28 mars 2016

Du sable pour se protéger des balles

Le sable est utilisé par les militaires depuis des lustres comme protection balistique. Il existe de bonnes raisons à cela, hormis le fait qu'il soit un matériau disponible sur tous les théâtres d'opération, et bon marché.

Ces raisons sont-elles justifiées ?

Pour répondre à cette importante question, voici donc une série de tests réalisés avec différents calibres, pour en finir une bonne fois pour toutes avec les mythes.

Les résultats seront très utiles au survivaliste dans le cadre de la défense de son domicile ou de ses installations...



En parcourant le Net il y a quelques temps de cela, j'avais découvert un test des plus intéressants réalisé par un vétéran, que je soumets à votre appréciation. Il permet de lever le mythe sur les capacités de pénétration des projectiles, souvent exagérées, et de constater combien un matériau aussi courant que le sable peut être efficace en terme de protection lorsque le moment est venu d'essuyer des tirs ennemis.

Pour ce test, l'auteur a construit des boites fermées par deux panneaux de Placoplatre, ces derniers renfermant une épaisseur de sable déterminée. Il aurait été facile également d'employer des sacs, mais les résultats auraient pu varier en fonction de leur taille, placement, orientation, etc. Sans compter que le relevé des profondeurs exactes de pénétration aurait pu poser problème.

Le Placo est un matériel qui, selon des tests effectués précédemment, n'avait montré qu'une capacité très faible de protection, aussi ne devait-il pas affecter le test présent.


Quatre boites identiques disposées en enfilade


Il a donc été construit 4 boites identiques, disposées ensuite sur un support l'une derrière l'autre ; De telles boites devant permettre de mesurer avec précision les profondeurs atteintes par les divers calibres.

Chacune d'elles contenait une épaisseur exacte de 14 centimètres de sable.

Ne connaissant pas au départ l'épaisseur requise pour stopper efficacement les projectiles, l'auteur du test avait décidé de construire 4 boites, avant de s'apercevoir qu'il s'était donné beaucoup de mal pour rien...


Les 4 boites pleines de sable


Pour commencer, l'auteur a utilisé un pistolet 22 LR.


1° test avec le 22 LR


On pouvait s'attendre à une pénétration faible, mais la balle a tout de même traversé une épaisseur de sable d'environ 13 cm !

Puis ce fut le tour du 9 mm.


Test du 9mm


La balle de 9 mm a traversé complètement la première boite, et s'est arrêtée juste avant la seconde.

Elle a marqué le panneau arrière de Placo, sans toutefois le traverser.


Impact de la 9 mm à l'intérieur du panneau arrière


Puis le 45 ACP.

Test du calibre 45 ACP (11.43 mm)


Le 45ACP a pénétré autant que le 9 mm, soit 15 cm environ.

Sur la photo ci-dessous, on peut apercevoir la pointe de l'ogive dépasser à peine de la boite.


La balle de 45 pointe le bout de son nez...


Puis ce fut au tour des armes longues...

Pour commencer, le calibre 5.56 mm, avec un AR-15 en 20".

A la surprise générale, la balle s'est complètement désintégrée dans la première boite, et l'auteur n'a pu en retrouver que de très petits morceaux.

La balle n'a même pas atteint l'arrière de la première boite.


Test du cal 5.56mm (.223)


Puis le calibre 7.62 x 51 avec un FAL.


Test du calibre OTAN 7.62 x 51 mm


Comme le .223, le .308 n'a même pas atteint l'arrière de la première boite...


Ce qu'il est resté de la balle de .308


Puis ce fut le calibre 12, avec l'équivalent d'une Brenneke (slug)...


Test au calibre 12


La balle n'est pas sortie de la première boite...


Ce qu'il est resté de la balle de calibre 12


Pour finir, l'énorme 45-70.


Test au calibre 45.70


La grosse balle blindée à tête ronde s'est elle aussi arrêtée dans la première boite.


Les restes de la balle de 45.70...


L'auteur avait lu que certains calibres avaient une meilleure pénétration à longue distance. Il a donc reculé de 100 mètres, et procédé aux mêmes tests.

Pour ce qui est des balles de .223 et .308, aucune des deux n'est sortie de la première boite.

Seule la balle de 7.62 x 51 a été retrouvée, du moins ce qu'il en reste...


Ce qu'il reste de la .308 à 100 mètres...


En comparaison, ce qu'il est resté des balles de 9 mm et 45 ACP. On pourrait presque les prendre et les recharger à nouveau...


Les balles intactes de 9 mm et 11.43...


Les leçons qu'il faut retenir :
  • Le sable constitue une excellente barrière contre les projectiles. Aucun des calibres testés n'a pénétré plus de 15 cm. Est-ce à dire que 15 cm de sable sont suffisants en termes de protection balistique ? Quelques centimètres de plus seraient toujours préférables, mais le fait est que 15 cm suffisent dans tous les cas pour stopper les munitions les plus courantes.
  • Les balles de pistolets ont pénétré plus profondément que les balles de fusils. Pourquoi ? Simplement parce qu'elles n'avaient pas la vitesse suffisante pour se désintégrer. Les balles de fusils ont une vitesse telle qu'elles se sont mises en pièce, et cela a stoppé leur pénétration.
  • La balle de calibre 12 a trouvé son maître avec le sable ; La slug a été mise en pièce et arrêtée rapidement.
  • La balle blindée de 45.70 a pénétré un peu mieux que les autres non-blindées, mais guère plus. Le sable l'a aussi stoppée rapidement.

Le sable constitue donc une excellente barrière contre les tirs de calibres en tout genre. Ceux qui tiennent à la protection de leur domicile devraient en stocker un ou deux mètres-cubes dans leur jardin, juste au cas où. Il existe différents moyens pour cela. Ce point important a été traité dans notre dossier spécial consacré à la Défense tactique du domicile.

On trouve dans le commerce des sacs en polypropylène tissé pour quelques dizaines de centimes d'euro pièce (voir sur l'Amazone), aux dimensions appropriées. Ces sacs peu chers ne tiendront pas longtemps s'ils sont laissés dehors, mais suffisent pour la protection intérieure d'une habitation. Pour l'extérieur, rien ne vaut ceux en toile de jute ; Certains surplus militaires en proposent à 1,50 euro pièce.

Si votre budget est limité, des caisses en bois faites à partir de palettes de récupération peuvent être aménagées rapidement aux dimensions exactes de vos portes et ouvertures. Construisez un cadre fait de deux panneaux espacés d'une vingtaine de centimètres, et il ne vous restera plus qu'à couler le sable à l'intérieur le moment venu. Vous pourrez aussi ajouter un peu de ciment, pour donner plus de tenue à l'ensemble. En plus, de telles caisses ne craindront pas les intempéries.

A moins d'être très argileuse ou très sableuse, la terre n'assure pas une aussi bonne protection, et encore moins si c'est une terre légère venant de sous-bois. Si vous manquez de sable, des graviers peuvent être ajoutés au mélange pour compenser avec une égale efficacité...

41 commentaires:

  1. merci pour ce test, j ai vraiment été surpris par la capacité d arret du sable. je vais de ce pas investir dans quelques sacs...

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  2. intéressant si les japs s'en sont servi sur des tronc de cocotiers en protection ce n'etait pas pour rien.Alors on résume une maison de 15mètres par 8 ça fait 92 mètres de linéaire sur 2 mètres de haut a protèger, soit 92 panneaux /boites de 1x1x0.2 mètres a 360 kg le panneau (faut être costaud) ben oui masse volumique du sable enviro 1.8 t suivant l'humidité au mètre cubesoit total pour la maison sans les portes extérieures 33 t de sable environ 16mètres cubes ,il faut de la place et je me vois mal laisser tout ça à demeure sans que la maison dans la prairie ressemble a un bunker,je me vois encore moins a 3heures du matin sur une attaque de malfaisants trimballer avec un diable mes boiboites pleines de sable (ben oui principe de précaution on les remplit a l'avance) alors oui c'est super pour des petites positions de tir ,des petits bastions comme a l'armée mais pour un particulier à part protèger une porte et éventuellement une pièce avec des boites en ba 13 hydrofuge c'est beaucoup moins évident si c'est posé à l'extérieur ,quand a les mettre a l'intérieur je vois déjà la tête de ma douce moitié voyant le volume de la chambrette réduit d'un quart!!!peut être que l'investissement dans un blockhaus de la dernière guerre en vaut la chandelle

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  3. Comme pour toute chose, il faut d’abord réfléchir avant de vouloir transformer sa maison en château de sable.
    Lorsque P Templar évoque le fait de disposer d’un ou deux mètres cubes chez soi, il est clair qu’avec cette quantité on ne peut protéger sa maison entière.

    Il s’agit donc de réfléchir à la protection de son habitation en terme « d’effet à obtenir » en faisant un choix de ce que l’on veut protéger.
    Cela peut être une pièce, un accès, un point à partir duquel vous pouvez contrôler votre jardin.

    Bref, il s’agit bien de mettre en place des « postes de combat ».

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  4. Donc je construis ma BAD sous les pavés
    ;)

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  5. Bon,un détail qui n à pas été soulevé et qui a son importance :
    SEC ! Le sable
    Car si il est mouillé et bien l eau agit comme un lubrifiant !!et la balle ira plus loin....
    Le 11,43 étant aussi le diamètre du cal 44 en poudre noire comme tout le monde le sait.
    Alors, pineau noir et sable sec!!!:)

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  6. Pénétration d'une flèche avec lames tiré par un a… : http://youtu.be/3WcyJxT0-uM

    La, c est pour vous rendre compte qu en silence...on fait des trous
    X.
    Ps:$€C le sable

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    1. Si on compare la masse de la flèche à celle de la balle, ce n'est finalement pas si surprenant.
      Francois

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    2. Je me demande ce que ça donnerait avec une flèche constituée d'un tube mince rempli d'un explosif brisant... Un gros trou, probablement.
      Francois

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  7. Je suppose que la nature même du .223 et du.308 est d'être frangible à l'impact (Cf. la doctrine de type guerre froide, un blessé/4 porteurs et gnagnagna...).
    Qu'en est-il avec de la balle blindée de même calibre?
    Le sable très sec et très tassé peut devenir extrêmement dur, comme celui des sacs de boxe d'antant qui faisaient très mal à l'impact, cependant mon pessimisme mesuré me pose quelques questions.
    Est-ce la densité de la protection qui fait son effet ou l'épaisseur du dispositif?
    L'ajout de gravier aura t-il un effet shrapnell en cas de toc toc plus gros? Ben oui, quand on voit le nombre d'ak n'appartenant pas à des licenciés FFT sur notre territoire, je me dis que des rpg ne doivent pas être loin et qu'il faut s'attendre à subir ce genre de choses dans un avenir qui ressemble au présent.
    cc

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  8. je suis d'accord avec l'article, mais il utilise bien des balles bout plombé ?, sa donne quoi avec de la balle militaire, de la blindé ?

    j'ai un ami qui m'avait fait testé un kar 8.56, et un nagant 7.62, en stand, et on a testé les balles bout plomb et des blindés, et la plomb faisait un trou énorme mais pénétration minable, et la blindé tout l'inverse.

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  9. on peut aussi remplir de sable les parpaings au moment de la construction d un abri pour obtenir une meilleure protection

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  10. le type de balle a plus que son importance, c'est même primordial.
    A calibre égal, utiliser par les chasseurs comme par les militaires, le 7.62x51 ou 308 win, les balles utilisées seront différentes :
    - blindée pour le militaire afin d'aller chercher l'adversaire derrière une protection;
    - en plomb ou semi-blindée avec souvent une tête creuse pour le chasseur afin que la balle stop le gibier et ne le traverse pas simplement.

    Sans cette précision, les tests sont caduques.

    j'avoue qu'à la première lecture, la question ne m'est pas venue, l'utilisation de balle blindée me semblant évidente pour ce genre de test.

    Pierre, aurais-tu la réponse ?

    Sinon, pour le RPG, il va falloir mettre plus d'épaisseur, pour l'obus de mortier aussi et ajouter un toit.

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    1. Pour couper court à toute discussion, je confirme : balle NATO standard dans les deux cas, donc blindée.

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    2. merci pour les précisions !!

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    3. Vous me pardonnerez, mais le standard FMJ n'est pas blindé. C'est pas du HP, qui n'a aucun intérêt pour ce test, mais ce n'est pas blindé. Le FMJ, ça s'éparpille dans la cible, d'où les petits éclats partout, selon la doctrine des années 60 complètement obsolète depuis qu'on a des ennemis beaucoup moins classieux.
      cc

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    4. rpg 7 !!! ou autre variante là on change carrément d'échelle !!! c'est du 1.5 de béton qui est traversé ou 25 cm d'avier blindé .Il vaut mieux du sable que rien du tout et autrement foutre le camp,ou passer a l'attaque par défilement mais c'est bon pour l'armée pas des partisans

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    5. Cher Janus 2a, la peur n'évite pas le danger. Nos minorités nuisibles peuvent très bien avoir ce genre d'outil. Cependant le principe de perforation est basé actuellement sur 2 principes:
      Une tête très dure avec une énorme vitesse en sortie de bouche via une très grosse charge propulsive.
      La charge creuse basée sur la canalisation de l'impact sur un très petit point qui liquéfie littéralement le métal.
      Si on est un peu bricoleur, ça peut se maîtriser, après tout, le panzerfaust était du fer blanc et de la poudre noire, alors imaginez aujourd'hui ce qu'on peut faire.
      cc

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    6. D'accord Janus, mais là il s'agirait de charge creuse, non?
      Donc une deuxième cloison à une certaine distance derrière la première pourrait tenir le coup, si je ne me trompe. Mais à quelle distance? Probablement plusieurs mètres.
      Francois

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  11. Merci pour le partage de ce test, Pierre.

    Le sable offre en effet une protection très intéressante, pour peu que l'on sache l'utiliser chez soi. Pas forcément pour protéger tous les murs, mais juste pour aménager une entrée ou un poste de tir (balcon, entrée).

    La balistique, l'énergie cinétique, le pouvoir de pénétration sont des sujets intéressants. Il est, par exemple, instructif de noter la différence que l'on obtient entre l'onde de choc d'une ogive et la flèche de chasse d'un arc.

    La vitesse du projectile est un facteur important, également.

    Pour du sable (particules de roches), mieux vaut la lenteur et précision des lames rasoirs d'une flèche d'arc. Pour secouer ou pénétrer un objet dur ou un être vivant, mieux vaut l'onde de choc d'une balle.

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  12. Confirmation, dans ce super article, de ce que l'on m'avait enseigné pendant mes "classes". Il y a....52 ans !!!! Je suis de la 64/1/C. Mille Dieux, il m'en faut au moins Mille, que le temps passe !!!!La Flèche et son pouvoir létal. Étant chasseur particulièrement à l' Arc, classique , recurve (double courbure+démontable),65 # de puissance à 32', je confirme le pouvoir de pénétration d'icelle. Évidemment équipée d'un pointe de chasse très bien aiguisée. REDOUTABLE. Un sanglier, 53 kg vidé, tiré d'un tree stand a fait 35 pas et s'est écroulé,mort. On comprend mieux pourquoi les Amérindiens lors de leurs chasses aux bisons, avaient de tels résultats. Ceci implique une approche maxi et la plus discrète possible !!!!!
    @+
    REM

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  13. Ce n'est pas avec des sacs de sable de 14 cm de profondeur qu'on aura les mêmes résultats.
    En effet, dans l'essai de cet article, le bois renforce le bouclier de sable.

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    1. SVP regarde une vidée you tube sur l'actualité guerrière en Syrie ou en Irak et tu verras comment ils se protègent rapidement et efficacement en terrain découvert. Le bois (à part les arbres) (sauf la végétation pour le visuel) est
      peu efficace; si maintenant tu discutes détails sur cette démonstration, faut pas bloquer là dessus, c'est peanuts, le but de la démo c'est MONTRER l'efficacité du matériaux... le meilleur ou un des.

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    2. Les essais dépassent les théories. Vu qu'on dispose au stand d'un pas de tir de réglage cloisonné (distance 50 mètres), je m'en vais essayer bientôt avec mon glock 19, ma Reminton varmint en .308W, mon AK74 et mon K31. Je verrai bien si la GP11 se désintègre aussi facilement.

      M'est en effet avis que le test gagnerait à être réalisé avec des sacs du type anti-inondations en polyuréthane de 30x70 dans lesquels on aurait glissé au milieu un carton médian.

      En effet sur la photo on voit l'impact du 9mm à environ 15 cm du fond et à 8cm du bord droit. Or, pour peu que le type eût touché à la limite haute du cadre il est probable que la balle aurait rencontré 3 ou 4 moins de résistance pour frayer à travers.

      Si pour stopper de la blindée courante les militaires disposent deux rangées de sacs qui font une trentaine de cm d'épaisseur, soit 60cm, et trois rangées pour se prémunir d'une 12.7x90, soit 90 cm, c'est qu'ils y a sans doute de bonnes raisons...

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    3. Je vais tenter de me répondre à moi-même quant à la fin de mon post car une envolée de Gibran me revient :

      "Une chaine n'est point forte de son maillon le plus fort, mais faible par son maillon le plus faible."

      Transposé à la physique élémentaire, ça veut dire qu'un projectile tiré à la jonction forcément imparfaite de deux sacs de sable doit être contenu par un dispositif doublée en quinconce, ça n'est que de la logique.

      Je me demande également si le sable de pavage moyen (de granulométrie 0,5 à 2 mm) qui est un concassé aux arrêtes bien plus saillantes (vertus autobloquantes) et à la dureté plus prononcée qu'un vulgaire sable gris ne se révélerait pas plus efficient encore.
      A voir, donc...

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    4. oui surement ,si on résiste au premier assaut pour les sacs il faudra un paquet de coton a repriser pour colmater les fuites !!! après quelques chargeurs d'ak les sacs comme le paco doivent avoir triste mine

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  14. FMJ pour Full Metal Jacket ou FMC (Full Metal Case): balle blindée ou chemisée.
    Une balle blindée comporte une chemise sans ouverture avant et n'est pas censée procurer la moindre expansion. Elle pénètre, transperce mais à un pouvoir d’arrêt limité.
    C’est la balle typiquement (dont les balles d'AK47) militaire depuis plus d’un siècle destinée à passer les protections diverses et possibles comme les sacs de terre, les briques, les troncs de cocotiers et aussi les gilets pare balle de classe III voir IV.

    Ce type de projectile est interdit à la chasse au contraire de la balle demie-blindée qui pénètre peu mais est très expansive. Là, le métal s’écrase et se disperse. Une balle demie-blindée est fermée à l'arrière et offre une pointe qui en autorise l'expansion plus ou moins rapide dès l'impact dans le gibier. On les appelle SP (Soft Point), HP (Hollow Point), HC (Hollow Cavity) PP (Protected Point), etc.

    La doctrine des années 60 tablant sur une balle faite pour blesser est un mythe.
    La réduction du calibre au 5.56 est un problème de logistique et de poids à transporter.
    Je m’explique.
    Depuis les années 1900, les principaux calibres utilisés par les armées étaient compris entre 7 et 8 mm. 7.62x54 du M-Nagant, 8 mm du Lebel, 8,57 du Mauser. Cette plage de calibre offrait ce que l’armée recherche : bonne portée dans la distance de combat de l’infanterie cad 300 mt, bon pouvoir de perforation et bon pouvoir d’arrêt. Tout cela sur des armes à réarmement manuel donc ayant un rythme de tir assez lent.
    Avec l’arrivée dans les années 50 des fusils d’assaut tirant en rafale, la dotation du fantassin en munition augmenta considérablement de 100 à plus de 300 cartouches. Garder des munitions en calibre 7,62 devenait un vrai problème logistique.
    C’est ainsi que les américains développèrent le 5,56 et les russes le 7,62x39 issus directement du 7,62x54 mais ayant un étuis plus court donc plus léger. D’autres armées restèrent un temps en 7,62 avant de passer aussi au 5,56.

    Ce n’est qu’à l’usage que les militaires réalisèrent que la capacité d’arrêt était différente entre 5,56 et 7,62 avec l’inconvénient pour le 5,56 de ne pas savoir si l’on avait neutralisé effectivement l’ennemi. En effet, sortant à presque 1000 m/s, la 5,56 peut percer sans que l’adversaire bourrée d’adrénaline ne s’en aperçoive tout de suite, ce qui lui laissait le temps de se poster et donc d’être perdus à la vue du tireur. Le 7,62 sortant à environs 800 m/s avec une balle plus lourde (7,8 g en moyenne) stoppant lui l’adversaire de manière beaucoup plus nette. En revanche, la 5,56 malgré sa haute vitesse initiale mais ayant une balle légère (4 g) dévie plus facilement de sa trajectoire lorsqu’elle pénètre un corps humain et rencontre un os d’où le mythe de la balle faite pour blesser.

    En conclusion, les essais proposés dans cet article sont pertinents puisqu'ils sont basées sur les munitions militaires.

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    1. Oups, je pensais aux balles antichars de la WW1 comme balles blindées.
      Ma question est: comment une balle de guerre sensée traverser les obstacles devient frangible à l'impact?
      Au tir, on retrouve des balles d'armes de poing parfois intactes après impact, jamais en calibre NATO.
      C'est voulu ou quoi?
      cc

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    2. Tout dépendra de nombreux facteurs pour la même ogive :
      - distance de tir,
      - vitesse résiduelle au moment de l'impact, qui va elle-même dépendre de la V0 qui dépend elle-même de la longueur du canon, du pas de rayure et de la charge de poudre…
      - nature du matériel recevant l'impact,
      - angle de l’impact dans ce matériel.
      De plus, les armes de poing ont des vitesses initiales (V0) inférieures au armes d'épaules ce qui donne une vitesse moindre à l'impacte et donc moins d'effet destructeur sur l'ogive. Ce qui est heureux car un PA tirant une balle sortant à 800 m/s serait intenable.

      Les fusils AC de la première guerre mondiale et même de maintenant sont, hormis les premiers modèles, dans des calibres largement supérieurs aux calibres des armes d’épaules, le travail sur les ogives de 7 à 8 mm n’ayant pas donnés les résultats attendus.
      Il est plus facile de fabriquer une munition perforante en calibre 12.7, 14.5 et au-delà de 20 mm qu’en calibre 7.62 car le poids de l’ogive ayant aussi son mot à dire.
      Armes rares, d’un maniement complexe dû au poids, les lance-roquettes sont largement préférés.
      Le risque qu’un survivaliste est un fusil AC une en face de lui est le même que d’avoir une mitrailleuse lourde (12.7 – 14.5) et la protection à avoir dépasse pour les deux les 14 cm de sable.
      Voir pour cela les abaques donnés par le génie français dans ce dossier complet :
      https://sin.thecthulhu.com/library/military/training/France/TTA-150-Titre-11-Organisation-du-terrain-dissimulation-edition-2008.pdf

      Un blog bien fait pour mieux comprendre la balistique et les effets des munitions : http://briconique.free.fr/mitraillette.html

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  15. Bonjour, Je trouve cet article évidemment intéressant mais celle ou celui qui ne sait pas déjà CA devra speeder pour les infos. Ce que j'apprends en revanche, c'est le peu de différence entre les petits calibres. La remarque sur la terre est fort juste, regardez comment les guerres actuelles moyen-orientales se déroulent, le Bull n'est jamais loin et suit; dès qu'on gagne du terrain , il arrive pour aménager rapidos un point dur de nouvelle défense - consolider l'avancée contre une éventuelle contre attaque , protéger une route... Ces Bulldozers - bidouillés habitacles blindés anti snipers- vous démontrent en réel à quel point est l'importance d'une protection type sable, terre standard... infiniment plus sure qu'un mur d'agglos, voire d'un béton (bon, si c'est un T90 qui s'énerve, faut de l'épaisseur de terre/sable). Pourquoi ils s'enterrent tous d'après vous dès qu'ils peuvent? z'ont pas envie de se faire aligner à tout moment!! Faut bien qu'ils (et ELLES pour les Kurdes, les chrétiens et les laïcs) se posent un peu et ressentent un peu de sécurité, même relative. P'tite info, y'a des petits sacs (15 litres je crois) en imitation jute pour les boites de Trvx Publics qui lestent les panneaux temporaires de signalisation au bord des routes par exemple, c'est mieux que les grands sacs car faut le brasser le sable! c'est quasi 3 fois plus lourd que l'eau... Attention aux balcons!

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  16. Bonne remarque sur le renforcement de l’arrêt par le bois.
    Pour les sacs de sable, vous aurez automatiquement plus de 14 cm d'épaisseur car pour qu'ils puissent tenir empilés sur une hauteur de 1 à 1.5 mt, il faut en mettre trois rangées à la base puis sur la rangée suivante les croiser avec deux dans l'axe l’un de l’autre (un peu moins remplis pour bien faire le lien entre les rangées 1 et 3 et monter un mur droit comme du ciment.
    Penser d’ailleurs à utiliser un fil à plomb et un niveau à bulle.
    3ème rangée avec trois sacs. 4ème rangée avec deux sacs. Etc. Un montage en croix pour qu’ils s’auto bloque.
    Ne remplissez jamais les sacs à fond afin d’assurer cet auto blocage et qu’il ne puisse y avoir de vide entre les sacs.

    Au delà d’une protection supérieure à 1.5 mt de haut, partez sur une base de 4 à 5 sac que vous pourrez faire passer à 3 lorsque vous atteindrez 1.5 mt de haut.

    Au final, la hauteur de protection dépendra de la posture prise derrière (debout, genou,…).
    Quelque soit la posture, la hauteur total devra assurée la protection de votre tête.
    Vous devrez donc installer des meurtrières horizontales.
    Meurtrières qui devront disposer au minimum d’une planche pour tenir la rangée de sac supérieure. Attention au ratio longueur de planche, poids au dessus pour éviter que la planche ne plie et casse avec le temps.
    Meurtrières qui devront être assez hautes pour vous permettre d’utiliser votre arme, optique comprise.

    La référence la plus simple et la plus complète, celle de l’ESAG (l’école d’application du génie) : https://sin.thecthulhu.com/library/military/training/France/TTA-150-Titre-11-Organisation-du-terrain-dissimulation-edition-2008.pdf

    Pour ceux voulant récupérer les manuels de l’armée française, tapez TTA 105, INF 204 (la section d’infanterie), 207 (les TE).
    Les titres du TTA 150 sont les plus intéressants pour les survivalistes car étant « toutes armes », ils sont les moins spécialisés par rapport aux INF donc les plus proches de notre démarche.

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  17. Un autre titre passionnant pour se familiariser avec leur pose mais aussi leur détection :
    http://www.pdfarchive.info/pdf/M/Mi/Mines_et_explosifs.pdf

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  18. Pour tous ces problèmes de tactique, il faut systématiquement se mettre à la place de l’ennemi.

    Dans le cas des protections, avant de construire le mur de l’atlantique, il faut se poser trois questions :
    - A partir de quelle position peut-on tirer sur mon lieu de vie ou observer mon lieu de vie pour régler un tir indirect au mortier par exemple. Indication utile pour éventuellement aller rendre ces zones inopérationnelles pour l’ennemi et/ou le forcer à aller s’installer la ou l’on est sur de pouvoir le neutraliser.
    - A quelle distance se trouve ses positions. Cela vous donnera un aperçu du type d’arme que l’on pourra utiliser contre vous.
    - Que peut-on y installer comme arme. Si l’on peut facilement installer un TE sous un comble, il est revanche plus difficile d’y monter un canon de 20 mm.

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    1. Bonjour Von Pikkendorf,

      Merci pour les docs.

      Nous sommes au cœur de la question entre les oreilles.

      - Je comprends bien que je dois gérer mon environnement autour de mon petit paradis ( et plus loin si affinités ) et savoir d'où une menace pourrait me plomber le cul.
      - Je comprends aussi que je dois pouvoir planquer ce dit cul quand ça chie dessus et répondre avec des moyens et la politesse que ma culture m'a enseignés.
      - je comprends aussi que je dois pourvoir à mes nécessités en situation dégradée: jardiner, rapporter de l'eau, faire un tour dans la "cabane au fond du jardin" etc ... et rester vivant :)

      - Un "survivaliste" ( ou se prenant pour tel ) ne serait-il pas en train d'évoluer, ... en même temps que les événements ... , vers un stade de "combattant Hoplite" quand/si il envisage des tirs de mortiers, des postes de tirs abrités, un petit drone caméra pour faire une détection avant de sortir, des patrouilles plus ou moins lointaines ... etc ?

      Est-ce l'évolution du "survivalisme" ou autre chose du genre Citoyen Soldat?
      Comment cela se justifierait et s'organiserait dans la législation tendue actuelle?

      Laurent

      PS: Rendons à César: Citoyen Soldat/ Hoplite n'est pas de moi

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  19. Points de détail pour le point 1 "A partir de quelle position peut-on tirer sur mon lieu de vie".
    A) Il faut aussi prendre en compte la capacité de l'ennemi à rejoindre et quitter cette position. Rien ne sert d'avoir une vue imprenable sur votre maison si elle se trouve au milieu d'un champs de betterave.
    B) l'étude se fait au différents changements de saison pour prendre en compte l'évolution de la végétation.

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  20. Bonjour Samuel.

    Survivaliste, hoplite, citoyen-soldat ou père de famille dans une zone de guerre, cela ne change pas grand-chose en termes de protection. C’est ce que faisaient nos grands-parents pendant la seconde guerre mondiale en creusant un abri dans leur jardin ou en collant du sotch sur les vitres. Ils appelaient cela la défense passive.

    Après, l’évolution de chacun de nous du stade survivaliste au stade hoplite est une affaire personnelle qui dépend du caractère de chacun. Certains sont naturellement des chiens de berger, d’autre le deviendrons sous la pression des événements et d’autres resteront survivalistes.

    Concernant la « législation tendue actuelle », outre le fait que le gouvernement a déjà un max d’opposants actifs à gérer (islamistes, mariage pour tous, FN, etc.), nos discussions sur le net peuvent peut-être être surveillées mais tant que nous en restons là, nous ne représentons pas une menace. Pour devenir une menace, il faudrait créer une structure, se rassembler, faire des entrainements communs, bref agir comme les islamistes.
    Même revaloriser, les moyens de l’Etat sont dépassés pour surveiller tout le monde.
    Notre société ultra libérale porte d’une certaine façon bien son nom. D’un coté la liberté du net, de l’autre une tentative de contrôle difficile car, à la différence de la Chine, le contrôle n’a pas été mis en place en même temps que l’ouverture du net. Le net est un exemple mais cela peut s’appliquer à bon nombre de domaines.
    L’Etat est un géant aux pieds d’argiles car mené par l’économie et donc refusant paradoxalement de faire l’effort d’investir massivement dans sa propre survie. Nous avons dépassé un point de non retour que l’Etat n’arrivera pas à combler.

    Pour moi, échapper à la législation tendue actuelle, c’est développer un réseau « hors la toile », un noyau de proximité et se préparer individuellement et/ou en noyau. Lorsque les choses arriveront, les hoplites se reconnaîtront et ces petits noyaux, par le temps d’avance qu’ils possèdent (réflexion, préparation) seront les catalyseurs et les leaders de la phalange.
    L’histoire fera la suite. Les premiers résistants en 40 ne s’avaient pas ou l’aventure allait les entrainer. Ils étaient encore moins préparés que nous mais ils se sont trouvés.
    Nous ne pouvons pas tout anticiper mais nous avons déjà un temps d’avance puis que nous y réfléchissons et nous préparons.

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    1. bonjour à tous, récemment je me trouvais dans un radieux pays de l'ancienne picardie, redevenue français en 1568 apres une longue occupation de l'ennemi depuis 1347 .
      ce que j'ai vu est à faire dresser les cheveux sur la tete de n'importe quel honnete homme !
      j'ai appris pas plus tard que ce matin sur le site de resistance républicaine qu'un jeune survivaliste qui possederait un calibre 12 non déclaré, 8 cartouches et une arbalète avait été perquisitionné !
      donc en dehors de cet article sur le sable comme protection, que j'ai apprécié particulierement , pour donner une bonne idée de ce blindage économique.j'invite les survivalistes à etre discret sur leur s préparatifs si cet article est avèré.
      la situation se détériore de plus en plus en France et les représentants de l'état sentent que dans un an , cela pourrait finir pour leurs émoluments et train de vie paisiblement dans le meilleur des cas, avec des coups de fourche au derriere dans une situation moins controlée, avec l'option course contre la montre vers le Bourget ou Villacoublay pour choper le zoizeau vers les iles caiman. bien évidemment s'ils ne crevent pas en route ou que leur escorte ne fasse faux bond pour diverses raisons (relire piero san giorgio et son exemple hilarant .)
      bref, les premiers résistants se sont bien trouvés en 1940, mais ils s'étaient préparés individuellement.
      soyez discret, des oreilles ennemies vous écoute, un slogan de la drole de guerre que me rappellait mon grand-pere qui en connaissait un bout sur la question.
      le printemps est là, j'ai quelques arbres fruitiers à planter, meme si c'est pour la gloire.
      bonne préparation à tous Herman Stoss !

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    2. L'exemple que vous mentionnez se situe a MEAUX et se trouve dans la presse du 31/03/2016.Mais il faut savoir que ce n'est que la partie émergée de l'iceberg.Même des abonnés à des revues sont susceptibles de se retrouver avec des visites à 06h du matin !!!!

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  21. Pénétration moyenne en cm. de la balle Ord.11 (La pénétration maximum est d'environ 20 % plus élevée) 5 m. 300 m. 600 m. 1 200 m.
    Bois de sapin (de champ) 60 50 40 35
    Sable 30 40 40 30
    Terre labourable 60 70 60 50
    Neige tassée 120 130 130 110
    Tôle d'acier Martin 1 0.5 s/o s/o

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  22. Ces testes montrent les capacités de la balle 7,5-55 suisse , notamment celle de traverser jusqu'à 40cm de sable à une de longues distances.

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    1. https://fr.wikipedia.org/wiki/7,5_%C3%97_55_mm_GP11

      -->Performances

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  23. Pour les balles le sable est parfait mais pas pour une flêche. Une flêche de chasse tirée a distance egale qu'une carabine, avec un arc a poulie de 50 a 60 livres traverse un seau de sable. A méditer

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