dans mon article, chaque gramme a son importance lorsqu'on marche longtemps et pas sur une autoroute... Même l'arme portée pèse une tonne après quelques kilomètres.

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