22 novembre 2013

Comment se défendre face à une arme à feu (1/2)

Les armes constituent certainement l'un des meilleurs moyens de défense, et les lecteurs de ce blog savent combien elles sont essentielles dans une optique de survie.

Cependant, les aléas du prochain chaos pourraient amener tout survivaliste même avisé à se retrouver victime d'un malfaisant, sous la menace directe et rapprochée d'une arme à feu.

Dans le but d'y faire face avec élégance et bonne humeur, cet article se propose de vous montrer quelques techniques de désarmement qui ont fait leurs preuves et peuvent être maîtrisées facilement...




L'un des avantages incomparables d'une arme à feu est de pouvoir maintenir un ennemi potentiel à distance. Les véritables professionnels en ont parfaitement conscience et prennent garde à toujours conserver un espace suffisant entre eux et la personne qu'ils mettent en joue. L'exemple typique nous est donné par les policiers américains, connus pour leur efficacité, à qui l'on enseigne de rester en retrait de plusieurs mètres et prier le suspect de gentiment s'allonger au sol en croisant ses mains sur la tête, avant de s'en approcher.

Il arrive souvent que les malfaisants, par ignorance ou par bêtise, oublient cette règle élémentaire de prudence et collent leur arme sur la victime ou s'en approchent trop près. Pour ce genre de situation, qui arrive plus fréquemment qu'on ne le pense en raison de l'absence de professionnalisme chez la plupart des criminels, il existe certaines parades. Ce sont les militaires qui semblent posséder les meilleures, et je vous propose d'en faire le tour sous la houlette de Vladimir Vasiliev, esthète turbulent des forces spéciales soviétiques, auteur de nombreuses vidéos sur la défense à main nue.

Sans prétendre atteindre l'immense talent de notre sympathique frère russe, on peut néanmoins s'en inspirer. D'autant plus que les solutions qu'il propose sont particulièrement efficaces. Dans tous les cas, on n'oubliera jamais que la première des recommandations lorsqu'on se trouve sous la menace d'une arme est de faire ce que l'on nous demande. Mieux vaut perdre son argent que de perdre sa vie, de la même manière que Paul Vunak, autre géant dont nous avons étudié la méthode dans un article précédent, préconise la fuite plutôt que le combat.

Mais au-delà de ce que nous conseillent les experts ou la prudence, il y a des situations qui imposent d'intervenir : toutes les fois où celui qui nous agresse en veut à notre vie en plus de notre argent, ou celle de nos proches. Suivant le genre de malfaisant, son degré de maîtrise (ou de non-maîtrise), son attitude, ainsi que les conditions du moment, on peut estimer que le risque pris à tenter de neutraliser l'adversaire équivaut celui de ne rien tenter. Mais encore faut-il disposer pour cela de techniques sûres et éprouvées...


La méthode Batman - Cas n°1 : l'agresseur n'a pas encore dégainé


Il est important de préciser que la grande majorité de ces techniques ne peuvent s'appliquer uniquement dans le cas où la personne qui nous menace se trouve dans un périmètre rapproché. En pratique, cela signifie que son arme est à notre portée, et que l'on est en position de la toucher. Un véritable professionnel ne commettra jamais une erreur pareille, et maintiendra en permanence une distance de sécurité de plusieurs mètres. En tant qu'agresseur, le fait de se retrouver désarmé implique donc que l'on a commis une faute, soit par négligence, soit parce que les conditions du combat nous ont amené à la commettre.

Lors de l'entraînement aux techniques de défense face à une agression armée, il est très important de prendre une arme qui soit la plus proche possible des modèles réels, en particulier par le poids. Pratiquer avec un pistolet en plastique est une erreur. Si vous n'avez pas la possibilité d'utiliser une arme véritable (déchargée, cela va de soi), alors vous devrez vous munir d'une réplique d'un kilo environ, de manière à prendre conscience des contraintes purement biodynamiques liées au poids de l'arme.

Globalement, il existe 4 distances de menace avec une arme de poing :
  1. L'arme est à la ceinture ; L'agresseur n'a pas encore dégainé (voir Batman)
  2. L'arme est en contact avec une partie du corps de la victime (poitrine, abdomen, coté...)
  3. La distance est telle que la victime peut toucher l'arme en tendant le bras
  4. La distance est telle que la victime ne peut pas toucher l'arme en tendant le bras
Chaque situation entraîne une riposte spécifique. Dans cet article, nous allons nous focaliser sur le second cas, à savoir celui où l'arme touche directement une partie du corps.


Arme au contact (4 techniques)



Il existe de nombreuses techniques de désarmement dans le cas où l'arme de l'agresseur se trouve en contact direct avec la victime. J'ai volontairement écarté toutes celles qui font intervenir des points de pression ou des mouvements compliqués. Ces dernières, certainement très efficaces lorsque exécutées par un professionnel comme Vladimir, nécessitent cependant une pratique constante ainsi qu'une grande maîtrise des situations de stress.

La première des choses, commune à toutes les techniques, est de s'écarter de la trajectoire du projectile. La suite dépend du point de contact de l'arme avec le corps...


1) Arme contre la poitrine ou l'abdomen



video


video


2) Arme contre l'aine ou la hanche (de coté)



video


3) arme contre la tête



video


4) Arme dans le dos



video


Prochainement, nous étudierons le cas où l'arme n'est pas en contact direct mais qu'il est néanmoins possible de la toucher en tendant le bras.

Il est évident que toutes ces techniques, même si elles n'ont rien de compliqué, doivent être pratiquées pour pouvoir être maîtrisées. Gardons à l'esprit que leur but est de survivre face à une situation de péril extrême, soit le genre de situation qui ne laisse pas vraiment de place à l'improvisation. Comme pour la méthode de défense à main nue étudiée précédemment, il n'est pas besoin de s'entraîner durant des lustres. Quelques séances répétées avec un partenaire devraient suffire pour trouver ses repères...

(Les vidéos de cet article sont extraites du DVD "Gun Disarming" de Vladimir Vasiliev)

9 commentaires:

  1. Très belle démonstration, pas compliquée mais à répéter avec un pote jusqu'à ce que ça devienne un réflexe. Maintenant... foutu pour foutu, si ça vous arrive, tentez le coup! z'avez peut-être une chance de survivre, c'est bien le but de ce blog hein? Le camarade "spetsnaz" est au top! geste naturel, efficacité... et j'adore ce vintage S&W 422 en 6" qui sert à la démo. Un modèle léger, plat, que j'ai connu en 4" et même 2"!!! se fait oublier dans la ceinture du futal, et puis cet étonnant canon "under" qui réduit si bien le déjà faible recul de la 22. Que du bonheur! en revanche n'essayez pas de le démonter intégralement... le remontage peut s'avérer votre pire cauchemar! (Chibani)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis très circonspect puisque rien n'est prévu en cas de retrait soudain du bras armé. Ne pas prendre une pastille mais que la personne à côté en prenne une car rien n'est prévu pour détourner la trajectoire de l'arme me paraît limite.
      Le pompon reste les frappes avec le cul du chargeur, à éviter absolument même si c'est facile et tentant.
      Mais l'essentiel est qu'il faut s'entraîner encore et encore et que ce n'est jamais suffisant, à moins de bouger plus vite qu'une balle.
      Le problème est que ces techniques sont présentées comme sympas et faciles: rajoutez une fatigue, le stress et un type armé et instable et la situation n'est plus du tout la même.
      testez le truc avec les tiges orange fluo que l'on met dans les canons, ça remet les choses en place.

      Supprimer
  2. Vassiliev c'est un grand maitre , instructeur de Systema un art martial Russe "réaliste", une référence en self défense .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ben justement, je ne suis pas grand mamamouchi delamortquitue, par contre je m'entraine 2h par semaine aux techniques de désarmement sur les mêmes exemples, plus d'autres situations. Des fois ça marche et des fois non.
      Si le grand maître y arrive, ça veut pas dire que le péquin y arrivera, or je suppose que cet article ne s'adresse pas aux spécialistes.

      Supprimer
    2. D'accord avec vos remarques, sauf que les vidéo servent à "montrer", après à chacun de s'entraîner. Vous risquez plus de vous retrouver sous la menace directe d'un couteau que d'une arme à feu, mais savoir qu'on peut s'en sortir mieux que mort c'est déjà bien, ça veut pas dire sans bavure (aïe aïe ça pique!) sinon que faire? attendre le bang en fermant les yeux? non!

      Là, je me demande dans quoi vous avez mis vos pieds pour vous faire coller un flingue sur la tête ou contre les côtelettes, si le mec vous a pas fumé d'entré c'est pas perdu, mais c'est trop tard pour sortir votre calibre -si vous en avez un- resté au coffre (c'est la Loi haha) donc vous êtes dans la merde. Le mieux serait de réagir dès le contact de l'arme, pas laisser de temps à l'agresseur qui ne s'attend pas à votre réaction! il aura été assez con pour coller son arme contre vous... C'est plus facile à dire qu'à faire? on est bien d'accord. (Chibani)

      Supprimer
    3. La video montre des cas très stéreotypés. Imaginez que le flingue touche ailleurs que le milieu du front et vous ne savez plus quelle main utiliser pour éloigner le canon. C'est un exemple idiot mais c'est pas en situation qu'il faut penser à faire le bon geste.
      Imaginez encore que le type vous pointe de dos avec les doigts et garde son flingue en retrait. Vous faites votre parade et POUM, rideau. Juste car on ne peut pas faire de différence entre un flingue et des doigts qui vous appuient sur le dos, alors il faut jeter un oeil avant...Délicat.
      D'accord sur le fait que se retrouver dans pareil cas témoigne d'un préalable oubli fâcheux ou d'une malchance à toute épreuve.
      Autre détail qui peut être utile: il semblerait que les armes modernes se mettent en sécurité à bout touchant, attention donc aux tromblons.
      Si je résume:
      identifiez bien la menace (pour être sûr d'avoir la bonne parade).
      Eloigner le flingue de soi et effacer le corps (2 précautions).
      Donnez au flingue la trajectoire la moins létale possible pour l'entourage (en général en bas) et frappez simultanément l'indésirable.
      On peut bloquer le bloc culasse ou le barillet tout en faisant un mouvement qui cassera l'index de l'indésirable dans le pontet après quelques coups bien sentis pour amollir la viande.
      Vous avez l'arme en main? Eloignez vous en pointant l'indésirable tout en activant le bloc culasse, juste pour voir ce qu'il y a en chambre ou pour constater que vous n'avez pas un airsoft dans les mains, auquel cas l'indésirable pourra toujours attaquer de nouveau puisqu'il n'y a aucun danger.
      Toutefois ces techniques sont une chance en plus, pas un placement sûr.

      Supprimer
  3. de toute façon , la self ne s'apprend pas en regardant des vidéo sur internet, la self s'apprend dans un dojo. Mais les vidéo permettent de voir des chose et de les essayer en salle.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ou de façon plus réaliste que dans un dojo dans des cours de Systema ou Krav Maga , pour les deux la règle c'est qu'il n'y en a pas et que seul prime l'efficacité pour s'en sortir.

      Supprimer
  4. bien que la self se pratique dans un dojo, il n'y a pas beaucoup de règle non plus, a part l'interdiction de décrocher les extincteurs :-). nous jouons aussi avec des couteau et des armes de poings

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes sont autorisés.