22 septembre 2013

Le rechargement du calibre 12 en tir tactique (2/2)

Dans une première partie de cet article, nous avons étudié le rechargement du calibre 12 dans ses versions à pompe et semi-auto.

Aujourd'hui, nous avançons un peu plus dans la difficulté pour traiter le cas du changement de munitions en cours de bataille, l'arme étant chargée ou approvisionnée, voire les deux...

Ce sont des techniques avancées qu'il est bon de connaître lorsqu'on possède une (ou plusieurs) armes de ce type et que l'on tient à la maîtriser.

Nous repartons donc outre-Atlantique pour quelques Vidéos supplémentaires de nos sympathiques professionnels...



Imaginons que vous êtes en opération sur le terrain, le calibre 12 dans les mains chargé de cartouches à plombs (du 6 par exemple, voire de la chevrotine). Vous déambulez tranquillement avec votre copine (celle de la photo) au milieu des ruines éparses et autres débris fumants, lorsqu'un véhicule ennemi se présente... Votre sang ne fait qu'un tour, et vous réalisez que les cartouches dont l'arme est chargée ne seront pas suffisantes pour stopper la menace qui se rapproche dangereusement. Votre copine, qui a bien saisi toute l'urgence de la situation, vous crie alors : " Il faut les remplacer par des cartouches à balles !!! "...

Comment effectuer cette opération le plus rapidement possible sans gaspiller de munitions ? C'est le but de cet article.

Nous envisagerons deux manipulations : la première à partir d'une arme non chargée (pas de cartouche dans la chambre) ; la seconde à partir d'une arme chargée. Nous supposerons dans les deux cas que le magasin est rempli au maximum de sa capacité.


1° cas : Arme non chargée + magasin approvisionné au maximum de sa capacité



1) Les fusils à pompe





On commence par faire monter une cartouche dans la chambre en manœuvrant la culasse. Puis on débloque celle-ci et on ramène la pompe à demi-course de manière à faire ressortir la cartouche du canon à moitié seulement. On appuie sur la cartouche suivante qui se trouve dans le magasin pour la faire re-rentrer dans celui-ci (la manœuvre précédente l'avait désenclenchée). Après quoi on ramène la pompe entièrement de manière à éjecter la cartouche présente dans la chambre. A partir de là, on procède comme décrit dans l'article précédent : on prend une cartouche à balle que l'on place dans la chambre + une seconde que l'on enfile dans le magasin. A présent, on dispose de deux cartouches à balles qui vont être capables de répondre efficacement à la menace.

Cette manœuvre permet de ne gaspiller aucune munition, et de récupérer la cartouche qui était au départ dans la chambre pour un usage ultérieur...

Dans la vidéo, la manip s'effectue avec un Remington 870. Elle peut être très légèrement différente suivant les marques et les modèles, mais le principe reste le même.


2) Les semi-automatiques





Manœuvre pratiquement identique, bien que peut-être un peu moins confortable. On commence par faire monter une cartouche dans la chambre en pressant le bouton qui se trouve près du pontet (sur la majorité des semi-autos). On arme la culasse en arrière, puis on la ramène en avant dans la foulée de manière à placer la cartouche dans la chambre. A partir de là, on éjecte la cartouche en manœuvrant de nouveau la culasse ; puis on tient celle-ci en arrière de la main droite (si l'on est droitier) en s'appuyant contre l'épaule ; on prend une cartouche de la main gauche que l'on place dans la chambre + une autre dans le magasin.

On dispose à présent de deux cartouches à balles. Pourquoi deux ? Parce qu'à deux, c'est mieux :o) En fait, c'est parce qu'un professionnel doublera toujours son coup dans ce genre de situation.

Dans la vidéo, la manip s'effectue avec un Benelli M1. Elle peut être très légèrement différente suivant les marques et les modèles, mais le principe reste le même.


2° cas : Arme chargée + magasin approvisionné au maximum de sa capacité



1) Les fusils à pompe





La manipulation reste fondamentalement identique, sauf que l'on éjecte une cartouche supplémentaire avant de procéder à la manœuvre étudiée précédemment.


2) Les semi-automatiques





Même commentaire que précédemment. Là, pour le coup, c'est plus simple avec un Benelli semi-auto...

J'espère que ce nouvel article vous aura permis une meilleure maîtrise de votre arme, si besoin était. Je reviendrai très probablement sur d'autres techniques avancées de manipulation des fusils en calibre 12, dans la mesure où leur utilité ainsi que leur efficacité restent exceptionnelles dans une situation de chaos.

5 commentaires:

  1. Mon avis : Dans un cas comme celui plus haut , un survivaliste préfèrera la fuite ou la discrétion a l'attaque de front .Le calibre 12 est polyvalent pour nombres de choses mais pour la neutralisation de véhicules , un bon vieux cocktail Molotov sera plus adapté .Si on veut vraiment neutralisé un véhicule avec une arme de chasse les calibres safari sont beaucoup plus adapté a partir du 416 Rigby.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il ne s'agit pas forcément de neutraliser le véhicule, mais plutôt celui qui se trouve à l'intérieur, à travers un pare-brise épais par exemple. Il est bien entendu que le survivaliste évitera toujours l'attaque de front, surtout s'il est seul. C'est ce que je me tue à répéter depuis le début... Mais il doit aussi être capable d'agir lorsque la situation l'exige.

      Supprimer
  2. Merci pour cette partie 2/2 qui répond parfaitement à une interrogation que j'avais sans trouver de réponses ailleurs. Faut dire que dans les règles de l'art on nous dit de toujours vider le tube de chargement entièrement avant de changer de type de cartouche.

    Serait-il possible d'intégrer dans un futur article sur le FAP des exemples d'ultra-courts, donc sans crosse d'épaule ? En milieu très confinés comme l'intérieur d'appartement, de maisons ou sous-bois sauvages, comme dans des positions non "scolaires", j'y vois beaucoup de potentiels, mais peu de monde en parle.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Eric,
      Il n'existe pas de techniques particulières pour les FAP ultra-courts. Les modèles sans crosse d'épaule ne sont pas toujours pratiques, en particulier pour la sécurisation de bâtiments dans la mesure où les deux mains sont nécessaires pour les tenir.
      La solution obligatoire avec une telle arme (et la seule) est de lui attacher une bretelle deux points relativement courte, de manière à la stabiliser et pouvoir recharger confortablement sans avoir à supporter tout le poids d'une seule main.
      Cordialement.

      Supprimer
  3. Et pour recharger un ak ou un ar a un bras...
    https://youtu.be/8GgQd6aBDWg
    Ca peut etre utile quand on est blessé ou pour permettre de liberer un bras pour une arme de poing...

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes sont autorisés.