4 septembre 2014

Un calibre 12 artisanal à détente

Dans un écart de bonté, les psychopathes qui mènent le monde ont accordé à nos chères têtes blondes ainsi qu'à leurs moins estimées versions crépues une nouvelle rentrée.

Au cas où ce fut la dernière, et même si nos classes à nous sont finies depuis longtemps, nous avons jugé utile de continuer notre revue des armes de survie version apocalypse ;

Cette fois-ci avec un calibre 12 artisanal un peu plus élaboré que le modèle étudié précédemment, puisque muni d'un système de détente...




Avertissement : les textes et photos contenus dans cet article sont donnés uniquement à titre d'information et ne sauraient en aucun cas constituer une invite à la fabrication... Car à moins d'habiter une banlieue et de porter le turban, tout le monde sait bien que pratiquer ce genre de bricolage est sévèrement puni par la loi.

Pour ceux qui n'étaient pas avec nous la fois précédente et en revenir rapidement au modèle de base étudié dans notre premier article d'avril 2013, nous rappelons son principe de fonctionnement : un percuteur fixe sur lequel on vient frapper la cartouche en ramenant le canon vers soi d'un coup sec.

Le canon est un tube d'acier galvanisé de 3/4 de pouce tel que ceux utilisés en plomberie. De la même manière, un tube standard de 1/8" pourrait recevoir une balle de calibre 22LR, un tube de 3/8" les 44 magnum et 44 spécial.

C'est le système le plus simple, dont un exemple sur châssis bois nous est donné ci-dessous. Cette arme a été largement utilisée aux Philippines durant la guerre contre les japonais, et fabriquée sous licence aux Etats-Unis par la Richardson's Industries dans le Connecticut.


Modèle R5 de la Richardson : l'arme de la guérilla philippine...

Fabriquée en 1946 et vendue à l'époque au prix
de 5 USD (environ 60 euros actuels)

Et pour terminer sur ce modèle, un exemplaire original des Philippines datant de la seconde guerre mondiale, toujours en fabrication de nos jours !




Tout ceci pour montrer si besoin était que ces armes ne sont pas aussi dérisoires qu'elles n'y paraissent et qu'elles possèdent de sérieuses références, notamment dans un contexte de guérilla...

Pour la petite histoire, cette arme dans les mains de son utilisateur n'était censée ne servir qu'une seule fois, le temps de récupérer une arme véritable sur le corps de l'ennemi. Après quoi, le 12 artisanal était passé à un frère d'armes, à charge pour lui de perpétuer la tradition...

Pour en venir à présent au sujet de cet article, voici un modèle doté d'un mécanisme de détente, certes rudimentaire, mais qui a au moins le mérite d'éviter la manœuvre du canon par l'opérateur. Il se rapproche des armes traditionnelles, puisque l'on retrouve le principe du canon fixe et du percuteur mobile.


Figure 1 : calibre 12 artisanal à détente

Les diverses pièces qui le composent sont les suivantes :
  • un canon fixe constitué par un tube unique de 3/4 de pouce
  • un châssis bois sur lequel est fixé le canon au moyen de deux colliers
  • un manchon dévissable auquel est fixé un bouchon qui contient le système de percussion (en l'occurrence un clou)
  • un marteau qui fait office de chien constitué par une pièce métallique en U inversé, et relié à un ressort fixé au châssis (voire 2, un de chaque coté)
  • un système de détente constitué par un clou façonné en crochet et retenant directement le marteau en position armée

Mise en oeuvre :
  • on dévisse le manchon et on insère une cartouche dans le canon
  • on revisse le manchon et on arme le marteau en le tirant vers l'arrière
  • on sécurise le marteau en abaissant le clou faisant office de détente
  • pour tirer, on presse le clou de détente qui se relève ; le marteau est libéré et vient frapper le percuteur placé à l'intérieur du bouchon

Le manchon dont il est question est une pièce classique de plomberie. Attention toutefois car il en existe deux sortes ! Le modèle qui s'impose dans le cas présent est celui ci-dessous, qui comporte un seul filetage intérieur sur tout le long (et non pas deux séparés par un espace).

Le fait qu'il n'y ait qu'un seul pas de vis va permettre d'amener le bouchon contenant le percuteur en butée contre la cartouche, chose absolument indispensable car il ne doit rester aucun espace entre ces deux parties (le manchon peut être raccourci au besoin à la longueur adéquate).

De même, on veillera à ce que l'intérieur du bouchon soit plein, pour coller parfaitement au culot de la cartouche. Si ce n'est pas le cas, une solution serait d'y couler un peu de plomb (voire du Syntofer).


A gauche : le manchon ad hoc- A droite : le bouchon

Le bouchon qui contient le percuteur est la pièce centrale du mécanisme et la plus délicate à réaliser, bien qu'elle ne constituerait pas une grosse difficulté pour un survivaliste bricoleur. Elle est destinée à être fixe et doit donc être vissée au manchon de manière définitive.


Le clou faisant office de percuteur mobile

Le point crucial est de parfaitement centrer le clou par rapport à la cartouche. C'est la raison pour laquelle le perçage doit être commencé de l'intérieur du bouchon, et non pas de l'extérieur, de manière à ce que le bout du percuteur qui vient frapper l'amorce soit centré même si le percuteur dans son ensemble ne l'est pas tout à fait par rapport à la pièce.

Une fois le logement pour le percuteur aménagé, il faut sécuriser celui-ci pour ne pas qu'il tombe ! Le plus simple serait de percer un autre trou transversal et d'y placer une goupille, après avoir préalablement limé le percuteur sur une partie de sa course :




La goupille pourrait être constituée par un autre clou coupé à la bonne hauteur et dont on fixerait la tête sur le bouchon de manière définitive par soudure ou avec de la résine.

Le même principe de conception peut être utilisé pour des armes courtes, voire d'autres calibres :




Ci-dessous un 12 artisanal basé sur le même principe, mais plus rudimentaire car n'incluant pas de système de détente : le marteau est armé et maintenu en arrière avec le pouce. Le ressort a été remplacé par un élastique, plus fragile mais tout aussi efficace...




Pour ce modèle, la vidéo de fabrication :


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Enfin, pour ceux qui auraient la patience de la visionner, je livre ici la vidéo d'un modèle réalisé tout en métal. La conception du mécanisme percutant est différente ; ce n'est pas forcément la plus simple ni la meilleure, mais elle ouvre à d'autres perspectives...


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En conclusion :

Mon avis personnel est que le modèle correspondant à la figure 1 qui fait l'objet du présent article souffre de deux défauts majeurs :
  1. L'armement est quelque peu fastidieux puisqu'il nécessite de dévisser le manchon pour enfiler la cartouche dans le canon, et le revisser ensuite. Autant dire qu'il ne faut pas être dans l'urgence...
  2. Contrairement au modèle basique constitué de deux tubes coulissant l'un dans l'autre (3/4" et 1"), celui-ci n'en comporte qu'un seul de 3/4". L'épaisseur de métal au niveau de la chambre s'en trouve diminuée de moitié, et la sécurité n'est pas optimale suivant la puissance des cartouches que l'on pourrait être amené à utiliser.

Il reste donc à concevoir un système qui permettrait de pallier à ces deux inconvénients, en offrant les avantages suivants :
  1. Un réarmement plus rapide ;
  2. Une sécurité accrue par l'utilisation d'une courte longueur de tube de 1" recouvrant celui de 3/4" au niveau de la chambre (comme c'est d'ailleurs le cas dans la seconde vidéo).

Ce qui fera peut-être l'objet d'un troisième volet...

16 commentaires:

  1. sauf erreur de ma part je n'ai pas vu quelle longueur de cartouche que vous préconisez pour cet engin et a quelle pression résiste ce type de tube?.la rapidité de chargement doit être équivalente a celle d'un fusil a poudre noire en vente libre , aux performances il me semble peu différentes.C'est vraiment l'arme de la dernière chance pour celui qui a un stock de cartouches,alors que la poudre noire est de fabrication peu aisée mais réalisable avec un minimum de soin et les matériaux de sa composition assez communs.cela dit pourquoi pa ,il faut savoir faire feu de tout bois.Phoenix

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    1. Effectivement Phoenix, il y a bien erreur de votre part puisque les questions que vous évoquez ont été traitées dans le premier article consacré au 12 artisanal et ses commentaires, ainsi que dans "Un vrai kit de survie pour les temps de chaos".
      Cordialement.

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    2. Merci Pierre pour ce rappel je n'étais pas remonté sur le précédent article,je me demande si il existe des infos fiables concernant les calibres les plus usités en France ,c.a.d. ceux qui seraient le plus probablement a portée de "main" en cas de chaos mis a part le 12 bien sur,trimbaler du 7.62 vu son poids me parait peu adéquat pour son manque de polyvalence ,nous ne sommes pas tous riches et obligés de nous limiter a l'indispensable ,Phoenix

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    3. les calibres les plus courants en France... la 22lr, le 12 et le 16... jusque là, je pense que je n'étonne personne... si c'est le cas, bienvenue sur le blog.

      ensuite, depuis la fameuse nouvelle législation de sep 2013, presque tous les tireurs de mon stand se sont débarrassés de leur 300 win mag, justement pour acheter des 7.62 (ou 308 win) qui est connu pour être très polyvalente (trés grande diversité de munitions), peu de recul, très puissante (3600 joules, pour 1700 avec une 5.56) et aussi très peu coûteuse
      .
      Pour une arme artisanale, je sais que peu seront d'accord avec moi, mais je recommande à fond la "410 magnum". munition très petite (donc l'arme sera facilement dissimulable), puissante, peu coûteuse, bien plus polyvalente que sa cousine la 14mm (existe en balles, plombs, chevrotine, subsonique, supersonique). Il sera très facile de fabriquer un mini fusil type "zip" dissimulé dans une canne par exemple (d’ailleurs la manufacture d'arme de st Etienne fabriqué des cannes fusil en calibre 410 standard)

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  2. Article intéressant, mais ce genre de sujet étant "sensible", ne serait-ce pas plus judicieux de rester dans les grandes lignes conceptuelles en évitant d'aborder des détails techniques ? Un individu qui tenterait ce genre de bidouilles chercherait à ces risques et périls les informations manquantes sans se les faire servir sur un plateau...

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    1. le sujet n'est sensible que pour ceux qui vous veulent voir désarmé,pour un grand président Us ce droit de porter les armes ést une garantie de votre liberté,il faut relire l'article 35 de la constitution de 1989 sur la résistance a l'oppression considérée comme le plus sacré des devoirs d'ou qu'elle vienne
      Ce sont les mêmes qui vous maintiennent la tête sous l'eau financièrement en détruisant les emplois.Il n'y a pas de sujet sensible car c'est ainsi que l'on qualifie ceux qui est politiquement incorrect et par conséquent important et entre parfaitement dans ce blog de liberté d'expression et d'entraide pour rester des hommesPhoenix

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  3. ce genre de bricolage, meme si il a l air simple n est pas a la portée du premier venu. comme le dit phoenix il vaut mieux acheter une arme a poudre noire , quand a la sensibilité du sujet, si il y en a qui sont assez débiles pour jouer avec ça sans prendre les précautions élémentaires....ça les regarde.ce genre d info a un grand interet en cas de chaos, vous pouvez montrer a des gens comment s armer pour proteger leurs familles , a leur risque et péril tout de meme.

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  4. juste une remarque au passage, nul part in ne vois le type tirer avec son pipe gun dans la 1ere video. ce n'est pas tres engageant par rapport a la fiabilité de son truc.

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  5. Comme ce genre de bricolage apocalyptique ne me dit rien qui vaille , j'ai assuré mon "dernier" recours avec un vieux Baïkal mono coup circoncis à maxima et crosse moignon. Encombrement mini, efficacité maxi à courte distance d'emploi. On fera pas du long-range avec, c'est pas le but. Récupérez les vieux mono coups de quelque calibre que ce soit et mettez à l'abri de la lumière et des prédateurs. ;-)
    Sinon je ne critique pas les bons tuyaux donnés ici. C'est à chacun ses compétences et comme il le sent.
    Chibani

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    1. salut Chibani(vieux?!?)...t'as bien raison rapport au bricolage pyrotechnique mais cependant en cas d'en cas...ca peut servir/sauver?!?tu sais ,un peu de canon/S qui dépasse c'est pas génant selon moi :ca prévient les autres,"faites gaffe à vous,j'suis ferraillé!!!"et aussi cela apporte l'avantage d'aller chercher plus loin!!!5/10 mètres ,c'est limite,perso j'préfère 50/150 mètres voir plus,mais tout dépend du calibre à disposition.LPN26

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  6. Cheveux renard argenté = chibani :-) le minimum "légal" est à 45cm et l'ensemble doit pas faire moins de 80cm. Défendre sa peau étant quasi illégal, on fera ce qu'on estime devoir faire sans demander la permission à nos oppresseurs. Est-il légal d'être agressé violemment? dépouillé? volé du fruit de son travail? non. Loi ou pas "qui s'y frotte s'y pique" et "Don't tread on me"! J'adapte mes dépenses à mes revenus, je ne cherche pas les embrouilles, ne vole personne ; mais "keep off"! La question de la dissuasion, montrer ou non une arme, c'est selon. Il faut retenir que dès l'instant où l'on sort une arme c'est pour s'en servir sans hésiter si ça ne suffit pas. Sinon, mieux vaut faire le canard, et trouver le salut dans la fuite. Il n'y a pas de honte à ça, c'est courant dans la nature. Se faire tuer parcequ'on a voulu faire le mariole est une idiotie. Le premier devoir d'un révolutionnaire est de rester en vie (Mao)

    Pour la distance 50/150m avec ce genre de 12 bricolé je doute qu'on puisse aller aussi loin. Tout vaut mieux que rien en cas d'en cas. ;-)

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  7. http://www.liveleak.com/view?i=282_1409879278 ... c'est dans ces moment-là qu'on regrette d'avoir oublié son Glock !

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  8. salut, cet article est plutôt intéressant surtout la partie technique , cependant je reste intrigué concernant la détente fais maison sur le fusil cal/12 à canon fixe ( photo du pétoire blanc digne de fallout ) comment ça marche ton système? je vois un clou qui fais office de détente et des ressorts mais je pige pas le truc. je suis ignare en matière d'armes , si tu peu éclairer ma lanterne ce serais sympas. cordialement

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  9. système sympa simple et pour piéger une zone ,une porte ,un couloir etc.... mais stocker tous le matos avant ! car pour se le procurer après difficile ...bonne chance a tous .

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  10. Anonyme du 23 septembre: c'est simple la clou traverse la croise et est tordu tel un hameçon au dessus de celle-ci. Il retient ainsi le percuteur qui est tendu par le ressort. Lorsque tu monte le clou (presse la détente) cela libère le percuteur... Bang c'est simple j'ai fabriqué mon premier et dernier calibre à 12 ans, c'était environ le même système, je tirai des amorce de pistolet à clou avec de la grenaille ;-)
    Je pense que faire une petite pétoire de ce type est sympa et on peut l'enterrer quelque part avec quelques cartouches sans avoir de regret si on a jamais a le déterrer. Par contre s'il s'avère qu'on en a un besoin c'est qu'on est vraiment dans la mouise et ça peut sauver la vie.
    Bonne préparation, Exca.

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  11. Les informations données dans cette article et le précédent sont vraiment très intéressantes, en plus, si l'on possède l'outillage adapté (tour a metaux, perceuse à colonne...(comme moi 😝)), on peux réaliser des modèles très performants !

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