4 juillet 2016

Le leadership dans un contexte de survie

Le leadership est un exercice périlleux en temps ordinaire, et on imagine aisément qu'il puisse devenir encore plus complexe dans un scénario de survie.

Dans un tel contexte, il va consister à fédérer et mobiliser les énergies de groupes d'amis et de proches, voire un mélange des deux en proportions variées. Pour cela, il pourrait exister des leaders déjà établis, par exemple ceux qui existaient naturellement avant les événements, tels que les parents ou les chefs de famille.

Cependant, de telles personnes pourraient ne pas être adéquates le moment venu, suivant leurs qualités et compétences...



Dans un scénario de chaos plus que dans tout autre situation, il est indispensable qu'il y ait un leader et qu'il n'y en ait qu'un, de la même manière qu'il n'existe qu'un seul capitaine sur un bateau, y compris les plus grands vaisseaux de guerre. Le but est de permettre que les décisions soient prises et exécutées sans être paralysées ou remises en cause par les arguments, débats, et opinions contraires. Ce préalable est indispensable ; Ne vous imaginez pas pouvoir vivre dans une communauté sans chef, comme celles dont les Hippies avaient rêvé dans les années 70 ; On sait ce qu'elles sont devenues.

De la même manière que la dictature est toujours préférable à l'anarchie, il vaut encore mieux un mauvais chef qu'un groupe sans tête soumis au diktat des pulsions individuelles et des intérêts divergents. Certaines communautés que l'on voit fleurir de nos jours et qui prônent la sortie du système par un retour à la terre procèdent de la même utopie gauchiste et mortifère. Si l'intention de départ est valable, il n'en reste pas moins que de telles communautés sans vrais leaders, même si elles parviennent à une réelle autonomie sur le plan matériel, n'ont aucune chance de survivre dans un scénario de chaos considérant les périls mortels qui en découlent.

En temps de paix, l'absence de direction et de vision à long terme les condamne à végéter dans leur carré de tomates, sans réelles possibilités d'extension ni de développement ; En temps de guerre, elle les condamne à disparaître ou passer sous la coupe de l'ennemi, dans le meilleur des cas.

Quant au tirage au sort, il n'y a guère que de sombres enseignants soixante-huitards émasculés pour en vanter les mérites. En temps ordinaire, les aptitudes personnelles varient considérablement suivant les individus, et certains sont indéniablement meilleurs que d'autres dans des domaines particuliers. Ne pas vouloir tenir compte des compétences naturelles de chacun est une aberration qui relève de la même bêtise intellectuelle. De toute façon, il est un fait que lors de crises sévère des leaders émergent naturellement, notamment ceux que l'on attendait pas ou qui n'avaient aucunement été établis en tant que tels.

D'ailleurs, l'idée même que le tirage au sort puisse s'envisager comme un moindre mal voire une solution montre bien, si besoin était, l'état de déliquescence chronique du système et la perniciosité de nos dirigeants. Au royaume des aveugles, les borgnes sont décidément les rois...

D'un autre côté, il faut aussi garder à l'esprit que les gens auxquels nous aurons à faire dans un scénario d'effondrement seront des civils, absolument pas tenus par le Code de justice militaire. En conséquence, quiconque serait pressenti ou désigné pour être leader devra détenir la confiance et le respect des personnes qui composent le groupe, au moins dans les domaines les plus importants. L'absence de charisme naturel chez un leader est un des éléments les plus sûrs pour briser une communauté et la mener à sa perte. Nous sommes dramatiquement bien placés pour le savoir...




Il existe trois composantes dans l'accomplissement d'une tâche. Elles consistent dans les besoins de la mission, l'équipe, et les individus qui la composent. Ces différentes notions peuvent être conflictuelles, et devront donc être gérées en fonction des priorités. C'est dans cette capacité, entre autres, que se reconnaissent les véritables chefs.

Un groupe sera composé de personnes ayant chacune des qualités et besoins variés. Dans l'idéal, lorsque le moment sera venu, le leader agira de manière exclusive dans la prise de décision. En effet, suivant la situation, il y a des décisions qui s'imposent et doivent prises immédiatement. Le groupe devra alors comprendre et agir de manière cohésive pour faire ce qui doit être fait. Cela est particulièrement important dans les situations d'urgence, par exemple lorsqu'il s'agit d'échapper à un danger imminent.

En d'autres circonstances, le fait de demander l'avis des autres membres du groupe pourrait être utile. Ceux que vous avez sous vos ordres sentiront ainsi qu'ils font réellement partie d'un groupe, et qu'ils y contribuent. Le travail du leader consistera alors à prendre en compte les différentes opinions, puis d'y réfléchir, pour finalement en tirer une décision ainsi qu'un plan. Ces derniers pourront être soumis au groupe pour approbation finale, puis mis en oeuvre avec la collaboration active de chacun.

Certains types d'individus ne sont pas fait pour travailler en équipe, chose qui peut s'avérer assez fréquente dans notre société moderne caractérisée par un individualisme exacerbé, l'égoïsme et la fainéantise. Dans la mesure du possible, il vaudrait mieux éviter d'intégrer de telles personnes dans le groupe. Si vous ne pouvez y échapper, parce qu'elles font partie de votre famille ou de vos proches, alors vous devrez faire avec, en essayant d'atténuer leurs tendances égocentriques autant que possible.

Notez aussi que de telles personnes, si elles ont de véritables bonnes raisons pour préférer travailler seules, pourraient aussi être utiles. Le leader devra être capable de jauger les individus, et savoir faire la différence entre les spécimens foncièrement indépendants mais compétents, et ceux intrinsèquement égoïstes et branleurs. Les premiers pourront être envoyés seuls en éclaireur lors de missions de reconnaissance, voire même en opération tactique lorsque la mission l'exige ou le permet.

De telles personnes sont rares, mais il m'est arrivé d'en rencontrer. Ce sont très fréquemment des graines de héros, prêtes à accepter des missions que d'autres refuseraient à cause de leur danger potentiel. Notez que si elles sont individualistes, ce n'est en général que dans l'action. Leur égocentrisme s'arrête alors à leur manière de travailler, et il est fréquent que de telles personnes aient par ailleurs une réelle empathie pour le groupe. La seule chose étant qu'elles préfèrent agir seules, ce qui n'est pas forcément une tare en soi.




Dans un scénario de chaos, ce ne sont pas uniquement la sécurité ainsi que les capacités tactiques qui nous intéressent, mais aussi la manière de vivre et de reconstruire. A partir de là, nous vivons en petite communauté qui a des besoins multiples et variés. Nous ne sommes pas seulement une équipe en mission, et donc tout n'est pas aussi simple que pour un groupe de combat. Si vous êtes le leader, vous devrez utiliser les talents personnels en laissant les gens se spécialiser là où ils sont bons. Déléguez des domaines de responsabilité à certains membres du groupe que vous aurez choisis, et laissez-les développer leurs propres équipes. Après quoi, laissez-les gérer leur personnel et commander dans leur sphère d'influence.

En tactique militaire, on appelle cela un " commandement de mission ". Un tel commandement vous donne mandat pour confier une mission à vos subordonnés, leur faire connaître votre plan global, puis les laisser mener à bien leur travail tout en les assurant de votre support au besoin. En voici un exemple :

Un chef dit à une unité A de " prendre la colline ", mais ne leur donne pas de commandement de mission ni de raison pour laquelle elle doit le faire. L'unité va s'exécuter, et prendre éventuellement cette colline. Si une fois parvenue au sommet, elle voit que le pont dans la vallée n'est pas défendu, les gars vont s’asseoir et simplement reporter. Dès lors, l'opportunité est ratée.

Si maintenant le chef dit à la même unité : " Prenez la colline, de manière à ce que je puisse vous avoir en support à l'unité B tandis que celle-ci avance et prend le pont ", et s'il ajoute que son plan global est de se rendre maître du passage de la rivière, alors la partie est différente. Si l'unité A voit, une fois au sommet, que le pont n'est pas défendu mais que l'ennemi se regroupe en vue d'une contre-attaque massive dans le but de s'en rendre maître, alors cette unité A pourrait prendre l'initiative de redescendre rapidement, prendre le pont, et éviter ainsi à l'unité B d'avoir à attaquer un pont défendu par un ennemi. De cette façon, l'unité A aura accompli le plan que le chef avait en tête.

Il faut aussi ne pas oublier qu'aux différentes caractéristiques et compétences que possèdent les gens, s'ajoute une quantité variable de talents, comme par exemple ce que l'on nomme " l'intelligence émotionnelle ". Dans un groupe de survie, la testostérone ne doit pas prendre le dessus. Les femmes sensibles, matures, de type maternel, doivent aussi avoir leur mot à dire. De telles femmes seront naturellement préoccupées par le bien de la communauté, notamment des enfants et de ses membres les plus faibles. Ecoutez leurs conseils ; Elles pourraient vous aider à éviter que les mâles partent en vrille et délaissent tous ces gens-là.




Il n'y a pas lieu ici de faire du sexisme. Nous savons tous qu'aussi bien les hommes que les femmes peuvent être égoïstes et inutiles dans notre monde moderne, mais il existe néanmoins des différences naturelles en termes de capacités entre les individus et les sexes. Le fait de prendre en considération les avis féminins - et de les respecter - pourrait ajouter une bonne dose d'équilibre dans le processus de décision. En fait, il ne s'agit pas tellement du sexe des personnes, mais plutôt du respect de l'opinion de celles les plus sensibles. Leur écoute vous aidera à gérer les membres du groupe qui pourraient ne pas être des éléments " parfaits ", soit parce qu'ils seraient plus préoccupés par eux-mêmes, ou peut-être portés vers la panique et les peurs irrationnelles.

En tant que leader, vous devrez rester humble et vous inquiéter en priorité du groupe plutôt que de vous-même. C'est la même chose qu'être parent, et vous pourriez en fait vous retrouver comme un père en charge d'un " groupe familial ". La position de commandement vous donnera des ailes, ce qui est une autre façon de dire que le leadership vous apportera une énergie supplémentaire parce que vous serez concentré sur la stratégie et sa mise en oeuvre, et aurez la volonté de voir les différentes missions menées à bien. N'oubliez pas non plus que les autres membres de la communauté n'auront peut-être pas la même motivation...

Un groupe de civils sera aussi composé de personnes d'âges, de possibilité physiques et de conditions de santé diverses. Dès lors, ces différents besoins devront être considérés. Sachez pousser les gens de votre équipe lorsque c'est nécessaire, mais sans non plus les mettre à terre. Vous gagnerez leur respect s'ils voient que vous êtes humble, compétent, et juste. Cela n'a rien à voir avec le fait d'être gentil. La gentillesse, c'est bien, mais être aimé en tant qu'ami est différent d'être respecté en tant que leader. Je crois personnellement que dans le cadre de la gestion d'une équipe, les sentiments comptent moins que le respect. Ou encore, dit d'une autre manière, qu'il vaut mieux être respecté plutôt qu'aimé. C'est en tout cas la manière dont je vois les choses pour ce qui est des relations humaines appliquées aux situations de crise.

Mettez les besoins de votre équipe en premier ; Faites-les manger d'abord, et mangez vous-même en dernier. Être un leader n'a rien à voir avec le fait d'être un quelconque chef de guerre ou un tyran, et de tirer la couverture à soi. Vos troupes en premier, vous ensuite.

Prenez des décisions valables et raisonnées, et traitez tous les membres de votre équipe de manière équitable. En même temps, ne vous négligez pas non plus ; Assurez-vous de manger et de vous reposer suffisamment. Vous ne rendrez pas service à votre équipe si vous vous tuez vous-même, et le simple fait de travailler plus que de raison n'est pas une vertu.

Le fait d'avoir un bonne équipe de commandement vous donnera des chefs en second qui vous supporteront dans votre travail. Vous devez donc vous assurer de déléguer aux bonnes personnes, de manière à avoir une structure de commandement qui vous permette de vous libérer des tâches secondaires. Cependant, n'oubliez pas qu'en tant que leader, c'est vous qui au bout du compte serez responsable...

18 commentaires:

  1. Etienne chouard, je pense qu'on parle de toi dans cet article...

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  2. Bonjour

    Merci une nouvelle fois pour cet article enrichissant.
    Après sa lecture je me pose encore une ou deux petites questions. Dans le cadre d'un groupe constitué de personnes se connaissant depuis un moment (tel qu'une famille ou un groupe d'amis solides) , le chef naturel sera identifié sans trop de difficulté de part ses qualités connues et observées depuis longtemps en temps de paix. De tels profils mettent souvent un peu de temps à se révéler dans la mesure ou la sagesse et la justesse des choix a besoin de temps pour se vérifier.
    Le chef tel que je le concois à la suite de cet article à une nature forte mais pas nécessairement encline à se mettre en avant. On le reconnait car il prend les choses en main dans l'urgence et guide les autres.

    Ma question est donc : dans le contexte d'un groupe d'inconnus formé sur le tard par les circonstances, comment s'assurer de désigner la bonne personne, et par extension, comment s'affirmer comme cette personne ?
    En effet comme on le sait, il y aura toujours une grande gueulle ou une terreur de cour d'école pour s'auto-désigner chef. Il pourra éventuellement posséder le charisme nécesssaire, mais pas forcément l'habileté à gérer un groupe dans la durée, ou à désigner de bons adjoints ou même des adjoints tout court.
    On le voit dans notre société, le peuple est très malhabile à élire de bons chefs, et cède d'avantage à l'éloquence ou aux mensonges qu'au charisme et à la vision réaliste et crue des choses.
    En bref (toujours dans le cas d'un groupe d'inconnus), comment reconnaitre dans le bon chef dans le court temps imparti pour le désigner, alors même que les qualités d'un chef se vérifient par ses actions ?
    Question subsidiaire; faut-il quitter un groupe douteux quitte à faire cavalier seul (j'aurai tendance à répondre que oui mais j'imagine que ce n'est pas si simple) ?

    Merci

    T.

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    1. Salut T.
      Le bon chef à les qualités de Rick Grimes dans The Walking Dead, résumées dans l'article : compétent individuellement, humble, dévoué au groupe, protecteur, charismatique, juste, respecté... Celui qui réussit à unir les opinions et impulser un élan commun au groupe me semble être le bon type.
      Pas facile en effet de repérer ça au premier coup d'œil ...
      Ed

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    2. Dans cette société, tout le monde veut être patron car il imaginent tous que ça veut dire gagner beaucoup d'argent et se la couler douce..

      Je serai toujours fidèle au vieil adage qui dit "Mieux vaut être seul que mal accompagné".

      Mais, peu de gens supporte la solitude..
      Comment se reposer correctement si personne ne veille sur nous?

      La seule solution est de constituer son groupe au plus tôt.
      Prendre le risque d'évoquer nos inquiétudes à nos meilleurs amis ou bien se rapprocher significativement des gens qui pensent comme nous!!

      Il semblerait qu'il y ait encore du temps pendant que les moutons regardent la finale de fric-ball.

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    3. En temps de paix, oui, tout le monde recherche le pouvoir, même illégitime... mais en temps de guerre, il n'y aura que les "vrais meneurs" qui rechercheront à être chef.

      Avoir du pouvoir en temps de guerre, signifie surtout beaucoup de connaissances à avoir, et beaucoup de responsabilités, chaque choix sera crucial, et chaque échec désastreux... et à ça, je vois mal joe le clodos dans le costume de patron. (exemple au hasard, imaginez hollande sans son armée de CRS)

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  3. Bel article, bel enseignement, merci Pierre !
    "Un grand pouvoir implique une grande responsabilité".
    Ed

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  4. pour le coup du tirage au sort, largement mis en avant par Etienne chouard, ça partait d'un bon sentiment.

    ce n'est surement pas la meilleure des idées, mais l'idée de base est:

    d’arrêter le quinquennat, qui permet à l'heureux élu, à avoir sa sinécure pendant 5 ans, quoi qu'il fasse, même de la haute trahison envers son pays, méme 5 minutes après son éléction

    D’arrêter les "spectacles" des prétendants au trône de France, qui ne sont finalement que des "représentation d'acteurs" financés par ceux qui les dirigent (plus une personne passe à la télé, plus elle a de chance d'étre élu, donc ça devient possible de simplement "acheter" sa place à l'élysé)

    Et pour ce système de tirage au sort, le point clef était surtout la capacité de virer du pouvoir tout président considéré comme incompétent.

    Bon, je dis pas ça pour prendre, encore une fois, la défense de l'équipe à Soral (c'est manière de dire, il ne fais pas partit de EeR, mais le discourt est rassemblant) Mais beaucoup de personnes travaille sur une manière d'avoir un chef, sans passer par la case "haute trahison en toute impunité" Un changement de la constitution est bien sur privilégié, mais une façon de la faire appliquée reste le plus gros problème.

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    1. Le tirage au sort tel que pratiqué dans l'antiquité à Athènes, et tel que préconisé par Chouard, concerne les représentants du peuple, pas les chefs.
      C'est une façon d'obtenir une représentation statistiquement proportionnelle des opinions, quel que soit le sujet débattu. Alors que des représentants élus qui représentent vraiment la variété des opinions du peuple, et dans la même proportion... on pourrait en rêver, mais sans plus.
      Le truc qui semble essentiel pour le chef, et que d'ailleurs préconise aussi Chouard, c'est de le responsabiliser. Autrement dit, le juger à la fin de son mandat sur ses décisions et surtout leur motivation.

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  5. Etienne Chouard est un gentil étudiant attardé et irréaliste.
    Pour changer la constitution, il faudrait un referendum et réunir 50,1% d électeurs !!!! La seule véritable alternative, c est un coup d état. Il faut appeler un chat , un chat !!!
    Quant au tirage au sort, sachant que plus de 90% de la population est passée à l état de mouton esclave, assujetti et irresponsable, sans aucune culture civique ni valeurs morales, un simple calcul de probabilité montre que les soi disant représentants en seront issus. Merci bien.

    Un chef n est pas un élu. Il s impose naturellement et n a de compte à rendre à personne, sauf à lui meme, à son honneur et aux devoirs qu il s impose.
    Napoléon s est sacré lui meme empereur !!!!
    De toute façon, en période de crise, de guerre et de danger, le problème ne sera pas d élire un chef, mais tout simplement d en trouver un !!! Et lorsque le canon va tonner, ils ne seront pas nombreux à vouloir assumer cette responsabilité.....
    Lorsque le danger devient réel, lorsque le sang commence à couler et que la peur s installe, tous les moutons viendront se ranger derrière le bélier qui sera le seul à rester debout quand tous les autres seront couchés.

    les BAD:
    J ai déjà dit que je considère les BAD comme une renaissance de l idée de ligne Maginot.
    Sur de nombreux sites, certains peaufinent leur BAD , ou en révent, comme le petit rentier ou le petit propriétaire qui place consciencieusement ses nains de jardin et ses tours eiffel clignotantes autour de sa maison à lui....
    Piero San Giorgio a meme prévu des conserves de confits de canard, des cassoulets... dans la sienne !!!
    ( Ceux qui ont vécu des situation un peu périlleuses, savent qu une bonne soupe de pommes de terre, bien chaude et brulante, vaut tous les saumons fumés du monde )
    Je le répéte, le seul intérét de la Bad de Piero, c est qu elle est en SUISSE !!!
    Je le mets au défi d installer une BAD au Kosovo !!!!
    Et la France actuelle est bien plus proche du Kosovo ou de l ex URSS que de la Suisse .
    Personnellement, comme je n aime pas discuter sur le sexe des anges, mais que je considère que seule l action est révélatrice et purificatrice :
    Depuis le 18 Juin ( jour de l appel du gal De Gaulle pour la France Libre ) je me suis expatrié en Crète, dans un petit village grec à 3km de la mer et 10km des montagnes.

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    1. Chouard n'est pas si idiot que ça, même si il a beaucoup travaillé sur une nouvelle constitution, il n'a jamais caché le fait qu'elle ne pourrait jamais être mise en place sans un coup d'état.
      Une dictature populaire, comme napoléon bonaparte, mouammar kadhafi... ou saddam hussen (si si, je maintient se que je dis, c'était pas mére térésa, mais il maintenait l'ordre dans son pays, et l'argent du pétrole avait le mérite d'aller dans les infrastructure et l'éducation) est bien souvent bien plus efficace que l'illusion d'un vote démocrate (qui n'est finalement qu'un spectacle de marionnette)
      Ceux qui prennent le pouvoir par cette voix sont bien souvent motivé à relancer leur pays plutôt que de s'enrichir.

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    2. Chouard s'est demandé comment faire en sorte qu'une démocratie puisse fonctionner en tant que telle.
      Tu as tout à fait le droit de considérer que le principe même de la démocratie n'est pas viable.
      Je pense qu'il a aussi le droit de chercher comment l'améliorer, et ses suggestions, tirées de l'expérience de grandes démocraties, sont loin d'être stupides. Bien sûr, il faut déjà se trouver au pouvoir pour appliquer ces règles, ce ne sont pas elles qui permettront de le prendre. Cependant, il a le mérite d'avoir fait connaitre à beaucoup de gens des possibilités auxquelles jusque là peu réfléchissaient. Et pouvoir créer une société plus démocratique après le chaos serait peut-être pas mal. Pendant le chaos, évidemment, pas question, il faut décider beaucoup plus vite que ne le permet un régime démocratique, ce n'est pas pour rien si Rome mettait sa démocratie entre parenthèses en temps de péril en donnant les pleins pouvoirs à deux consuls. Cependant, ces consuls avaient des comptes à rendre au peuple, et c'est normal, après leur mandat. Pendant, ils étaient libres de leurs mouvements.

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    3. Les Cincinatus ne courent pas les rues ,c'est par l'exemple réussi que l'on vous considère comme celui que l'on suit dans ses initiatives,alors en cas de chaos nous serons bien loin d'un bulletin de vote ou autre forme politique servant à réunir des hommes , pour réaliser ce qui sera de prime abord la survie comme but premier et l'après survie n'est pas écrit.Les qualités définies par Pierre sont celles de l'honnête homme : un mélange de connaissances (culture) , de valeurs universelles (éthiques) et d'adaptabilité ,les constructions intellectuelles sont affaire de gens bien nourris assis à leur bureau n'ayant pas à se battre pour vivre la minute suivante aussi intéressantes soient elles.Je ne crois pas que nos concitoyens dans leur ensemble envisage cette situation au ras du sol et pourtant il faut se rappeler que si le pire n'arrive pas toujours ,c'est toujours le plus probable Cordialement à tous

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    4. Les groupes armés et leur ordre hiérarchique se fera naturellement, mais quand tout se sera tassé, et le calme reviendra, je vois déjà des milliers de personnes ressortant de leur bunker 5 étoile, et reprenant le pouvoir par la force.

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    5. Bonjour Reinho,encore faudrait il qu'ils puissent disposer de cette force et qu'ils n'aient pas été attendus a la sortie de leur trou à rat,le combat ne fera que commencer et beaucoup y laisseront plus que des plummes !!

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  6. Pour essayer d y voir clair sans trop d états d ame, il faut constater que, quitte à choquer les ames sensibles :
    La démocratie a fait long feu. C est un concept suranné, devoyé, dépouillé et détourné de ses idéaux, inadapté, un vulgaire instrument de manipulation des masses.
    Le Roi est mort, Vive le premier consul ?
    Mais la France d aujourd hui n est pas la Rome antique !!!
    Si le Sénat et l Assemblée Nationale donnaient les pleins pouvoirs à un consul...Qui serait ce consul ??? Hollande, Sarkozy...On se mord la queue !!!
    La France, comme la plupart des pays occidentaux sont en état de guerre. Sauf que l ennemi est invisible, les armes sont invisibles, les faits de guerre , de destruction et les pillages sont présentés comme des actes humanitaires.
    Il suffit de se rappeler le discours de JFK, en 1962, à l université de Columbia, 10 jours avant son assassinat : Un ennemi invisible, de l intérieur, secret et impitoyable.
    A Berlin, aprés la chute du mur, une écrivaine polonaise dissidente m a dit: C est terrible. Avant, nous savions qui était l ennemi: Les communistes. Aujourd hui, nous ne savons plus. Nous sommes perdus.
    Et c est face à cet ennemi invisible que le survivaliste doit prendre ses premières et principales décisions.
    S il doit y avoir conflit, la première décision, c est de choisir le terrain de bataille.
    Pour Napoléon, ce fut Austerlitz.
    Pour moi, c est la Crète. A chacun de choisir son champ de bataille ou il aura des chances de sortir vainqueur.
    Après, si ca dégénère, il faudra etre pret à assumer les responsabilités de chef, car la survie en solitaire a ses limites.

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  7. La survie en solitaire est un thème déjà bien débattu,il en ressort que le solitaire n'a aucune chance sur le court terme,l'être humain fonctionne en harde depuis la nuit des temps,aucun mammifère ne vit en solitaire totalement ,et surtout quel intéret ?,les robinsons le sont par accident,la moindre maladie ,le manque de sommeil,la faiblesse créative ou de production,les combats éventuels rendent totalement irréaliste et dangereuse cette vision des choses

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  8. Je pense que le timing dans "la prise de pouvoir" est très important. Tant qu'un groupe n'est pas dans la merde jusqu'au cou il y a de grands risques qu'il ne choisisse pas un bon leader, atermoie, prenne des demi décisions, donc mauvaises. Les décisions fortes et nécessaires ne sont jamais populaires. D'où la nécessité d'attendre une aggravation des conditions, sauf si tous les membres du groupes sont intelligents et sans égo. Hihihi. Montrer ses compétences, oui, mais ne rien précipiter. Surveiller les potentiels leaders, laisser le groupe se tromper (quitte à être désavantagé plus tard, mais un pouvoir étendu compensera) un peu pour qu'il se rende compte de la nécessité d'un chef, et des qualités requises, attendre l'heure adéquate avant de passer à l'action pour prendre le pouvoir... pour le bien du groupe, et seulement si on a les compétences nécessaires; donc laisser impérativement l'égo de côté. Ce n'est qu'en situation de crise que les hommes se révèlent.

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  9. La Crète, meilleure destination que la campagne française? A voir. Je ne suis pas certain.

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